Le départ de Perpignan pique encore Azéma, mais c’est Toulon qui pourrait en tirer le bénéfice
Retrouvez MVZ Sports sur GoogleAjoutez notre source pour suivre nos actualités sport plus facilement
Il y a des départs qui se digèrent vite. Celui de Franck Azéma à Perpignan n’entre pas dans cette catégorie. L’ancien manager de l’USAP garde encore une colère assumée après son éviction, mais il ne la présente pas comme un poids mort.
Son idée est plus simple, et plus intéressante pour Toulon : transformer ce qui a piqué en énergie de travail. Dans un Top 14 où les détails font basculer une saison, ce genre de ressort peut compter.
Perpignan, une coupure qui reste vive pour Azéma
La rupture avec Perpignan est intervenue dans un moment brutal. Fin octobre, l’USAP n’avait toujours pas pris le moindre point après huit journées. La défaite à Montauban, 29-22, avait encore alourdi la situation.
La direction catalane avait alors décidé de se séparer de Franck Azéma. Sportivement, le choix a ensuite été validé par le maintien du club de rugby, obtenu sous Laurent Labit après un access-match gagné à Aix-en-Provence, 24-47.
Mais un maintien ne gomme pas nécessairement ce que l’homme a vécu. Azéma n’était pas seulement un manager de passage à Perpignan. Il avait porté ce club comme joueur, puis il y avait été champion de France en 2009 comme adjoint de Jacques Brunel.
Sa phrase résume bien le fond du dossier : « J’ai encore cette colère en moi. » Rugbyrama rapporte aussi cette idée centrale : il veut se servir de cette frustration passée et en faire une opportunité pour Toulon.
Toulon récupère un technicien piqué, pas un coach en roue libre
C’est là que le sujet devient sportif. Une colère mal gérée peut parasiter un personnel. Une colère canalisée peut aussi remettre de l’intensité dans le détail, dans l’exigence, dans les séances où personne ne doit tricher.
À Toulon, Azéma arrive dans un cadre qu’il connaît. Il retrouve le Var, travaille autour de Pierre Mignoni, et prend en main un secteur précis : l’attaque du RCT. Ce n’est pas un rôle symbolique. C’est un poste qui touche directement à l’identité de jeu.
Le RCT cherche à retrouver la phase finale du Top 14. Pour y parvenir, il ne suffit pas d’empiler des noms ou des intentions. Il faut une attaque lisible, des lancements propres, une capacité à punir près des zones de marque et à ne pas gaspiller les ballons de pression.
Cas concret : sur une séance vidéo de début de semaine, la frustration d’Azéma peut devenir utile si elle sert à décortiquer une sortie de camp mal négociée, un lancement trop plat ou un surnombre oublié. Pas pour régler un compte avec Perpignan. Pour rappeler aux joueurs que certaines erreurs coûtent une saison.
Une fraîcheur rare au moment de relancer le RCT
Azéma ne revient pas avec le discours d’un entraîneur utilisé. Il affirme même avoir rarement été aussi frais pour redémarrer une saison. La nuance est importante : il ne nie pas ce qu’il a vécu, il dit vouloir s’en servir.
Il reconnaît également la règle froide du métier. Quand les résultats ne viennent pas, un entraîneur devient vite exposé. Sa sortie de Perpignan a été frustrante, pénible, mais elle reste pour lui une partie du travail.
Toulon peut donc y trouver un bénéfice assez clair : récupérer un technicien expérimenté, touché dans son orgueil, mais relancé dans un rôle concret. Le danger serait d’en faire une histoire de revanche permanente. L’intérêt, au contraire, est de transformer cette blessure en exigence quotidienne.
La reprise de l’entraînement du RCT, mentionnée au 16 juillet, donne le point de départ. Le reste dépendra du terrain. Si l’attaque toulonnaise gagne en précision, en vitesse et en efficacité dans les matchs serrés, cette colère venue de Perpignan aura peut-être trouvé sa meilleure sortie.