Interdit de rugby en France, Vakatawa s’apprête à jouer pour les Fidji
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Rappelé en urgence par les Fidji le 6 juillet pour remplacer Semi Radradra, blessé à la cheville lors de la défaite contre le Pays de Galles (39-24) à Cardiff, Virimi Vakatawa s’apprête à disputer ses premiers tests-matchs internationaux sous le maillot fidjien un retour qui révèle un paradoxe médical : interdit de jouer en France depuis 2022 pour une pathologie cardiaque, il a obtenu le feu vert d’experts cardiologues indépendants pour reprendre la compétition haut niveau.
Virimi Vakatawa ne peut plus jouer en Top 14 depuis septembre 2022. Pourtant, il s’apprête à enfiler le maillot fidjien pour affronter l’Angleterre et l’Écosse en juillet.
Comment un joueur interdit de compétition en France peut-il représenter un pays à haut niveau ? L’interdiction est territoriale et c’est là que tout se joue.
Interdit en France, autorisé partout ailleurs : le paradoxe médical de Vakatawa
Septembre 2022. Le médecin du Racing 92, le Dr Sylvain Blanchard, monte en conférence de presse et lâche une phrase qui met fin à la carrière française de Vakatawa : il doit arrêter « pour un motif cardiologique, une pathologie susceptible de le mettre en danger dans le cadre d’une pratique sportive à haute intensité. »
L’anomalie avait été détectée avant le Mondial 2019 au Japon. Elle est qualifiée d’évolutive. Le message est clair : Vakatawa ne rejouera plus en France.
Ce que beaucoup ignorent, c’est que cette interdiction ne vaut que sur le territoire français. Elle est le produit d’une évaluation médicale nationale, pas d’un verdict universel. Et c’est là que le paradoxe prend toute sa dimension.
En septembre 2023, Bristol Bears annonce la signature de Vakatawa avec une précision capitale : après un examen indépendant réalisé par un groupe d’éminents cardiologues du sport, il a reçu le feu vert pour reprendre la compétition à haut niveau. Deux évaluations médicales, deux conclusions différentes. Pas parce que l’une est fausse mais parce que les protocoles, les seuils d’acceptabilité du risque et les cadres réglementaires ne sont pas les mêmes d’un pays à l’autre.
Ce n’est pas une prise de risque irresponsable : c’est une validation scientifique indépendante qui aboutit à une conclusion différente de celle de la France.
Et les faits plaident pour cette validation : Vakatawa a disputé des matchs avec Bristol Bears en Premiership lors de la saison 2023-2024, puis des rencontres de Super Rugby avec les Fijian Drua cette saison 2025-2026 deux saisons à haute intensité sans incident médical rapporté.
Le paradoxe est réel. Mais il est encadré.
Du Japon à Liverpool : commentaire Vakatawa a pu changer de sélection
Le 9 juillet 2022, Vakatawa dispute son dernier match sous le maillot bleu, contre le Japon. Il ne le sait pas encore, mais c’est aussi le début d’un compte à rebours réglementaire.
Le règlement 8 de World Rugby, modifié en novembre 2021, autorise un changement de sélection unique sous deux conditions : ne pas avoir été sélectionné depuis 36 mois, et posséder des liens de naissance ou de filiation avec le nouveau pays. Vakatawa remplit les deux : son dernier match en Bleu remonte à juillet 2022 (48 mois), et ses origines fidjiennes sont indiscutables né en Nouvelle-Zélande de parents fidjiens, il avait porté le maillot fidjien en U19 avant de choisir la France.
Autrement dit, son changement d’allégeance n’est pas un contournement. C’est exactement ce pour quoi le règlement a été conçu.
Ce qui précipite les choses, c’est la blessure de Semi Radradra à la cheville lors de la défaite contre le Pays de Galles (39-24) à Cardiff. Vakatawa n’était pas dans le groupe final des 32 joueurs fidjiens début juin 2026. C’est l’urgence qui l’y amène, le 6 juillet.
Les Fidji affrontent l’Angleterre le 11 juillet à Liverpool (15h10), puis l’Écosse le 18 juillet à Édimbourg (15h10) dans le cadre du Championnat des nations. Ce seront ses toutes premières sélections senior avec les Fidji après 32 capes avec le XV de France et cinq éditions du Tournoi des Six Nations (2016, 2017, 2018, 2020, 2021).
Lorsqu’il a rejoint les Fijian Drua en janvier 2026, Vakatawa avait déclaré vouloir partager son expérience acquise en France avec les jeunes joueurs fidjiens.
Un précédent qui s’étend : Nathan Hughes dans le même cas
Vakatawa n’est pas seul dans cette situation. World Rugby a également validé l’éligibilité de Nathan Hughes pour les Fidji. Hughes compte 22 sélections avec l’Angleterre, sa dernière remontant à 2019. Il est lui aussi convoqué dans le groupe fidjien.
Deux anciens internationaux de Tier 1 France et Angleterre qui changent d’allégeance pour les Fidji dans le même cycle. Ce n’est pas une anomalie. C’est le règlement 8 qui fonctionne exactement comme prévu : permettre à des joueurs issus de nations du Pacifique, formés ailleurs, de revenir leur représenter pays d’origine en fin de carrière.
World Rugby a validé les deux dossiers un mécanisme contrôlé et déjà appliqué.
Pour Vakatawa en particulier, la dimension médicale ajoute une couche de complexité que Hughes n’a pas. Mais la logique reste la même : un joueur qui remplit les conditions réglementaires, validées par les instances compétentes, qui rejoint la sélection de ses origines.
Le paradoxe encadré
Le cas Vakatawa illustre concrètement ce que l’interdiction française signifie : une évaluation médicale territoriale, pas un verdict universel.
Son retour aux Fidji montre qu’une pathologie détectée peut être gérée différemment selon les protocoles nationaux sans interdire définitivement la compétition.
Après quatre ans sans rugby en France, Vakatawa peut-il encore peser face à l’Angleterre et l’Écosse ? Les deux prochaines semaines le diront.