Clermont veut enfin retrouver le top 6 : les trois recrues qui doivent faire basculer l’ASM du bon côté du top 14
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Clermont ne manque pas d’arguments pour reparler du top 6, mais l’ASM devra surtout transformer trois recrues majeures en vrais leviers de régularité sur toute une saison de TOP 14.
Le dernier exercice a laissé une impression contrastée en Auvergne. Clermont a montré qu’il pouvait faire tomber de très gros morceaux, y compris loin du stade Marcel-Michelin. Des victoires à Toulon, Toulouse, Bordeaux ou Montpellier ont rappelé que l’ASM avait encore un plafond intéressant.
Le problème, lui, n’a pas vraiment changé : tenir ce niveau chaque semaine. Les Jaune et Bleu ont payé leurs trous d’air, notamment contre des adversaires directs dans la course au haut de tableau. C’est exactement là que l’intersaison doit peser.
Darcy Swain, AJ Lam et Etene Nanai-Seturo arrivent avec une attente claire : apporter du poids, de la différence et de la concurrence dans trois zones clés du groupe. Pas pour promettre une qualification automatique. Mais pour donner à Clermont moins d’excuses au moment de viser les phases finales.
Swain, Lam, Nanai-Seturo : trois recrues pour corriger trois manques
Le recrutement clermontois a une logique assez lisible. Christophe Urios ne cherche pas seulement à empiler des noms. Il veut densifier un groupe qui a retrouvé de l’allant offensif, mais qui doit encore gagner en stabilité, en impact et en gestion des temps faibles.
Darcy Swain symbolise d’abord le besoin de solidité devant. Clermont a besoin d’un pack capable de poser un cadre plus dur, surtout dans les matchs où l’ASM ne pourra pas tout résoudre par le rythme ou l’attaque. Dans une saison de TOP 14, c’est souvent là que se joue la différence entre une équipe séduisante et une équipe qualifiée.
AJ Lam répond à une autre attente : ajouter une option forte dans les lignes arrière. Son intérêt, pour Clermont, tient à cette capacité à élargir la palette offensive. L’ASM a déjà retrouvé des séquences séduisantes ballon en main ; l’enjeu sera maintenant de les rendre moins dépendants de l’inspiration du moment.
Etene Nanai-Seturo, lui, arrive dans un secteur où la concurrence peut vite devenir décisive. Son profil doit offrir de la vitesse, de l’explosivité et une menace extérieure supplémentaire. Pour une équipe qui veut retrouver le top 6, ce genre de joueur ne sert pas seulement à marquer sur des ballons propres. Il doit aussi transformer une sortie de camp, une relance ou un duel en véritable bascule de match.
Le vrai chantier de Clermont reste la constance
Le paradoxe clermontois est simple : l’ASM a déjà prouvé qu’elle pouvait battre des équipes du très haut niveau. Ce n’est pas rien. Gagner chez des cadors montre qu’il existe une base, une ambition et des joueurs capables de répondre dans les grands rendez-vous.
Mais le top 6 ne récompense pas seulement les coups d’éclat. Il récompense les équipes capables de prendre des points quand le match est moins beau, quand l’adversaire ferme le jeu, quand la météo complique tout, quand le calendrier tire sur les organismes.
Cas concret : un Clermont-Montpellier ou un Clermont-Racing au Marcel-Michelin, dans une rencontre fermée, avec peu d’espaces et une pression directe au classement. C’est dans ce type de match que les recrues doivent changer quelque chose. Swain doit aider à tenir le bras de fer. Lam doit offrir une solution de rupture. Nanai-Seturo doit punir la moindre défense mal remplacée.
La saison passée, Clermont a parfois été capable de battre n’importe qui, puis de retomber dans des séquences moins maîtrisées. Pour revenir en phase finale, il faudra réduire cet écart. Le recrutement ne vaut que s’il rend l’équipe plus fiable, pas seulement plus spectaculaire.
Les fins de contrat rendent l’intersaison encore plus sensible
L’autre dossier important se joue en parallèle du terrain. Plusieurs situations contractuelles vont peser sur la saison, et Clermont ne peut pas se permettre de laisser trop de flou s’installer autour de certains cadres.
Régis Montagne sera particulièrement surveillé, en rugby . Le pilier droit, sous contrat jusqu’en 2027, sort d’une trajectoire forte depuis son arrivée en Auvergne. Avec 15 matchs joués avec Clermont et 6 sélections avec le XV de France sur la saison 2025-2026, son statut a changé. Un droitier international de 25 ans tient nécessairement les salutations.
Marcos Kremer représente un autre enjeu, mais sur un registre différent. L’Argentin, sous contrat jusqu’en 2028, n’a disputé que 14 matchs avec Clermont lors du dernier exercice, avec 2 sélections avec l’Argentin. Dans une troisième ligne concurrentielle, l’ASM aura besoin d’un Kremer plus disponible et plus tranchant pour donner de l’épaisseur au combat.
Baptiste Jauneau, lui, incarne une forme de stabilité. Prolongé jusqu’en 2028, la demi de mêlée a disputé 23 matchs avec Clermont et compte 2 sélections avec le XV de France sur la saison évoquée. À 22 ans au début du prochain exercice, il doit continuer à piloter cette reconstruction, avec une responsabilité qui dépasse déjà son âge.
Kylan Hamdaoui entre aussi dans une zone intéressante. Sous contrat jusqu’en 2027, l’arrière a fini fort et reste un joueur à suivre, d’autant que l’arrivée d’Etene Nanai-Seturo peut modifier les équilibres derrière. Pour Clermont, cette concurrence peut devenir saine si elle pousse le niveau vers le haut.
Pourquoi le top 6 est crédible, mais pas encore acquis
Clermont a une base, un entraîneur qui connaît les finitions du championnat, des jeunes qui montent et des recrues censées augmenter le niveau de départ. Sur le papier, l’objectif top 6 n’a donc rien de fantaisiste.
Mais le TOP 14 pardonne peu les demi-saisons. Une équipe peut séduire en novembre et sortir de la course au printemps si elle perd trop de points contre ses concurrents directs. C’est précisément le piège que l’ASM doit éviter.
La clé ne sera pas seulement de savoir si Swain, Lam et Nanai-Seturo brillent vite. Elle sera de voir si leur arrivée rend Clermont plus complet : plus dur devant, plus dangereux derrière, plus constant dans les matchs à enjeu.
Si ces trois recrues s’intègrent dans ce sens, l’ASM aura de vrais arguments pour repasser du bon côté de la barrière. Sinon, Clermont restera cette équipe capable de grands soirs, mais encore trop irrégulière pour s’installer durablement parmi les six premiers.