Rugby

« Les médias en font toute une montagne » : Ntamack éteint enfin le faux problème de son association avec Jalibert

Par Maxime Aulne
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Romain Ntamack ne veut plus laisser le récit de rivalité avec Matthieu Jalibert prendre toute la place : pour lui, leur association avec le XV de France n’a rien d’un problème à résoudre.

Depuis leurs débuts chez les Bleus, les deux ouvreurs traînent la même étiquette. Ntamack d’un côté, Jalibert de l’autre, et l’idée d’un duel permanent pour le numéro 10. Un récit pratique, facile à vendre, mais visiblement trop réducteur aux yeux du Toulousain.

Lors du Championnat des Nations, Fabien Galthié a pourtant choisi une autre voie : associer les deux joueurs, avec Ntamack à l’ouverture et Jalibert à l’arrière. Une formule testée face à l’Australie puis au Japon, et que Ntamack présente comme beaucoup plus naturel qu’elle n’en avait l’air.

Ntamack refuse le scénario d’une rivalité avec Jalibert

La phrase la plus forte résumé tout : « Les médias en font toute une montagne, mais ça n’a jamais été un souci entre nous ». Ntamack ne nie pas la concurrence. Il la remplace simplement à sa vraie place.

Pour lui, la lutte existe, mais elle est saine. Et elle ne concerne pas seulement Jalibert. Antoine Hastoy et d’autres ouvreurs peuvent aussi entrer dans la discussion chez les Bleus. Le poste est disputé, comme il doit l’être dans une équipe nationale.

La différence, c’est que Ntamack refuse d’en faire une histoire personnelle. Il affirme que sa relation avec Jalibert est bonne, sur le terrain comme en dehors. Cette tournée lui a même permis de mieux connaître le Bordelais, loin du face-à-face fabriqué autour d’eux depuis plusieurs saisons.

C’est là que l’angle devient intéressant pour le XV de France. Si les deux joueurs ne vivent pas cette cohabitation comme une menace, le staff peut regarder leur association pour ce qu’elle est vraiment : une option de jeu, pas une expérience diplomatique.

Pourquoi l’association peut vraiment fonctionner chez les Bleus

Sur le papier, déplacer Jalibert vers l’arrière pourrait ressembler à un bricolage. Dans le jeu, Ntamack décrit plutôt une organisation souple, avec deux joueurs capables de prendre les commandes selon les situations.

Le principe est simple : si l’un des deux est pris dans un ruck, l’autre peut gérer immédiatement la suite. Si le ballon change de zone, si la défense monte vite, si une relance s’ouvre après un ballon haut, le XV de France ne dépend pas d’un seul cerveau pour remettre de l’ordre.

Cas concret : imaginons une séquence où Ntamack attaque la ligne puis se retrouve au sol après contact. Dans une animation classique, l’équipe peut perdre son premier organisateur pendant quelques secondes. Avec Jalibert placé derrière, le relais existe tout de suite. Il peut remplacer les avants, orienter vers le large ou jouer au pied sans attendre que Ntamack revienne dans la ligne.

Ce n’est pas spectaculaire sur une feuille de match, mais c’est précieux. Deux joueurs qui écoutent le jeu, qui permutent sans se généraliser et qui acceptent de partager la conduite de l’attaque peuvent donner au XV de France une marge supplémentaire dans les moments instables.

Ntamack retrouve d’ailleurs des repères qu’il connaît déjà au Stade Toulousain avec Thomas Ramos. Il explique jouer ce rugby toute l’année avec Ramos, ce qui rend les permutations plus naturelles. Avec Jalibert, il assure qu’ils ne se sont pas marché sur les pieds.

Une option de plus pour Galthié, pas une révolution forcée

Le point le plus important est peut-être là : Ntamack ne vend pas cette association comme une révolution définitive. Il parle d’une option. Et dans un XV de France qui cherche toujours à multiplier ses solutions, c’est déjà beaucoup.

L’ouvreur toulousain se dit très content d’avoir disputé deux matchs avec Jalibert. Il ajoute que si cette formule donne des options au staff pour la suite, ce n’est que du bonus. La formulation est prudente, mais elle ouvre clairement la porte.

Elle arrive aussi à un moment particulier pour Ntamack. Après une période freinée par une fissure au rein puis une déchirure à l’ischio, il dit avoir surtout voulu reprendre du plaisir avec le maillot bleu. Pas de réglage des comptes. Pas prouver qu’il devait rester seul maître du poste. Juste rejouer, retrouver des sensations et aider l’équipe.

Pour Jalibert, l’association raconte aussi autre chose. Être utilisé à l’arrière ne signifie pas disparaître du jeu. Au contraire, dans cette formule, il peut devenir un deuxième organisateur, capable de remplacer Ntamack et d’apporter une lecture différente sur les transitions.

La vraie question n’est donc pas de savoir si Ntamack et Jalibert peuvent coexister. D’après le principal intéressé, cette question est déjà dépassée. Le vrai sujet, désormais, est de savoir quand Fabien Galthié jugera cette arme utile, contre quel adversaire, et avec quel équilibre autour d’eux.

Le faux problème médiatique a peut-être trouvé sa réponse la plus simple : sur le terrain, les deux joueurs de rugby savent jouer ensemble. Et pour le XV de France, c’est probablement plus intéressant qu’une rivalité entretenue à distance.

Auteur

Maxime Aulne

Runner de fond, ex-rédacteur tech chez Clubic. J'aborde le sport avec la vision d'un analyste. Je décortique l'actu et le business sportif sans jamais surjouer. Une plume directe qui analyse tout, de la tactique d'un match à l'économie d'un transfert.

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