Rugby

« J’ai regardé Toulouse soulever le Bouclier, assis sur la pelouse » : la peine de Nouchi

Par Gilles
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Lenni Nouchi, capitaine du Montpellier Hérault Rugby, a regardé Toulouse soulever le Bouclier de Brennus assis sur la pelouse du Stade de France lui qui avait tout donné jusqu’au dernier ballon de la finale perdue 28-20. « J’ai regardé Toulouse soulever le Bouclier pendant que moi, j’étais assis sur la pelouse, donc c’est compliqué. »

La finale du Top 14 2025-2026 s’est jouée en deux actes : une première période où Toulouse a écrasé Montpellier (25-6 à la mi-temps) , une seconde où le MHR a cru au miracle avant de s’incliner 28-20. Pour Nouchi, 22 ans, c’était sa première finale et elle s’est terminée par une image qui le hantera : rester assis sur la pelouse pendant que l’adversaire célèbre.

« Si on a peur, on rentre chez nous » : le pari de Nouchi avant le Bouclier

Avant de fouler la pelouse du Stade de France, Nouchi avait planté le décor. « Si on a peur, on rentre chez nous et on ne joue pas le match. » Pas de complexe d’infériorité affiché, pas de discours de façade. Le capitaine du MHR assume l’ambition à voix haute , face à une équipe de Toulouse qui enchaîne les Boucliers depuis 2022-2023.

Montpellier avait frôlé la relégation en 2024, accroché à un barrage contre Grenoble gagné 20-18. Deux ans plus tard, le club de Joan Caudullo se retrouvait en finale nationale, Challenge Cup du rugby 2025-2026 déjà dans la poche après une démonstration face à l’Ulster (59-26 à Bilbao le 22 mai 2026). Nouchi, flanker numéro 6 dans la composition officielle, était titulaire pas là pour faire de la figuration.

Toulouse a chassé un 4e titre consécutif, exploit que seule la génération 1994-1997 avait réalisé.

Irréprochable sur le terrain, impuissant face au score

La première période a été un cauchemar. Toulouse a déroulé, inscrit trois essais dont un d’Antoine Dupont, et mené 25-6 à la mi-temps. Nouchi l’a dit sans détour : « À la mi-temps, à 25-6, je pense que 100 % des journalistes, des supporters, du public pensaient qu’on allait en prendre 80. »

Ils n’en ont pas pris 80.

En seconde période, le MHR a répondu. Montpellier a réduit l’écart, a ramené le score à 28-20, fait trembler le Stade de France. Mais le retard initial était trop lourd . « On échoue à huit points », reprendra Nouchi, avec la sobriété de quelqu’un qui a compris que la marge était là, dans cette première période perdue.

Ce qui rend la scène encore plus dure, c’est que Nouchi n’a pas lâché. Les notes d’après-match le créditent d’une performance « irréprochable » : omniprésente dans les collisions, précieux dans les zones de combat. Sa dernière action de la finale ? Une chistera désespérée, expédiée dans les ultimes secondes, symbole de la résistance héraultaise jusqu’au bout. C’est lui qui a fermé le match. Et c’est lui qui est resté assis sur la pelouse à regarder Toulouse soulever le Bouclier.

« On est tombé sur une équipe qui était de niveau égal, je pense, devant. Et de ne pas concrétiser, ça nous a coûté cher. » Voilà le vrai regret : pas d’avoir été dominé, mais d’avoir laissé passer une fenêtre.

« Je suis surtout fier de ce groupe » : la dignité après la chute

Après la cérémonie, Nouchi n’a pas sombré dans l’amertume. « Je suis surtout fier de ce groupe. »

Ce groupe était à deux doigts de descendre en Pro D2 il y a deux ans. Le barrage contre Grenoble en 2024, gagné d’un souffle (20-18), avait failli tout emporter. Sous Joan Caudullo, la trajectoire est nette : 9e en 2024-2025, vainqueur de la Challenge Cup 2025-2026, finaliste du Top 14. Le MHR n’avait soulevé le Bouclier qu’une fois, en 2022 cette finale était une deuxième tentative, pas une évidence.

Toulouse rejoint la génération 1994-1997 avec ce 4e titre consécutif et son 25e Bouclier . Montpellier l’a tenu en vie jusqu’au bout.

Nouchi a 22 ans. Il est sous contrat avec le MHR jusqu’en 2028. La peine d’aujourd’hui est réelle, l’image de lui assis sur la pelouse pendant que Toulouse célèbre le reste. Mais un capitaine qui refuse la peur avant la finale et choisit la fierté collective après la défaite , c’est un capitaine qui reviendra.

Lenni Nouchi n’aura pas soulevé le Bouclier à 22 ans. Il aura refusé la peur avant le coup d’envoi et choisi la fierté collective après la défaite. Montpellier a tenu Toulouse en vie jusqu’au bout et Nouchi sera là pour le prochain assaut.

Montpellier reviendra-t-il au Stade de France avant que Nouchi ne quitte le club en 2028 ?

Auteur

Gilles

Golfeur (index 12) nourri aux sports de combat et à la tactique. J'aborde l'actu sportive avec flegme. Je décortique la performance et la stratégie sans jamais forcer. Une plume relax qui analyse tout le secteur du sport, du green de golf à l'octogone du MMA.

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