Montauban n’est pas encore officiellement relégué, mais après la défaite face au Racing 92 à Sapiac, les chiffres parlent d’eux-mêmes : quatre matchs restent à jouer.
Sébastien Tillous-Borde et ses joueurs ont décidé de transformer cette fin de parcours en Top 14 en un défi humain : terminer dignement, ensemble, plutôt que de baisser les bras.
« Il faut qu’on finisse bien » : Tillous-Borde refuse l’abandon malgré l’évidence
Sébastien Tillous-Borde ne se raconte pas d’histoires. « On n’est pas encore officiellement relégué mais honnêtement, ça ne change pas grand-chose », a-t-il déclaré le 29 avril 2026. La lucidité est totale. Mais elle ne débouche pas sur la résignation.
« Il ne nous reste pas beaucoup de semaines à vivre ensemble donc il faut qu’on finisse bien. » Cette phrase, prononcée après la défaite contre le Racing 92, dit tout sur l’état d’esprit du manager montalbanais. Ce n’est pas du déni. C’est un choix.
Tillous-Borde, ancien demi de mêlée international avec 56 sélections en équipe de France, a construit sa carrière sur l’exigence. Ce réflexe ne s’éteint pas quand le classement tourne mal. « On a envie d’offrir une bonne sortie aux mecs qui s’en vont. On va continuer à travailler mais j’ai aussi envie que les mecs prennent du plaisir », a-t-il ajouté.
La saison a été difficile. Mais le manager n’a jamais lâché la barre.
Reilhac et les joueurs partants : transformer les défaites en apprentissage collectif
Ivan Reilhac ne mâche pas ses mots. Le centre de l’US Montauban, revenu de blessure en cours de saison, sait ce que coûte l’absence.
« On travaille dur à la semaine depuis longtemps, mais on ne se récompense jamais. Gagner, ça fait du bien à tout le monde : dans l’équipe, chez les supporters. C’est dur d’enchaîner les défaites sans pouvoir valider tous les sacrifices », a-t-il confié à Radio Totem le 24 avril 2026.
Ce que Reilhac décrit, c’est une fatigue morale que les résultats n’ont jamais soulagée. Il pointe aussi une réalité tactique. « À la maison, on arrive à mettre plus de choses en place. On a toujours un supplément d’âme. À l’extérieur, on a parfois l’impression de monter une ou deux marches et d’en redescendre trois. »
Sapiac reste un refuge. La prochaine échéance offre une opportunité rare : pour la première fois en Top 14, Montauban dispute deux rencontres de championnat consécutives à domicile. C’est une fenêtre. Peut-être la dernière de cette aventure dans l’élite.
Montauban cherche encore sa deuxième victoire de la saison en Top 14. Chaque match à Sapiac devient une chance de valider des mois de sacrifices collectifs.
Le poids des chiffres : comment Montauban veut écrire une autre histoire
Les statistiques de cette saison sont brutales. Montauban a établi un triste record : l’équipe ayant encaissé le plus d’essais sur une saison dans l’histoire du Top 14. C’est un chiffre qui colle à la peau.
Maël Castel, lui, ne regarde pas en arrière. Après la défaite face au Racing 92, il analysait déjà les solutions : « On savait qu’ils étaient denses et que ça allait taper fort. On voulait éviter ça avec des rucks rapides pour essayer de les faire bouger. » Le travail continue, même quand le résultat ne suit pas, en rugby.
Montauban ne peut pas effacer les chiffres de la saison. Mais l’équipe peut choisir la narration de sa sortie. Gagner à Sapiac, une fois, deux fois, ce serait réécrire partiellement une histoire dominée par les défaites.
Continuer à travailler sérieusement quand le classement est plié, c’est plus rare qu’il n’y paraît.
Montauban ne sauvera pas sa place en Top 14. Mais l’équipe peut encore choisir comment elle en sort. Il reste quatre matchs pour le prouver.