« Je ne sais pas si je l’ai encore digérée » : Etienne Falgoux s’exprime après sa non prolongation de contrat par Clermont

Etienne Falgoux
Publié le mai 7, 2026

Etienne Falgoux, pilier gauche de Clermont depuis le début de sa carrière professionnelle, n’a pas encore digéré l’annonce de sa non-prolongation : un départ forcé après plus de quinze ans de fidélité à l’ASM.

Fin octobre 2025, Clermont a annoncé qu’Etienne Falgoux ne serait pas conservé au-delà de juin 2026. Pour un joueur qui n’a jamais porté d’autre maillot, c’est l’effondrement d’une certitude : celle de finir sa carrière là où elle a commencé.

« Je ne vous dis pas que c’était simple à encaisser » : le choc de la non-prolongation

« Je ne sais pas si je l’ai encore digérée. » La phrase est simple. Elle dit pourtant tout.

Falgoux reconnaît avoir senti venir la décision. « Il y a deux ans, j’étais vice-capitaine, puis petit à petit on m’a écarté du groupe des leaders », confie-t-il. La mise à l’écart progressive n’a pas adouci le coup. Elle l’a seulement rendu moins brutal dans sa forme, pas dans son fond.

Car pour lui, Clermont n’est pas un employeur parmi d’autres. « C’est plus qu’un club. C’est une partie de moi », dit-il. Trente-trois ans, une seule tunique professionnelle, toute une identité construite autour d’un seul écusson jaune et bleu. « Je ne vous dis pas que c’était simple à entendre et à encaisser. »

« Forcément, ce n’est pas la situation la plus agréable à vivre. J’essaie de la prendre avec un peu de recul et de profiter du temps qu’il me reste à Clermont. »

Un marché tendu et des touches sans certitude

Falgoux a reçu des contacts d’autres clubs. Rien de concret à ce stade, selon L’Équipe du 7 mai 2026. Le marché des piliers gauchers est particulièrement tendu. Les clubs gèrent des salary-caps saturés et évitent les recrutements coûteux.

Dans ce contexte, l’attente s’installe. Falgoux l’organise. « Avec mon agent, on s’appelle toutes les semaines. Ça me permet de me tenir informé, de connaître le marché et de lui donner mon ressenti », explique-t-il.

Il assume aussi une forme de lucidité désenchantée. « On est tous de passage dans la vie d’un club. » La formule est sobre, pas résignée.

« Je prends mon mal en patience mais je reste positif. Je n’ai pas le choix de toute façon. »

« Je suis revanchard » : la détermination d’un joueur en quête de rebond

Falgoux a 33 ans et son contrat se termine en juin 2026. Il ne considère pas ça comme une fin.

« Je veux partir la tête haute et rendre fiers mes proches. Je suis revanchard », dit-il. Pas amer, pas résigné : revanchard. Celui qui a encore quelque chose à prouver.

Il se projette concrètement. « J’aimerais encore jouer deux ou trois ans. Que ce soit en Top 14, en Pro D2 ou à l’étranger. » Aucune hiérarchie affichée, aucune condition posée.

Son palmarès parle pour lui : champion de France 2017, vainqueur du Challenge Cup 2019, trois sélections en équipe de France la même année. Ce n’est pas un joueur poussé dehors par ses limites sportives, mais par les contraintes économiques de son club.

Etienne Falgoux quitte Clermont sans avoir choisi de partir. Quinze ans de fidélité, un salary-cap, et une décision de club : c’est aussi ça, le rugby professionnel. Son histoire rappelle qu’aucun engagement n’est éternel, même quand on l’a cru.

Et vous, un club doit-il quelque chose à un joueur qui lui a tout donné ?

Les dernières actualités Rugby

Les Tendances MVZ Sports