Rugby

Her Game Too claque la porte au Stade Français après le recrutement de Rufus McLean condamné pour violences conjugales

Par Maxime Aulne
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Her Game Too suspend son partenariat avec le Stade Français après le recrutement de Rufus McLean, et le club parisien se retrouve face à une crise qui dépasse largement le terrain.

Le dossier Rufus McLean n’est plus seulement une question de recrutement. En sélectionnant d’écarter sa collaboration avec le Stade Français, Her Game Too place le club devant une contradiction sûre difficile à balayer : comment défendre publiquement un environnement plus pour les femmes dans le sport tout en impliquant un joueur condamné pour violences conjugales ?

L’association, engagée contre le sexisme dans le sport, avait noué un partenariat avec le Stade Français en septembre 2025. Elle estime désormais que l’arrivée de l’ailier international américain rend cette collaboration impossible à poursuivre dans les mêmes conditions.

Un recrutement qui casse le message porté par le partenariat

L’élément central est limpide : Her Game Too ne conteste pas seulement un choix sportif. Elle conteste le signal envoyé par ce choix.

Rufus McLean, ailier né à Boston et passé par la sélection écossaise avant de représenter les États-Unis, a été condamné en 2023 pour violences conjugales. D’après les éléments rapportés, il avait été reconnu coupable de violences sur son ex-partenaire pendant plus de deux ans et condamné à 120 heures de travaux d’intérêt général.

Après cette condamnation, son contrat avec les Glasgow Warriors avait été rompu. La Fédération écossaise avait également mis fin à son contrat, dans un dossier qui avait déjà marqué sa carrière sportive.

Pour Her Game Too, le problème est donc moins la seule venue d’un joueur que la cohérence du Stade Français avec ses engagements publics. L’association écrit que le recrutement d’un joueur condamné en 2023 pour violences conjugales constitue une contradiction directe et irrémédiable avec les valeurs qui fondaient le partenariat.

Her Game Too refuser d’être associé à une logique de réhabilitation

Le Stade Français aurait tenté d’ouvrir une discussion autour d’une logique de seconde chance, avec un échange possible entre l’association et Rufus McLean. Le joueur serait dit prêt à collaborer.

Mais Her Game Too a fermé cette porte. Sa position est claire : elle ne veut pas devenir l’outil de réhabilitation publique d’un joueur condamné. L’association dit n’avoir ni vocation ni légitimité à accompagner individuellement des auteurs de violences, ni à participer à leur mise en avant.

C’est là que la rupture prend une dimension forte. Her Game Too ne dit pas seulement qu’elle est mal à l’aise. Elle explique que le cadre même du partenariat est devenu intenable.

Le cas concret est facile à comprendre côté tribunes. Une soutien qui vient à Jean-Bouin dans un environnement présenté comme inclusif peut légitimement se demander quel message lui est envoyé si le même club met en avant un joueur condamné pour violences conjugales. C’est précisément cette contradiction que l’association refuse de cautionner.

Le Stade Français face à une crise de valeurs, pas seulement d’image

Dans le rugby professionnel, les clubs parlent de plus en plus d’inclusion, de responsabilité sociale et de sécurité dans les stades. Ces engagements peuvent créer de la valeur autour d’un projet sportif. Mais ils exposent aussi les clubs à une exigence plus forte : les actes doivent suivre les slogans.

Le Stade Français se retrouve donc dans une zone délicate. Sportivement, le recrutement de Rufus McLean peut être présenté comme un pari ou une relance de carrière. Institutionnellement, il vient heurter un partenariat construit autour de la lutte contre le sexisme et de la protection des femmes dans l’environnement sportif.

Son jeu est trop précis malgré tout qu’elle reste disponible pour les supportrices du Stade Français, dans et en dehors du stade Jean-Bouin. Le message est important : l’association suspend sa collaboration avec le club, pas son soutien aux femmes concernées par son action.

Pour le Stade Français, la séquence laisse une question ouverte mais très concrète : jusqu’où un club peut-il défendre la seconde chance d’un joueur lorsque cette décision fragilise les engagements qu’il affiche auprès de ses propres supporters ?

Auteur

Maxime Aulne

Runner de fond, ex-rédacteur tech chez Clubic. J'aborde le sport avec la vision d'un analyste. Je décortique l'actu et le business sportif sans jamais surjouer. Une plume directe qui analyse tout, de la tactique d'un match à l'économie d'un transfert.

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