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« C’est une réussite seulement si les images sont disponibles » : la colère d’O’Gara face à des plaquages non sifflés par l’arbitrage vidéo en Top 14

Par Gilles Marchetti
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L’arbitrage vidéo ne protège un joueur que si les images le permettent : c’est la faille discrète que Ronan O’Gara a mise à nu après la victoire de La Rochelle sur Clermont.

Le Stade Rochelais a dominé l’ASM 38-13, samedi, six essais à un, pour la 5e journée de Top 14. Un succès net, qui ne s’est pas traduit par une en conférence de presse. Le manager irlandais a surtout évoqué les plaquages ​​subis par ses joueurs.

Deux actions l’ont marqué. Nolann Le Garrec, touché dès la 8e minute par Pita Gus Sowakula, a terminé sur le banc avec une poche de glace sur l’ischio. Davit Niniashvili a reçu une épaule au visage sur l’action qui amène l’unique essai de Clermont, à la 24e minute.

« Tu as le droit de faire ce que tu veux maintenant »

La colère d’O’Gara ne porte pas sur le score, mais sur ce qu’il juge être un manque de protection des joueurs. « Oui, il y a des blessures. J’ai vu Nolan (Le Garrec) pas bien, Nini (Davit Niniashvili) pas bien. C’est brutal », a-t-il lâché. « Tu as vu le match ? Tu as le droit de faire ce que tu veux maintenant. Tu plaques, tu prends la tête. Tu plaques en retard. »

L’Irlandais vise notamment le plaquage de Sowakula sur Le Garrec, à la 8e minute, un geste au cœur des débats actuels sur la sécurité dans le rugby moderne. « Tu as vu Nolann sur cette action. On parle de protéger le joueur. Et quoi ? Ça dépend de l’humeur ? Ce n’est pas possible », a-t-il regretté. Il n’a en revanche pas contesté le gros déblayage du même Sowakula sur Tolu Latu, à la 31e minute.

Le demi de mêlée a tenu sa place jusqu’à la 69e minute, se terminant sur le banc avec une poche de glace sur l’ischio, jambe droite.

« Just check and confirm » : la limite du TMO

Au cœur de la colère, l’arbitrage vidéo. Sur le plaquage subi par Niniashvili, O’Gara réclame une vérification simple. « Nini jette le ballon, mais sur le plaquage, il a l’épaule dans le visage. Vérifiez simplement et confirmez. Vous gagnez en crédibilité si vous faites ça. Mais si tu laisses tout le monde dans le flou, on fait quoi ? »

Pour lui, l’outil vidéo « régresse » cette saison, et la raison tient en une phrase : « C’est une réussite seulement si les images sont disponibles. » Le TMO ne peut trancher que ce qu’une caméra a capté. Si aucun angle ne montre clairement le contact, la protection du joueur reste une promesse sans effet.

Le manager ne conteste pas seulement l’arbitrage. Il a aussi répété sa frustration de voir son équipe attendre la mi-temps pour réagir. Après une première période poussive, les Maritimes se sont déroulés 26-0 en seconde, reprenant la marche avant après deux défaites de rang, à Pau puis face au Racing.

Une victoire bonifiée, un sujet qui reste ouvert

Le contraste est saisissant. Six essais, le bonus offensif, et pourtant une colère froide. Niniashvili, 24 ans, retrouvait justement le terrain après plusieurs semaines de convalescence, aligné au centre alors qu’il est arrière de formation. Le voir recevoir une épaule au visage pour son retour n’a rien apaisé du côté du staff.

Ronan O’Gara, 49 ans, s’apprêterait à prolonger son contrat à La Rochelle jusqu’en 2031, selon Sports Orange. Le rajeunissement de l’effectif, engagé depuis l’été 2025, se poursuit sous sa houlette, rappelait Sud Ouest. Sa sortie sur l’arbitrage vidéo donne donc au-delà d’un simple match de 5e journée.

La demande d’O’Gara tient en quelques mots : vérifier, confirmer, gagner en crédibilité. Tant que l’arbitrage vidéo dépendra des images disponibles, la protection des joueurs reste une question d’angles de caméra.





Auteur

Gilles Marchetti

Journaliste sportif, chef de rubrique rugby. Je suis le Top 14, la Champions Cup et le XV de France au quotidien, avec une entrée par le jeu plutôt que par la déclaration.

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