Rugby

« Je ne vois pas d’équipe lui tenir tête » : Émile Ntamack voit Toulouse champion

Par Maxime Aulne
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Émile Ntamack, légende du Stade Toulousain et responsable de sa filière jeune depuis 25 ans, père de Romain et Théo Ntamack, ne laisse aucune place au doute : « S’il s’exprime à son plein potentiel, je ne vois pas d’équipe lui tenir tête. »

À quelques jours des demi-finales du Top 14, Émile Ntamack ne doute pas : Toulouse dominera la compétition. Pour les supporters toulousains et les observateurs du rugby français, cette conviction d’une figure historique du club pèse lourd. Ce qui donne du poids à ce pronostic : Ntamack parle en tant que co-détenteur du record de titres consécutifs ET en tant que responsable du système qui a construit ce groupe.

« Je connais la qualité de ce groupe » : pourquoi Ntamack voit Toulouse champion

Émile Ntamack ne parle pas en supporter aveugle : il parle en architecte.

Depuis 25 ans, il dirige la filière jeune du Stade Toulousain. Il connaît chaque joueur de ce groupe avant même qu’il n’ait disputé son premier match professionnel. « Je connais la qualité de ce groupe construit par Ugo depuis des années », déclare-t-il dans une interview accordée à Midi Olympique le 15 juin 2026.

Cette proximité avec Ugo Mola signifie que Ntamack a vu naître ce groupe, l’a alimenté en talents, et mesure mieux que quiconque ce dont il est capable.

À cela s’ajoute une dimension personnelle. Romain et Théo Ntamack portent le maillot rouge et noir. Leur père les observe donc avec un double regard : celui du responsable de formation et celui du père. Ce cumul de perspectives lui confère une légitimité que peu d’observateurs peuvent revendiquer.

Enfin, Ntamack parle en champion. Sa génération a remporté quatre Boucliers de Brennus consécutifs entre 1994 et 1997  un record que la génération actuelle a déjà égalé (2021-2024) et qu’elle peut désormais s’inscrire définitivement dans l’histoire. Il sait ce que représente une série. Il sait ce qu’elle exige. Et c’est précisément ce qui donne du poids à son jugement sur la génération actuelle.

Les phases finales, pour Toulouse, démarrent à Marseille. Ntamack le dit lui-même. Et il y va avec une certitude tranquille.

Battre le record des années 90 : le défi que Ntamack lance à sa génération

« Égaler notre record, et le battre, c’est ce qu’on attend d’eux. » La phrase est directe. Elle vient d’un homme qui détient ce disque.

Ntamack ne se contente pas de pronostiquer un titre : il fixe un horizon plus grand. Quatre Boucliers de Brennus consécutifs entre 1994 et 1997 : voilà l’étalon que la génération actuelle a déjà égalé (2021-2024) et qu’elle peut désormais dépasser. Et il estime que la génération actuelle a les moyens de le dépasser.

« J’ai toujours cru qu’ils pourraient pouvoir, non seulement d’égaler, mais de battre notre génération », affirme-t-il (Rugbyrama, 15 juin 2026). Ce n’est pas de la modestie feinte. C’est un jugement construit sur des années d’observation directe.

Il va plus loin encore. « Si eux ne le font pas, mais qui le fera ? » La question est rhétorique. Elle dit que cette génération est, selon lui, la meilleure que le club ait produit. Que le contexte est favorable. Que l’occasion est là.

Il ajoute : « On a fait toutes ces choses justement pour qu’elles soient battues un jour. » Ntamack n’est pas en train de défendre son héritage : il l’offre comme cible à abattre.

« Ils veulent marquer l’histoire du club de leur empreinte », conclut-il (Rugbyrama, 15 juin 2026). Ce désir, il le perçoit dans le groupe. Et il y croit.

Pas de rival crédible : pourquoi Toulouse part favori

Ntamack ne dit pas que Toulouse est favori par défaut : aucune équipe ne peut lui tenir tête, à condition que le groupe s’exprime à son niveau.

Le panorama du Top 14 lui donne des arguments concrets. Bordeaux-Bègles, longtemps présenté comme le principal concurrent, a été éliminé du top 6 cette saison (Rugbyrama/ICI Occitanie, mai-juin 2026). L’UBB a progressé, Ntamack le reconnaît volontiers : « Ils se rapprochent, l’UBB a franchi un cap » (ICI Occitanie, 2 mai 2025). Mais se rapprocher n’est pas égaler.

La Rochelle, deux fois championne d’Europe (2022, 2023) , peine en Top 14. Ses deux titres en Champions Cup ne se sont pas traduits par une domination domestique. Le club rochelais reste une référence européenne, mais pas le rival que Toulouse redoute en phase finale nationale.

Ce vide compétitif est objectif. Il ne repose pas sur un jugement partiel. Il repose sur les classements et les résultats de la saison régulière.

Ntamack maintient néanmoins une nuance. Son pronostic est conditionnel : « S’il s’exprime à son plein potentiel. » Cette réserve dit quelque chose. Elle dit qu’il connaît aussi les risques d’une équipe qui ne se réalise pas complètement. Mais elle dit surtout que, si Toulouse joue à son niveau, le titre lui appartient.

Un jugement d’expert, pas de supporter

Ntamack ne fait pas un simple pronostic de supporter : il énonce un jugement d’expert fondé sur 25 ans de construction et sur sa propre expérience de champion en série. « Notre travail consiste à garder cette identité forte de formation et de jeu à la toulousaine, spectaculaire, mais surtout efficace », rappelle-t-il (ICI Occitanie, 4 mai 2025). Si Toulouse remporte le titre cette année, ce sera aussi la validation d’un système de formation qui a fait ses preuves depuis les années 90.

Cette génération a déjà égalé le record des années 90. La question n’est plus de savoir si elle peut le faire mais si elle peut s’offrir un cinquième titre consécutif que personne n’a jamais réussi.

Auteur

Maxime Aulne

Runner de fond, ex-rédacteur tech chez Clubic. J'aborde le sport avec la vision d'un analyste. Je décortique l'actu et le business sportif sans jamais surjouer. Une plume directe qui analyse tout, de la tactique d'un match à l'économie d'un transfert.

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