Rugby

« J’ai toujours les crocs » : Urdapilleta ne se lasse pas du rugby et prolonge à 40 ans, et l’USAP tient peut-être son facteur X

Par Maxime Aulne
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Benjamin Urdapilleta repart pour une saison avec l’USAP, et cette prolongation dit beaucoup plus qu’une simple ligne de contrat : Perpignan garde un ouvreur de 40 ans qui connaît déjà le prix d’un maintien en Top 14.

À son âge, beaucoup auraient rangé les crampons après une saison aussi nerveuse. Lui a choisi de continuer. Benjamin Urdapilleta prolonge d’un an avec Perpignan, alors qu’un nouveau départ à la retraite semblait possible après le maintien décroché par l’USAP.

La phrase qui résume le mieux son choix est directe : « J’ai toujours les crocs. » Elle colle bien au personnage. Pas besoin d’en faire un symbole forcé : pour Perpignan, garder un joueur comme lui peut surtout peser dans les semaines où l’expérience vaut presque autant que les jambes.

Urdapilleta prolonge, et l’USAP garde une sécurité rare

Benjamin Urdapilleta avait déjà dit stop après son passage à Clermont. Il était revenu en fin d’année dernière à Perpignan avec une mission très claire : aider l’USAP à rester dans l’élite du rugby français.

Le club catalan a fini par sauver sa place en Top 14 en juin, lors de l’access-match remporté contre Provence Rugby, 47-24. Urdapilleta, lui, n’a pas joué cette rencontre. Il a expliqué avoir dû renoncer à cause d’une désinsertion d’un adducteur.

Ce détail compte. Pour lui, ce match devait ressembler à une sortie idéale, presque une dernière scène à la maison, avec sa famille venue d’Argentine. À la place, il a regardé l’USAP terminer le travail sans pouvoir entrer dans l’arène.

Dans ce contexte, la prolongation prend une autre couleur. Ce n’est pas seulement l’envie de tirer une saison de plus. C’est aussi une manière de ne pas finir sur une frustration physique, avec une dernière image qui ne lui ressemble pas vraiment.

À 40 ans, son rôle peut dépasser le simple temps de jeu

Urdapilleta ne sera pas forcément attendu comme un joueur à aligner chaque semaine pendant 80 minutes. À 40 ans, la question n’est pas seulement de savoir combien il peut jouer, mais quand et comment il peut peser.

Pour une équipe comme l’USAP, souvent appelée à gérer des matchs sous tension, un ouvreur expérimenté peut changer la texture d’une rencontre. Occupation au pied, choix des zones, tempo, sanctions à prendre ou à refuser : ce sont des décisions qui ne se lisent pas toujours dans une feuille de statistiques.

Exemple concret : un match serré à Aimé-Giral, dix minutes à jouer, Perpignan mène de deux points ou court après un bonus défensif. Dans ce scénario, un ouvreur qui a traversé des saisons entières de Top 14 peut calmer le jeu, trouver une touche longue, remettre l’équipe dans le bon camp ou prendre les trois points sans trembler.

C’est là que l’idée du facteur X devient crédible, à condition de rester prudent. Urdapilleta ne règle pas tous les problèmes de l’USAP. Mais il peut donner au staff une option de gestion, de sang-froid et de transmission que peu de clubs possèdent à ce niveau d’expérience.

Une dernière saison annoncée, mais pas une tournée d’adieu

Benjamin Urdapilleta a été clair sur un point : cette saison doit être la dernière. Il l’a même répété avec humour, en raison que sa femme était à côté de lui au moment du dire. Le message est simple : cette fois, il ne se projette pas dans une prolongation sans fin.

Reste que son discours n’a rien d’un joueur déjà détaché. « L’âge n’est qu’un chiffre », affirme-t-il, en rappelant qu’un joueur de 40 ans peut encore être meilleur qu’un autre de 20 ans si ce qu’il donne sur le terrain reste au niveau.

La phrase peut sembler classique. Elle prend plus de poids avec son parcours. Urdapilleta sait ce que demande le Top 14, surtout dans un club qui joue souvent avec la pression du bas de tableau. Il sait aussi que Perpignan aura besoin de cadres capables de tenir dans les moments où la saison est croustillante.

Le point sportif est donc assez clair : l’USAP ne prolonge pas seulement un nom connu. Elle garde un joueur capable d’apporter du contrôle, une culture des matchs coupés et une forme de dureté mentale. Si son corps suit, cette dernière saison peut encore avoir une vraie utilité dans le projet catalan.





Auteur

Maxime Aulne

Runner de fond, ex-rédacteur tech chez Clubic. J'aborde le sport avec la vision d'un analyste. Je décortique l'actu et le business sportif sans jamais surjouer. Une plume directe qui analyse tout, de la tactique d'un match à l'économie d'un transfert.

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