« Le faire mentir » : Lucu et les Bordelais veulent une revanche face aux Néo-Zélandais
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Maxime Lucu, nommé capitaine du XV de France pour la première fois de sa carrière, a transformé la provocation d’un journaliste néo-zélandais en carburant collectif : lui et les 12 Bordelais de l’effectif ont une mission supplémentaire au One New Zealand Stadium de Christchurch prouver sur le terrain que Ben Smith avait tort.
Samedi 4 juillet à Christchurch, la France affronte les All Blacks pour le match d’ouverture du tout nouveau Championnat des Nations. Pour les supporters de l’Union Bordeaux-Bègles et les fans du rugby français, ce match porte une charge supplémentaire : derrière l’affiche se cache une histoire de provocation médiatique, de nomination historique et de détermination bordelaise.
« On va essayer de le faire mentir » : Lucu répond à la provocation néo-zélandaise
Tout commence en mai 2026. Ben Smith, journaliste chez RugbyPass, lâche sur X : « Honnêtement, les Hurricanes de 2026 écraseraient probablement le brillant Bordeaux. » Une sortie qui aurait pu rester sans suite. Elle n’est pas conservée sans suite.
Le journaliste a même récidivé après l’élimination de l’UBB en Top 14, relançant la polémique avec une forme de satisfaction assumée.
Lucu, capitaine des Bleus depuis le 30 juin 2026, a répondu avec une précision chirurgicale : « Il a voulu le match, il y en aura quasiment un. Les joueurs de l’UBB vont être confrontés à ce que font les Hurricanes et les Chiefs, ça va être une bonne opposition de style. Je ne sais pas si le journaliste qui a sorti ça sera dans les tribunes, mais on va essayer de le faire mentir. »
Voilà. Pas de grande déclaration de guerre. Juste une phrase qui dit tout selon Midi Olympique.
Et pour porter cette réponse sur le terrain, Lucu n’est pas seul. 12 joueurs de l’UBB figurent dans le groupe de 33 Bleus sélectionnés pour cette tournée plus du tiers de l’effectif. Difficile de contester ce bilan : son club vient de décrocher un doublé historique européen (2025 et 2026), en battant le Leinster en finale à Bilbao le 23 mai.
Jefferson Poirot, 33 ans, est lui aussi du voyage un retour après six ans de retraite internationale pour épauler un groupe jeune. Antoine Dupont, forfait pour l’ensemble du Championnat des Nations sur blessure , ne sera pas du voyage. Les autres finalistes du Top 14 ont rejoint le groupe après la finale du 27 juin. C’est donc une France à coloration bordelaise très marquée qui entre dans l’antre des All Blacks.
Lucu capitaine : quand l’UBB championne d’Europe devient fer de lance des Bleus
La nomination de Lucu au brassard n’est pas un choix anodin de Fabien Galthié. C’est un signal.
Annoncée le 23 juin 2026 lors de la révélation de la liste des 33 à Marcoussis, elle consacre un joueur qui incarne exactement ce que le sélectionneur veut projeter : un meneur par l’exemple, pas par les discours . Lucu lui-même l’a formulé sans détour : « Comme avec l’UBB, je serai plutôt de nature à me mettre devant et à privilégier les actes aux paroles. »
Ce positionnement est cohérent avec tout ce que Bordeaux a construit cette saison. Un sacre européen, douze joueurs sélectionnés en équipe nationale, et maintenant un capitaine des Bleus sortis de ses rangs. L’UBB n’est plus un outsider du rugby français : deux Champions Cup consécutives et douze internationaux en font désormais une référence.
Et Lucu porte cette légitimité avec lui en Nouvelle-Zélande. « Si on est venu ici, c’est précisément pour ne pas être intimidés par tout ça, pour être acteurs de ce match » , a-t-il ajouté. Pas de fausse modestie, pas de respect excessif pour l’adversaire. Une clarté qui fait du bien.
La référence à Thierry Dusautoir avion sur tout ça. La France n’a plus gagné sur le sol néo-zélandais depuis 2009 une victoire 27-22 à Dunedin, il y a dix-sept ans. Lucu sait ce qu’il porte. Il a l’air de trouver ça motivant plutôt qu’écrasant.
Les balles de match qui hantent les Bleus : pourquoi cette fois sera différente
Dix-sept ans. C’est le temps qui sépare la France de sa dernière victoire sur le sol néo-zélandais. Depuis 2009, les Bleus ont frappé à la porte, parfois très fort, sans jamais l’ouvrir.
L’an dernier, la frustration a atteint un niveau particulier. La France a subi une défaite à Dunedin (27-19) malgré une résistance acharnée 224 plaquages tricolores contre 121 néo-zélandais. Ce genre de souvenir ne s’efface pas facilement dans un vestiaire.
C’est précisément ce contexte qui donne du poids à la déclaration de Lucu. Ce n’est pas un capitaine qui parle dans le vide. C’est un joueur qui arrive en Nouvelle-Zélande avec une équipe privée de Dupont forfait pour toute la compétition sur blessure et qui choisit quand même d’afficher une ambition claire.
La France aborde ce match sans ses armes habituelles au complet. Mais avec une identité bordelaise forte, un capitaine nommé pour la première fois de sa carrière, et une provocation à transformer en carburant. Ce n’est pas rien.
Samedi au One New Zealand Stadium, Lucu et ses coéquipiers bordelais ont une occasion rare : transformer une provocation médiatique en victoire sur le terrain, et mettre fin à 17 ans de disette française en Nouvelle-Zélande.
Serez-vous dans les tribunes virtuelles pour cette revanche ?