Rugby

Huit Bordelais au coup d’envoi ? les Bleus jouent la carte UBB à Christchurch

Par Gilles
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Maxime Lucu et sept autres joueurs de l’UBB devraient débuter le match France-Nouvelle-Zélande le 4 juillet à Christchurch : un record absolu de représentation pour un club français dans un XV de départ.

Fabien Galthié a tranché : le XV de France qui affrontera les All Blacks à Christchurch s’appuiera massivement sur la puissance de l’UBB. Pour les supporters des Bleus, c’est une question d’efficacité. Pour Bordeaux, c’est un dilemme entre fierté et inquiétude : cette domination bordelaise n’est pas qu’une coïncidence, et elle a un coût.

Huit Bordelais titulaires : le record absolu de l’UBB en bleu

Huit joueurs de l’UBB au coup d’envoi sur quinze possibles, c’est plus de la moitié d’un XV de France. Jamais un club français n’avait atteint ce niveau de représentation dans un XV de départ sous l’ère Galthié.

La liste est là, noire sur blanc. En avants : Maxime Lamothe, Jefferson Poirot, Marko Gazzotti et Pierre Bochaton. En arrières : Maxime Lucu (capitaine), Matthieu Jalibert, Yoram Moefana et Damian Penaud. Quatre devant, quatre derrière. Une colonne vertébrale bordelaise.

L’UBB est double championne d’Europe en titre , ayant remporté les Champions Cup 2024-25 et 2025-26, la dernière en écrasant le Leinster 41-19 à Bilbao en mai 2026. Quand un club domine l’Europe deux années de suite, Galthié lui fait confiance.

Au total, 12 joueurs bordelais figurent dans la liste de 33 joueurs convoqués par Galthié le 23 juin pour le Championnat des Nations du rugby 2026 liste portée à 42 avec l’ajout des finalistes du Top 14. Là encore, un record absolu pour un club français dans l’histoire du XV de France. L’UBB n’est plus seulement un grand club : c’est le vivier principal de la sélection nationale.

Maxime Lucu capitaine, c’est le symbole de cette montée en puissance. Une première à ce niveau pour la demi de mêlée bordelais, qui hérite du brassard en l’absence d’Antoine Dupont.

Dupont absent, Penaud revanchard : les absences qui ont ouvert la porte à Bordeaux

La domination bordelaise est aussi le produit d’un contexte particulier. Antoine Dupont est forfait pour l’intégralité du Championnat des Nations 2026. Romain Ntamack ne jouera pas le premier test. Grégory Alldritt et Paul Boudehent sont blessés. Louis Bielle-Biarrey est laissé au repos.

Ajoutez à ça un facteur calendaire : Galthié a mis au repos les finalistes du Top 14, soit Toulouse et Montpellier. L’UBB, éliminée en demi-finale, était disponible plus tôt. Mécaniquement, les Bordelais ont eu une longueur d’avance sur la concurrence.

Jefferson Poirot : 33 ans, 36 capes, dernière apparition en bleu en mars 2020 contre l’Écosse à Édimbourg. Six ans et demi d’absence. Galthié ne rappelle pas un joueur de ce profil par défaut : il le rappelle parce qu’il est le meilleur disponible au poste de pilier gauche.

Le cas Damian Penaud est encore plus parlant. Écarté de l’intégralité du Tournoi des 6 Nations 2026 une décision volontaire de Galthié le voilà rappelé et titulaire à Christchurch. Penaud compte 40 essais en 59 sélections, meilleur marqueur d’essais de l’histoire du XV de France. On ne laisse pas longtemps ce profil sur le banc.

Pierre Bochaton résume la situation mieux que quiconque : « Damian, c’est toujours un cadre, il l’a toujours été… Je pense que ça a touché son ego de ne pas y être pour les 6 Nations, donc je pense qu’il est revanchard. »

Un Penaud revanchard face aux All Blacks, à l’One New Zealand Stadium (Te Kaha) de Christchurch le 4 juillet à 9h10 (heure française). Les Néo-Zélandais sont prévenus.

Autre curiosité de cette composition : Mickaël Guillard aligné au numéro 8. Le Lyonnais, deuxième ligne de métier au LOU, a déjà occupé ce poste en sélection notamment lors de la tournée en Nouvelle-Zélande à l’été 2025 mais c’est la première fois qu’il s’y retrouve titulaire face aux All Blacks dans un contexte aussi exposé. Habituellement deuxième ligne au LOU, il hérite du rôle en raison des forfaits cumulés d’Alldritt, Cros et Ollivon. Avec un âge moyen d’environ 24 ans et jusqu’à huit premières sélections possibles, ce XV est en construction ce qui en fait aussi l’un des plus inexpérimentés jamais alignés face aux All Blacks.

L’UBB paiera le prix fort : huit joueurs absents à la reprise

La fierté bordelaise à un coût. Laurent Marti, président de l’UBB, ne s’en cache pas : « On trouve qu’il y en a beaucoup et, malheureusement, on risque de le payer à la reprise. Ils ont l’honneur de porter le maillot de l’équipe de France, c’est ainsi fait. »

Yannick Bru, le manager du club, est encore plus direct : « Oui, je suis inquiet. »

Deux mots. Pas de discours. Bru sait exactement ce qui attend son groupe à la rentrée.

Le calendrier explique l’inquiétude : après le dernier match au Japon le 18 juillet, les internationaux auront quatre semaines de vacances. La reprise du Top 14 est programmée les 5 et 6 septembre. Les huit Bordelais titulaires à Christchurch arrivent en préparation avec un retard structurel sur leurs coéquipiers restés au club.

Pour un club qui vient de remporter deux Champions Cup consécutives et qui voudrait défendre son titre dès l’automne, perdre ses cadres pendant l’intersaison est un vrai problème de gestion. L’UBB ne sera pas la seule concernée, mais elle sera la plus touchée.

C’est le revers de la médaille tricolore : plus un club fournit des joueurs à la sélection, plus il prend des risques à la reprise.

Un pari risqué face aux All Blacks

Galthié a fait le choix de la continuité en s’appuyant sur le succès européen de Bordeaux une stratégie logique, mais qui laisse peu de marge d’erreur face aux All Blacks. La France n’a battu la Nouvelle-Zélande sur son sol qu’à quatre reprises depuis 1961 (1979, deux fois en 1994, 2009), et la dernière victoire des Bleus contre eux remonte à 2024 (30-29 à Paris). L’One New Zealand Stadium (Te Kaha) de Christchurch, inauguré le 27 mars 2026 en remplacement du Lancaster Park, sera un baptême du feu pour ce groupe rajeuni.

Si les Bleus gagnent à Christchurch, ce sera aussi une victoire de l’UBB. Si les résultats déçoivent, le club bordelais devra assumer les conséquences d’une absence prolongée de ses cadres en pleine préparation de saison.

Auteur

Gilles

Golfeur (index 12) nourri aux sports de combat et à la tactique. J'aborde l'actu sportive avec flegme. Je décortique la performance et la stratégie sans jamais forcer. Une plume relax qui analyse tout le secteur du sport, du green de golf à l'octogone du MMA.

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