Galthié ferme le débat Dupont-LBB après la défaite du XV de France de Rugby : « On parle des présents »
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Après la défaite face aux All Blacks (34-32), Fabien Galthié refuse de commenter l’absence de Dupont et Bielle-Biarrey : « Je n’ai pas envie de parler des absents, mais des présents. »
La France s’incline de deux points en Nouvelle-Zélande, avec un essai refusé et une pénalité manquée qui aurait pu tout changer. Privée de ses deux joueurs les plus médiatiques pour des raisons différentes, l’équipe passe à deux doigts d’un résultat historique la dernière victoire française en Nouvelle-Zélande remontait à 2009 (27-22). Galthié a construit une posture de communication délibérée depuis dix jours : trois déclarations successives qui esquivent le débat sur les absents et imposent une vision unique.
Dupont absent, LBB absent : les deux raisons qui fâchent Galthié
Les deux absences n’ont rien à voir l’une avec l’autre.
Antoine Dupont est forfait pour une lésion au mollet gauche, confirmée par IRM. La blessure a été contractée lors de la demi-finale du Top 14 contre le Racing 92, le 19 juin. Ironie cruelle : il avait quand même joué et marqué en finale contre Montpellier (28-20) avant que la Fédération Française de Rugby officialise son forfait le 29 juin. Le sujet est fermé médicalement. Pas de polémique possible là-dessus.
Louis Bielle-Biarrey, c’est une autre histoire. Lui n’est pas blessé. Il est absent parce qu’il a trop joué. Trente et un matchs, plus de 2 300 minutes cette saison : LBB dépasse le seuil LNR-FFR de 2 000 minutes qui conditionne la mise à disposition estivale. Galthié l’a dit sans détour le 2 juillet : « Il était hors de question de prendre Louis Bielle-Biarrey. »
Le problème, c’est que LBB n’est pas n’importe quel joueur en ce moment. Il vient d’être élu meilleur joueur du Tournoi des Six Nations 2026, avec un bilan d’essais exceptionnel sur la compétition.
Galthié gère donc une équipe privée de ses deux joueurs les plus décisifs, pour des raisons objectives et documentées. Ces justifications factuelles ne suffisent pas à éteindre le débat.
« C’est presque vexant » : commentaire Galthié a fermé le débat en trois déclarations
La phrase post-match du 4 juillet est l’aboutissement d’une ligne tenue depuis dix jours, pas une réaction à chaud.
Tout commence le 24 juin, lors de l’annonce de la liste pour la tournée. Les journalistes s’attardent sur Dupont. Galthié coupe court : « Je vous propose aujourd’hui une liste des joueurs qui partent et le capitaine. Intéressez-vous à cette équipe, s’il vous plaît. C’est presque vexant. » Un sélectionneur qui emploie ce mot face à la presse ne cherche pas le dialogue il impose un cadre.
Le 2 juillet, rebelote sur LBB. « Hors de question. » Deux mots, rideau baissé.
Le 4 juillet, après la défaite 34-32 : « On construit une équipe de France avec une finale de Top 14 qui se joue une semaine avant notre premier match. Je n’ai pas envie de parler des absents, mais des présents. » Trois déclarations, dix jours, un seul message.
Ce n’est pas de la maladresse. C’est une stratégie assumée. Galthié refuse de laisser les absents vampiriser le récit de sa tournée. Le problème, c’est que la presse spécialisée ne l’entend pas de cette oreille.
Midi Olympique a répondu directement à cette posture dans un éditorial publié le 1er juillet :
Midi Olympique assume : questionner l’absence de Dupont n’est pas du harcèlement médiatique, c’est du journalisme.
La tension dépasse le groupe : elle oppose Galthié à une presse qui estime avoir le devoir de poser ces questions, face à un sélectionneur qui juge que répondre serait contre-productif.
Neuf joueurs en renfort : commentaire Galthié construit son émulation
Galthié l’a dit après le match : « Les joueurs savaient qu’ils avaient besoin de jouer ce match pour gagner leur place en équipe de France. Plusieurs joueurs ont marqué des points. » La défaite devient un test, un filtre pour la suite de la tournée.
Pour les deux prochains matchs l’Australie le 11 juillet et le Japon le 18 juillet dans le cadre du Championnat des Nations neuf joueurs finalistes et champions du Top 14 rejoignent le groupe . Galthié est direct là-dessus aussi : « On va intégrer les neuf joueurs qui nous ont rejoints pour les deux prochains matchs. C’est ce qu’on voulait. Il y aura de l’émulation. »
En refusant de parler de Dupont et LBB, Galthié force joueurs, presse et supporters à regarder ceux qui sont là. Les neuf renforts arrivent dans un groupe qui vient de tenir tête aux All Blacks pendant 80 minutes contexte favorable pour installer une concurrence saine.
La stratégie est cohérente. Elle est aussi risquée. Si la France s’incline face à l’Australie ou au Japon, la question des absents reviendra avec encore plus de force.
Galthié n’a pas fermé un débat : il a imposé une vision. La tension entre le sélectionneur et une presse qui juge légitime de questionner l’absence de ses deux joueurs les plus décisifs ne se résoudra pas avant le retour de Dupont et LBB.
Si Dupont et Bielle-Biarrey reviennent pour la suite de la tournée, Galthié pourra-t-il encore esquiver les questions sur leur absence passée ?