Rugby

« Je vais être le boss » : Grégory Patat pose son autorité à Brive

Par Gilles
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Quand la prise de pouvoir en Corrèze s’opère d’une main de fer dans un gant de velours. Entré officiellement en fonction ce mercredi 1er juillet 2026, le nouveau manager du CA Brive, Grégory Patat, a d’emblée posé les fondations de son autorité avec une formule choc : « Je vais être le boss. »

Derrière cette affirmation brute se cache pourtant une stratégie managériale subtile : loin de faire table rase du passé, l’ancien technicien bayonnais choisit de s’appuyer sur l’identité locale en conservant le staff historique tout en y injectant une recrue ciblée pour l’attaque. Un pari sur l’humain et la continuité territoriale pour un club qui ne vise qu’un seul objectif : le retour immédiat dans l’élite du rugby français.

Le CA Brive entame une nouvelle ère en cet été 2026. Après avoir mené l’Aviron Bayonnais à une demi-finale historique de Top 14 en 2025 avant d’être écarté en février dernier sur fond de divergences avec sa direction, Grégory Patat rebondit en Corrèze. Dès ses premières heures au Stadium, le technicien a fixé le cadre de sa gouvernance. Mais à l’autoritarisme stérile, Patat préfère une autorité globale et collaborative, convaincu que la réussite d’un club moderne passe par la valorisation des compétences déjà en place et une vision transversale de l’institution.

« Je vais être le boss » : comment Patat pose son autorité sans écraser l’existant

La formule est directe, presque provocatrice. Mais Grégory Patat ne s’arrête pas là. Sa déclaration complète dit tout : « Je vais être le boss, mais je dois aussi m’adapter à mon environnement, c’est comme cela que je fonctionne. »

Le nouveau manager briviste ne confond pas autorité et autoritarisme. Sa vision du rôle est explicite : « Le rôle de manager, c’est de mettre dans la meilleure situation ses collaborateurs. » Une posture qui place le collectif au centre, sans effacer le décisionnaire.

Cette philosophie se traduit immédiatement par des actes concrets. Patat conserve les trois figures du staff existant : Saïd Hirèche, Obé Shvelidze et Arnaud Méla. Pas par défaut. Par choix délibéré.

Il complète ce socle par un recrutement ciblé : Fabien Fortassin, débauché de Valence-Romans, rejoint le staff.

Un staff bâti sur la confiance mutuelle et la culture commune

Le choix de Fabien Fortassin n’est pas anodin. Derrière ce recrutement, une recommandation de poids : Patrice Collazo, aujourd’hui manager du Racing 92  qu’il a conduit en demi-finale de Top 14 en 2026 et ancien entraîneur des avants à La Rochelle. Patat l’assume sans détour : « Un de ses entraîneurs à La Rochelle, que j’apprécie beaucoup, m’a dit un jour qu’il ferait un grand entraîneur. Cette personne, c’était Patrice Collazo et il ne s’est pas trompé. »

Dans le milieu du rugby professionnel, ce type de caution compte. Elle légitime le choix autant qu’elle révèle le réseau de Patat.

Mais au-delà de la recommandation, c’est une identité partagée qui soude les deux hommes. « Avec Fabien, on est issus du même territoire, on parle le même rugby. » Une culture commune du Sud-Ouest, un langage rugby identique : Patat recrute aussi par affinité de fond Fortassin, ancien manager général de Valence-Romans, rejoint Brive comme responsable de l’attaque et entraîneur des trois-quarts.

Pour les figures conservées, le ton est respectueux mais sans excès de déférence. « Saïd Hirèche, Obé Shvelidze et Arnaud Méla sont des figures du club. Des joueurs avec une forte identité. Professionnellement, on ne se connaît pas, mais j’ai du respect pour ce qu’ils font. Ils ont une vraie expertise dans leur secteur, à nous de faire fructifier tout cela. »

Dès les premiers jours, Patat organise un séminaire de deux jours pour le staff sportif. Un signal d’intention immédiat. Et l’ambiance qui s’en dégage dit quelque chose sur le type de groupe qu’il veut construire : « Ça chambre pas mal dans le staff et j’aime bien ça, j’aime cet esprit. »

Brive face à un nouveau paradigme managérial

Patat arrive à Brive avec un bagage concret : à Bayonne depuis 2022, il a mené le club en demi-finale de Top 14 en 2025  une première en plus de quarante ans avant d’être écarté en février 2026 suite à des tensions avec la direction.

Sa vision du rôle de manager dépasse le terrain. « Le manager ne fait pas tout aujourd’hui. Il doit avoir une vision globale sur toutes les strates du club. » Une conception moderne du poste, qui englobe le sportif, l’humain et l’institutionnel.

Le séminaire de deux jours, entamé dès le lundi 30 juin avant même la reprise des joueurs dit quelque chose sur les priorités de Patat : le groupe avant le système.

Le vrai test reste devant lui. Transformer une autorité affichée en résultats sportifs, c’est une autre discipline. Les matchs rendront le verdict.

Grégory Patat pose son autorité sans table rase : staff conservé, recrue ciblée, séminaire dès le premier jour. La dualité le boss qui s’adapte sera son vrai test dans les mois à venir. Patat a mené Bayonne en demi-finale de Top 14 avec la même méthode. Suffira-t-elle à Brive pour viser le retour en Top 14 ?

Auteur

Gilles

Golfeur (index 12) nourri aux sports de combat et à la tactique. J'aborde l'actu sportive avec flegme. Je décortique la performance et la stratégie sans jamais forcer. Une plume relax qui analyse tout le secteur du sport, du green de golf à l'octogone du MMA.

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