« Il faut arrêter » : Laurent Marti refuse le soupçon général et réclame des contrôles XXL dans le Top 14
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Laurent Marti ne défend pas seulement l’UBB dans le débat sur le Salary Cap : il réclame des contrôles beaucoup plus intrusifs pour éviter que le soupçon ne contamine tout le Top 14.
La phrase claque parce qu’elle vise large : « Il faut arrêter, c’est trop facile de dire que tout le monde triche ». Le président de l’Union Bordeaux-Bègles refuse que les sanctions liées au Salary Cap installent un soupçon général autour des clubs français.
Son message tient en deux idées. Ne pas condamner sans preuve. Mais renforcer les moyens de contrôle pour que personne ne puisse jouer avec les limites du règlement.
Marti refuse le procès collectif après l’affaire du Salary Cap
Laurent Marti ne veut pas se poser en juge du Stade Toulousain. Il dit ne pas entrer « dans les affaires des autres » et préfère ramener le débat à un principe simple : une erreur ou une infraction doit rester l’affaire d’un club, pas devenir une accusation contre tout le championnat.
Le président bordelais défend aussi frontalement l’UBB. Sa formule est nette : « A l’UBB, nous n’avons pas un euro de dépassement de Salary Cap ». Il ajoute que les contrôles visant son club se terminent « très bien ».
Cette défense intervient au moment où le Top 14 prépare une nouvelle séquence sportive. La Ligue Nationale de Rugby a dévoilé le calendrier du Top 14 pour la saison 2026/2027, rappelant que le débat sur l’équité financière accompagne déjà la construction de la prochaine saison.
La vraie proposition : des contrôles à l’anglaise
Le passage le plus fort n’est pas sa défense de Bordeaux. C’est sa proposition de méthode. Marti prend l’exemple du rugby anglais, en raison que le président de Bath lui a décrit un système où un club champion accepte des enquêtes très poussées sur ses ordinateurs, ses téléphones et ses échanges.
Le dirigeant bordelais dit qu’il signerait immédiatement pour appliquer ce type de contrôle en France. L’idée est lourde : ne plus seulement contrôler les déclarations, mais pouvoir entrer dans les communications et les données internes des clubs.
Ce serait un changement de culture. Le Salary Cap repose déjà sur des règles, des déclarations et des vérifications. Marti pousse plus loin : si le soupçon devient trop fort, il faut donner aux instances des moyens suffisamment puissants pour couper court aux procès d’intention.
Ce discours collé aussi au profil d’un dirigeant habitué aux cadres économiques serrés. Bpifrance rappelle que Laurent Marti, originaire de Bergerac, est président de Top Tex, n° 2 européen du textile et accessoires pros, une entreprise qu’il a fondée en 1994.
La réforme des crédits internationaux attendra surtout 2030/2031
Marti aborde ensuite un autre point sensible : la dégressivité des crédits accordés pour les internationaux. Les clubs qui offrent beaucoup de joueurs aux sélections augmenteront progressivement une part plus importante de ces rémunérations dans leur Salary Cap.
Toulouse est concerné. Bordeaux aussi pourrait l’être. Mais Marti refuse l’idée d’un choc immédiat. Selon son explication, l’effet réel arriverait surtout en 2030/2031, quand la mesure de sauvegarde disparaîtra.
Il avance un calcul précis : avec le mécanisme actuel, un club ne pourrait pas perdre plus de 300 000 euros de Salary Cap d’une saison à l’autre, tandis que le plafond augmenterait de 100 000 euros par saison pendant trois ans. Dans sa lecture, la perte nette maximale serait donc de 200 000 euros pour la saison prochaine, puis encore 200 000 euros les deux saisons suivantes.
Le fond de son raisonnement est clair : la masse salariale aide à gagner, mais elle ne suffit pas. Et si la réforme doit pousser vers plus d’équité, elle laisserait encore plusieurs saisons aux gros effectifs pour s’adapter.
Le débat ne se referme donc pas sur Toulouse ou Bordeaux. Il se déplace vers la gouvernance du Top 14 : jusqu’où les clubs sont-ils prêts à aller pour prouver que le championnat reste équitable ? Marti pose sa réponse sans détour : si les contrôles doivent devenir XXL, il se dit prêt.