« Je vais encore une fois croiser les doigts pour que le physique tienne » : Ntamack rêve d’un quintuplé avant la coupe du monde mais reste vigilant
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Romain Ntamack peut regarder très haut avec Toulouse et le XV de France, mais son ambition avance désormais avec une règle simple : profiter, travailler, et ne plus défier son corps trop tôt.
Le titre raconte presque tout le paradoxe. D’un côté, le Stade Toulousain peut viser un cinquième Bouclier de Brennus consécutivement. De l’autre, l’ouvreur international sait mieux que beaucoup ce qu’une saison peut perdre en quelques secondes.
Romain Ntamack ne cache pas l’idée du quintuplé. Elle existe, forcément, dans un club qui gagne autant. Mais il refuse d’en faire une obsession dès la reprise. Sa ligne est plus courte, plus concrète : réussir la préparation, attaquer fort le Top 14, garder le plaisir retrouvé depuis son retour.
Un rêve de quintuplé, mais pas un plan écrit d’avance
Toulouse part avec une stabilité rare. Ntamack insiste sur un point fort : l’effectif a très peu bougé, ce qui facilite les repères et les connexions dès les premières semaines. Pour un ouvreur, ce détail compte. Les automatismes ne se décrètent pas, ils se retrouvent plus vite quand le groupe se connaît déjà.
Le Stade Toulousain a l’ambition claire de jouer les titres dans ses deux grandes compétitions. Ntamack ne cherche pas à mineur cette réalité. Il sait que le club sera attendu, que le mot quintuplé reviendra si Toulouse reste dans le bon wagon.
Mais son discours coupé court à l’emballement. Pour prétendre à un nouveau titre, il met d’abord le début de saison au centre. En Top 14, partir avec du retard oblige à courir après les points, à brûler de l’énergie et à compliquer toute la suite. Son message ressemble moins à une annonce de conquête qu’à un rappel de méthode.
La Champions Cup garde aussi une place à part. Toulouse n’a pas vécu la campagne européenne espérée la saison passée, mais Ntamack ne transforme pas cette déception en slogan. Il parle surtout d’une phase de poule à réussir pour se placer au mieux et viser une phase finale à domicile.
Le corps, le vrai filtre de Ntamack avant la Coupe du monde
La phrase la plus forte reste celle-ci : « Je vais encore une fois croiser les doigts pour que le physique tienne. » Elle n’a rien d’une formule gratuite. Chez Ntamack, la prudence vient d’un vécu très précis.
Son forfait pour la Coupe du monde 2023 avait été un choc majeur pour le XV de France. La Dépêche rappelait alors que l’ouvreur toulousain avait été contraint de renoncer au Mondial après sa blessure contre l’Écosse, une information confirmée dans la matinée du 14 août 2023 par l’entourage du joueur.
Le retour a ensuite demandé du temps. Franceinfo avait documenté son retour avec Toulouse le 30 mars 2024 contre Pau, près de huit mois après sa grave blessure au genou. Cette chronologie donne du poids à sa retenue actuelle.
Ntamack parle d’ailleurs d’une histoire personnelle qui ne lui permet pas de se projeter. Il ne fixe pas la Coupe du monde comme une destination déjà acquise. Il préfère le week-end qui arrive, la préparation, les sensations. Depuis sa reprise en mars, il dit avoir retrouvé du plaisir à l’entraînement et en match. C’est ce fil-là qu’il veut garder.
La tournée avec le XV de France lui a aussi offert une respiration sportive. Il a participé à deux victoires, contre l’Australie et le Japon, et décrit cette séquence comme une bouffée d’oxygène avant les vacances. Pas une garantie pour la suite, plutôt un point d’appui.
Son ambition a changé de ton, pas de taille
Le plus intéressant dans son discours tient à cet équilibre. Ntamack ne se présente pas comme un joueur revenu pour gérer. Il veut jouer, enchaîner, s’amuser avec ses coéquipiers, profiter des grands stades et des supporters. Son ambition reste intacte.
Elle a simplement changé de tempo. Avant de penser au quintuplé, il veut rester dans la continuité. Avant de parler de Coupe du monde, il veut que le physique réponde. Avant de regarder mai ou juin, il veut réussir septembre.
Cette lucidité colle aussi au Stade Toulousain actuel. Un club aussi dominant ne peut pas se cacher, mais il sait que sa saison se jouera sur la fraîcheur, les doublons, la Champions Cup de rugby, les blessures et la capacité à ne jamais laisser filer trop de points.
Ntamack reprend cette tension sans chercher à la dramatiser. Le rêve existe. Le record possible aussi. L’horizon avec les Bleus reste là, en arrière-plan. Mais pour lui, la première victoire de la saison est plus intime : tenir physiquement, garder le plaisir, et rester disponible quand Toulouse et le XV de France auront besoin de lui.