Rugby

« le capitaine qui en avait pris 60” : Maxime Lucu dévoile le poids mental qu’il a porté après la finale du Top 14 contre Toulouse

Par Matteo scout
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Maxime Lucu ne raconte pas seulement une défaite contre Toulouse : il met des mots sur le poids invisible qu’un capitaine peut garder longtemps après une finale perdue.

La formule est brutale, et elle dit presque tout. Maxime Lucu s’est décrit comme « le capitaine qui en avait pris 60 » en revenant sur la finale du Top 14 perdue par l’Union Bordeaux-Bègles contre Toulouse, sur le score de 59-3.

Ce souvenir ne sort pas de nulle part. Le demi de mêlée international a replacé cette claque dans une séquence beaucoup plus large, commencée après un Tournoi des Six Nations 2024 difficile avec le XV de France, puis prolongée en club avec l’UBB.

Le sujet n’est donc pas seulement le score. C’est ce que ce score a laissé derrière lui, dans la tête d’un joueur exposé, capitaine, international, et attendu au tournant.

Une période où tout s’est empilé pour Maxime Lucu

Dans son récit, Maxime Lucu commence par expliquer que son retour en club lui avait d’abord offert une forme de respiration. Après la pression vécue avec les Bleus, retrouver l’UBB pouvait ressembler à un refuge.

Mais la suite a vite cassé cette impression. Il rappelle notamment la pénalité de la gagne manquée contre les Harlequins, lors du quart de finale de Champions Cup perdu 41-42 le 13 avril 2024. Un moment court, mais lourd à porter pour un joueur à ce poste.

Puis est arrivée la finale du Top 14 contre Toulouse. Une soirée à sens unique, terminée sur un 59-3 qui a dépassé le simple cadre d’une défaite sportive. Pour Lucu, l’étiquette était claire : il était le capitaine d’une équipe balayée en finale.

Cas concret pour un supporter : on retient souvent le score, les essais encaissés, l’écart immense au tableau d’affichage. Le joueur, lui, doit aussi vivre avec les images, les commentaires, les regards du vestiaire et la question qui revient sans prévenir : comment repartir après ça ?

La phrase qui résume la charge mentale du capitaine

« J’étais le capitaine qui en avait pris 60. » Cette phrase fonctionne parce qu’elle ne cherche pas à enjoliver. Elle condense la honte sportive, la responsabilité et la solitude qui peuvent accompagner un tel revers.

Dans le rugby, le capitaine n’est pas seulement celui qui parle à l’arbitre. Il incarne un groupe, son attitude, son niveau de réponse dans les grands rendez-vous. Quand l’équipe explose en finale, cette fonction devient forcément plus lourde.

Lucu évoque aussi la place de sa compagne Marie dans cette période. Il reconnaît qu’il n’était probablement « pas très intéressant à vivre » et explique qu’elle l’a poussé à s’accrocher, avec cette idée simple : la saison suivante pouvait devenir la sienne.

Ce détail compte, parce qu’il sort le récit du cliché du sportif qui serre les dents tout seul. La reconstruction ne tient pas uniquement à une séance vidéo, à un entraînement ou à une revanche promise. Elle passe aussi par l’entourage, par le temps, et par la capacité à accepter que la blessure soit mentale autant que sportive.

Une reconstruction lente avant de retrouver le très haut niveau

Maxime Lucu parle d’une reconstruction progressive, sur cinq ou six mois. Là encore, le chiffre est important : il ne présente pas cette période comme un simple trou d’air effacé en quelques semaines.

Le demi de mêlée situe ensuite un autre moment fort au début du Tournoi 2025, lorsqu’il se retrouve 24e homme, hors feuille de match. Dans une carrière internationale, ce statut dit beaucoup : proche du groupe, mais pas encore sur le terrain.

Le match contre l’Irlande, le 8 mars 2025, apparaît alors comme une étape dans cette trajectoire. Pas une formule magique, pas une revanche facile, mais un point de passage après des mois de doute et de travail intérieur.

C’est ce qui rend le témoignage intéressant pour l’UBB comme pour le XV de France. Derrière Lucu, il y a le cas d’un joueur qui a dû porter une défaite collective tout en reconstruisant sa propre confiance. Et dans un sport où la performance se juge souvent au prochain match, rappeler cette temporalité change la lecture de son retour.

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Matteo scout

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