Après un début de Tournoi des Six Nations 2026 prometteur, l’Italie suscite un enthousiasme inédit. Mais la Squadra Azzurra est-elle réellement devenue une puissance montante ou profite-t-elle d’un simple emballement médiatique ?
Une victoire contre l’Écosse, un bonus défensif frustrant en Irlande : l’Italie a frappé fort d’entrée. Sous la houlette de Gonzalo Quesada, la Nazionale semble avoir changé de dimension.
Longtemps associée à la cuillère de bois depuis son arrivée dans la compétition en 2000, la Squadra Azzurra renvoie aujourd’hui une image bien différente : celle d’un collectif structuré, ambitieux et crédible face aux grandes nations.
Des éloges venus du sommet
L’optimisme ne vient pas seulement des résultats. En novembre dernier, après une victoire sud-africaine à Turin, Rassie Erasmus avait surpris en annonçant voir l’Italie capable de finir deuxième ou troisième du Tournoi.
Plus récemment, Fabien Galthié a affirmé que l’Italie pouvait battre n’importe quelle nation du top 10 mondial, voire remporter la compétition.
Des paroles fortes, qui dépassent la simple diplomatie d’avant-match.
Quesada, entre fierté et lucidité
Gonzalo Quesada accueille ces compliments avec mesure. Flatté par les analyses de deux références mondiales, il rappelle toutefois l’écart qui sépare encore son équipe de nations comme la France.
Le sélectionneur italien insiste : son groupe progresse, mais reste en construction. Pas question de s’endormir sur les louanges.
Une défense transformée
Depuis son arrivée, Quesada a priorisé la solidité défensive. Hormis la lourde défaite concédée à Rome l’an dernier face aux Bleus, l’Italie ne s’effondre plus.
Les performances contre l’Afrique du Sud ont confirmé cette évolution. L’équipe plaque plus que toute autre dans ce Tournoi et assume davantage le jeu au pied, alternant dépossession stratégique et lancements structurés.
Ce réalisme tranche avec l’Italie parfois naïve des années précédentes.
Une conquête devenue référence
La progression la plus spectaculaire concerne peut-être la mêlée. Depuis novembre, l’Italie affiche plus de 93 % de ballons gagnés sur ses introductions et a provoqué de nombreuses pénalités.
Des piliers comme Danilo Fischetti ou Marco Zilocchi incarnent cette montée en puissance, tout comme les talonneurs Giacomo Nicotera et Pablo Dimcheff.
En touche également, la Nazionale s’impose comme l’une des équipes les plus performantes du Tournoi.
Des individualités au niveau international
L’époque où Sergio Parisse portait presque seul l’Italie semble révolue. Aujourd’hui, les talents se multiplient.
Le retour d’Ange Capuozzo dynamise l’attaque. Au centre, Tommaso Menoncello confirme son statut de joueur majeur. Les frères Cannone et Andrea Zambonin apportent densité et activité dans le pack.
Seule ombre : l’absence de Juan Ignacio Brex, précieux dans l’organisation défensive.
L’Italie n’est plus l’outsider résigné du Tournoi. Sa défense, sa conquête et la maturité de ses cadres témoignent d’une évolution tangible.
Emballement médiatique ? Peut-être en partie. Mais les bases semblent désormais suffisamment solides pour envisager autre chose qu’une simple participation honorable.
Pour la première fois depuis son intégration, la Squadra Azzurra paraît légitime dans la course au podium. Reste à transformer l’élan en constance pour s’installer durablement parmi les meilleures nations européennes.