Le XV de France a renversé l’Australie, mais Galthié voit encore un problème que le score ne montre pas
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Un score peut parfois raconter une victoire sans raconter tout le match. Le 42-26 décroché par les Bleus contre l’Australie donne l’image d’une équipe capable de réagir fort, surtout après une première période mal embarquée.
Mais dans la lecture du personnel, le résultat ne suffit pas. Avant d’affronter le Japon à Tokyo, Fabien Galthié a choisi de toucher à un secteur lourd : toute la première ligne change.
Une victoire en Australie, mais pas un match totalement maîtrisé
Le XV de France de rugby sort d’un scénario contrasté. Battus une semaine plus tôt en Nouvelle-Zélande face aux All Blacks, les Bleus ont répondu contre l’Australie avec une large victoire à Brisbane.
Le problème, c’est que cette victoire a longtemps été moins confortable que le score final ne le suggère. À la mi-temps, la France était menée 21-12. Il a fallu une vraie réaction après la pause pour retourner la situation.
Le corpus autour du match va dans le même sens : plusieurs récits insistant sur une première période compliquée, puis sur une accélération française après le repos. RMC Sport évoque notamment trois essais inscrits en huit minutes, signe d’un basculement très net en seconde période.
Pour un supporter qui ne regarde que le résultat, le message apparaît simple : la France a largement gagné, donc la machine repart. Pour un staff, la lecture est différente. Une équipe peut marquer, renverser, prendre confiance, tout en laissant apparaître un souci structuré dans la conquête.
La mêlée reste le vrai signal d’alerte pour Galthié
Fabien Galthié a ciblé le point qui l’inquiète : la mêlée. Sa formule est claire : « Nous ne sommes pas totalement satisfaits des performances de notre mêlée ».
Cette phrase pèse plus lourd qu’un simple ajustement de composition. La mêlée n’est pas un détail décoratif dans ce type de tournée. Elle conditionne la sortie de camp, la pression mise à l’adversaire, les pénalités obtenues ou concédées, et parfois le rythme entier d’un match.
Le sélectionneur a donc choisi de modifier toute sa première ligne avant le rendez-vous face au Japon. Moses Alo-Emile, Peato Mauvaka et Demba Bamba sortent du XV de départ annoncé dans le texte fourni. Jefferson Poirot, Maxime Lamothe et Régis Montagne entrent dans l’équation.
Galthié ne présente pas ce choix comme une sanction brutale. Il parle aussi de gestion de groupe et de développement. La France a emporté sept piliers, avec quatre piliers droits et trois piliers gauches, et le staff veut les mettre sur le terrain pour créer de l’homogénéité.
Le passage le plus parlant concerne le poste de pilier droit. Galthié reconnaît ne pas avoir de certitudes et chercher à développer des potentiels. Dans un secteur aussi exposé, cette absence de certitude explique pourquoi le score contre l’Australie ne suffit pas à refermer le dossier.
Face au Japon, les rotations ressemblent à un test grandeur nature
Le match contre le Japon devient donc plus qu’une simple troisième sortie dans le Championnat des nations. Pour la première ligne française, c’est un test en conditions réelles.
Le staff veut voir si les nouveaux entrants peuvent apporter plus de stabilité, plus de continuité et une meilleure base de lancement. C’est aussi une façon d’éviter de figer trop tôt une hiérarchie qui ne donne pas encore entière satisfaction.
Le cas concret est simple : si la France domine au score mais subit plusieurs mêlées fermées, concède des pénalités ou perd de la qualité sur ses lancements, le problème reste vivant. À l’inverse, une première ligne plus stable contre le Japon donnerait au staff une option crédible pour la suite.
La victoire en Australie garde donc toute sa valeur. S’imposer à Brisbane après avoir été mené à la pause reste un vrai marqueur mental. Mais Galthié regarde déjà ce que le tableau d’affichage ne montre pas toujours : la capacité du XV de France à tenir devant, dans un secteur où les certitudes se construisent rarement sur un seul match.
Le vrai enjeu est là. Les Bleus ont prouvé qu’ils pouvaient renverser un match. Ils doivent prouver maintenant que leur mêlée peut devenir une base fiable, pas seulement un chantier permanent.