Le XV de France expose Régis Montagne au meilleur moment, alors que son contrat touche à sa dernière année
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Régis Montagne n’a pas seulement une tournée à jouer avec le XV de France : à 25 ans, le pilier droit de Clermont entre dans une zone où chaque minute internationale peut peser lourd.
Le timing est presque trop parfait pour être neutre. Régis Montagne aborde une séquence importante avec les Bleus au moment où son contrat avec l’ASM Clermont arrive dans sa dernière année. Pour un joueur de première ligne, ce genre d’exposition ne change pas tout du jour au lendemain, mais il peut clairement modifier le regard posé sur lui.
Le pilier droit, formé dans l’environnement grenoblois avant de rejoindre Clermont en 2024, découvre aussi une situation nouvelle : celle d’un joueur qui sait que son avenir contractuel n’est plus très loin. Lui assure vouloir garder la tête sur le terrain. Mais dans le rugby professionnel, le terrain reste souvent le meilleur argument.
Une fin de contrat qui arrive avec une exposition rare
Régis Montagne l’a reconnu sans détour : c’est la première fois de sa carrière qu’il se retrouve dans cette position. Sa phrase résume bien le mélange d’urgence et de lucidité qui accompagne une dernière année de contrat : « Tu te dis que dans onze mois, si tu ne trouves rien, tu n’as plus rien ».
Le propose est fort, parce qu’il sort du discours habituel des joueurs qui évitent soigneusement de parler avenir. Montagne ne dramatise pas, mais il ne fait pas semblant non plus. Il sait que cette période compte.
Et c’est là que le XV de France change la lecture. Une sélection, une présence dans le groupe, une titularisation possible : pour un pilier droit de 25 ans, ce sont des signaux que les clubs observent. Pas nécessairement pour déclencher une décision immédiate, mais pour mesurer un niveau, une maturité, une capacité à tenir dans un contexte plus dur.
Le XV de France peut devenir sa meilleure vitrine
Montagne affirme laisser son agent gérer la partie contractuelle. « Je lui laisse les clés du camion », explique-t-il, en rappelant que son rôle à lui reste de jouer et de prendre du plaisir. C’est une manière saine de compartimenter, surtout dans une période où la moindre mauvaise sortie peut nourrir le doute.
Mais cette séparation entre le sportif et le contrat à ses limites. Dans les faits, une bonne prestation avec les Bleus peut renforcer un dossier. Exemple concret : si Montagne répond présent en mêlée fermée, tient son activité défensive et montre qu’il peut absorber la pression d’un match international, son agent ne vend plus seulement un joueur de rotation à Clermont. Il peut défendre le profil d’un pilier de droit international capable de franchiser un cap.
Ce point est encore plus important à son poste. Les piliers droits fiables, jeunes et déjà exposés au très haut niveau ne courent pas les rues. Dans un marché du Top 14 présenté comme plus prudent et plus local ces dernières saisons, ce type de profil peut garder une vraie valeur, même sans agitation publique autour de son avenir.
Face au Japon, le vrai test sera aussi mental
Le rendez-vous contre le Japon arrive donc avec une double lecture. Sportivement, Montagne doit répondre aux attentes du staff et s’intégrer dans le cadre collectif du XV de France. Personnellement, il sait aussi que cette période peut compter dans la suite de sa carrière.
Il assure pourtant aborder les choses avec plus de recul qu’avant. Il compare cette étape à ses premières titularisations en France, devant sa famille, son public, ou encore au Stade de France face aux champions du monde. Cette expérience semble l’avoir aidé à mieux gérer l’émotion autour des grands rendez-vous.
Son discours est intéressant parce qu’il ne cherche pas à gommer la pression. Il explique plutôt qu’il a appris à la ranger à sa place. Des checkpoints dans la semaine, une préparation cadrée, puis le collectif avant le reste. Pour un joueur en fin de contrat, c’est probablement la bonne posture : ne pas jouer son avenir sur chaque ballon, mais faire en sorte que chaque match ajoute une preuve.
Rien ne dit encore ce que Clermont décidera, ni ce que le marché offrira à Régis Montagne dans les prochains mois. En revanche, la séquence actuelle lui donne une chose précieuse : l’occasion d’être vu au plus haut niveau au moment exact où son statut contractuel devient un sujet. Pour un pilier droit de 25 ans, c’est rarement anodin.