“J’en ai presque voulu au rugby” : les confidences choc de Paul Boudehent après son immense désillusion

Paul Boudehent

Par

Publié le mai 1, 2026

Après avoir manqué le Crunch France-Angleterre de mars 2025 sur rechute au genou, Paul Boudehent a traversé la période la plus sombre de sa carrière celle où il a failli renoncer au rugby.

Le flanker du Stade Rochelais, 21 sélections en équipe de France (Midi Olympique, 30 avril 2026), s’est confié sur le moment où il a voulu tourner le dos au rugby et sur la souffrance d’être réduit à son seul statut de joueur.

« J’en ai presque voulu au rugby » : la blessure qui a tout basculé

Le 14 mars 2025, le Stade de France accueille le Crunch contre l’Angleterre, dernier match du Tournoi des 6 Nations pour le XV de France. Paul Boudehent n’y sera pas. Pas à cause d’un choix du staff. À cause d’un genou qui lâche à l’entraînement, quelques jours avant le coup d’envoi.

La cruauté du moment tient à son contexte : Boudehent avait déjà encaissé des mois de galère physique, bossé, souffert, attendu. Et là, tout s’effondre.

Il le dit lui-même, sans filtre, dans les colonnes de Midi Olympique (30 avril 2026) :

« La période du 6 Nations a été compliquée pour moi, avec cet espoir de jouer qui ne vient pas parce que je me blesse à la fin. J’espérais tellement, j’ai bossé comme un âne pour revenir vite et surtout bien. Quand les portes allaient s’ouvrir pour moi, sur ce dernier match contre l’Angleterre, je me blesse à l’entraînement. C’est, à vivre, horrible ! D’être condamné à regarder ça, à ne pas le vivre surtout, je pense que j’ai rarement… C’est la période de ma vie où j’ai le moins pensé au rugby, le moment de ma carrière où j’ai ressenti le plus de déception. J’en ai presque voulu au rugby. Je me suis dit allez, c’est bon, je mets ça de côté… »

Ces mots ont un poids particulier : Boudehent n’est pas un joueur en fin de carrière qui doute. Il a 21 sélections, il est au cœur du projet rochelais. Et pourtant, ce jour-là, il a failli tout rejeter.

Mais cette blessure n’était que la surface d’une souffrance plus profonde : celle d’un homme étouffé par son identité de joueur.

Au-delà du rugby : quand l’identité de joueur devient une prison

La rechute au genou s’est inscrite dans une série de coups durs : tendon rotulien, dos, cervicales. Boudehent a encaissé les blessures sans jamais souffler. À force, quelque chose se fissure pas seulement le corps, l’identité.

Car Boudehent souffre d’un mal moins visible, mais tout aussi réel : celui d’être réduit à une seule dimension. Il l’exprime avec une franchise désarmante dans Midi Olympique (30 avril 2026) :

« Le problème, et ce qui est très frustrant pour moi qui aime parler d’autre chose que de rugby, c’est que les gens ne nous parlent que de rugby. Malheureusement, pour tout le monde, je suis joueur du Stade rochelais avant d’être Paul Boudehent. Dans ces moments-là, je préfère faire parler les autres. Quand tu dis on arrête de parler de rugby, tu découvres les personnes. »

Le rugby, censé être une passion, est devenu une étiquette. Et quand la blessure vous prive même de jouer, il ne reste plus que ça.

La période d’arrêt forcé lui a pourtant offert quelque chose d’inattendu : la possibilité de se découvrir autrement. Cette prise de conscience a marqué un tournant. Boudehent a dû reconstruire son rapport au rugby, non pas comme une obligation, mais comme un choix.

Le retour : comment Boudehent a retrouvé sa passion

Plus d’un an. C’est le temps qu’il a fallu à Paul Boudehent pour revenir sur un terrain de compétition. La mi-avril 2026 marque officiellement son retour au jeu (Midi Olympique, avril 2026).

La reconstruction n’a pas été qu’une affaire de kiné et de musculation : elle a été psychologique, identitaire. Boudehent a dû apprendre à ne plus définir sa valeur par sa disponibilité sur le terrain.

Ce chemin, beaucoup de sportifs le connaissent. Peu en parlent aussi crûment. En nommant sa détestation temporaire du rugby, Boudehent a montré sa vulnérabilité sans la déguiser en force.

Son retour à la compétition n’est donc pas simplement un fait sportif. C’est la conclusion d’une reconstruction intérieure.

Son histoire n’est pas celle d’une blessure surmontée. C’est celle d’un homme qui a dû choisir de revenir au rugby, plutôt que d’y être condamné.

Les dernières actualités Rugby

Les Tendances MVZ Sports