Rugby

L’UBB mise sur Tom Willis pour muscler son pack, un joueur capable détroner son frére ?

Par Gilles
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Après deux titres européens, l’UBB a choisi de ne pas tout casser : son mercato ressemble moins à une révolution qu’à un test de grandeur nature de sa confiance dans son groupe.

C’est un choix qui peut sembler presque provocateur. Quand un club domine l’Europe mais rate les phases finales du Top 14, la tentation classique est de secouer l’effectif, d’empiler les recrues et d’envoyer un message fort à tout le championnat.

Bordeaux-Bègles à pris une autre route. Sept départs, dont deux prêts, six arrivées annoncées, et surtout une ligne directrice assez lisible : garder l’ossature, renforcer le pack, ouvrir quelques portes aux jeunes. Le pari est clair. Il est aussi risqué.

Un champion d’Europe qui a choisi la stabilité plutôt que la rupture

Le double sacre en Champions Cup donne forcément du crédit à la direction bordelaise. Un groupe capable de gagner deux fois sur la scène européenne de rugby n’a pas besoin d’être reconstruit de fond en comble. Sur ce point, la continuité se défend.

Mais le contraste avec le Top 14 change la lecture. L’UBB n’a pas seulement eu une saison brillante : elle a aussi connu une limite nette dans son championnat. Être sacré en Europe tout en sortant avant les phases finales nationales oblige à regarder plus finement ce que le groupe avait vraiment besoin de corriger.

La réponse du club n’a donc pas été massive. Elle a été ciblée. Bordeaux n’a pas été recruté pour donner l’impression d’un nouveau cycle, mais pour retoucher des zones précises sans déstabiliser ce qui fonctionne déjà.

C’est là que le mercato devient intéressant : l’UBB ne dit pas seulement qu’elle croit en son effectif. Elle dit qu’elle pense avoir identifié le bon endroit à renforcer.

Willis, Moon, Pkhakadze : le vrai message est devant

Le retour de Tom Willis est le mouvement le plus fort de l’intersaison bordelaise. Déjà dépassée par la Gironde en 2024, la troisième ligne anglaise revient avec un profil qui colle bien à ce que l’UBB semble rechercher : de la puissance, de l’activité, et une vraie densité dans les grands rendez-vous.

Alex Moon ajoute une autre couche à cette logique. La deuxième ligne arrive pour épaissir le pack, dans un secteur où les départs de Bastien Vergnes-Taillefer vers Pau et de Lachlan Swinton vers Perpignan laissaient un espace à combler.

Lasha Pkhakadze, pilier géorgien de 22 ans, apporte lui aussi une solution supplémentaire en première ligne. Il ne faut pas forcément lire son arrivée comme un coup médiatique. Elle ressemble davantage à une pièce de rotation, utile sur une saison longue, surtout dans un championnat où la profondeur devant finit souvent par peser très lourd.

Dan du Plessis complète le recrutement d’expérience au centre. Mais la mécanique globale reste la même : Bordeaux n’a pas empilé les noms pour changer de visage. Le club a surtout cherché à sécuriser son équilibre physique, notamment devant.

Cas concret : si l’UBB joue une série de matchs lourds entre Top 14 et Champions Cup, le retour de Willis et l’arrivée de Moon peuvent éviter de tirer trop longtemps sur les mêmes cadres. C’est exactement le genre de détail qui ne se voit pas toujours en juillet, mais qui peut compter en février.

La vraie question : assez de profondeur pour viser les deux tableaux ?

Le point fragile du pari bordelais se situe là. Une équipe déjà championne d’Europe peut-elle vraiment progresser sans modifier davantage son effectif ? Oui, si ses cadres restent performants, si les recrues s’intègrent vite, et si les jeunes prennent le relais au bon moment.

Hugo Avogadro, actuellement promu dans le groupe professionnel, fait partie de ces joueurs à surveiller. Thomas Delpeuch arrive aussi dans cette logique de jeunesse, tandis que plusieurs noms issus de la génération France U20 peuvent profiter des départs ou des prêts pour gratter du temps de jeu.

Les départs de Joey Carbery, Ugo Boniface et Madosh Tambwe ne sont pas neutres. Ils ouvrent des espaces, mais ils retirent aussi des profils installés. C’est là que la stabilité peut devenir une force ou une faiblesse : elle protège les automatismes, mais elle laisse moins de marge si certains cadres baissent de régime.

Le pari de l’UBB n’est donc pas absurde. Il est même cohérent avec le statut européen du club. Mais il suppose une chose : que le groupe actuel avait surtout besoin d’ajustements, pas d’un électrochoc.

Si Willis, Moon et Pkhakadze donnent rapidement du poids au paquet d’avants, Bordeaux pourra défendre l’idée d’un mercato intelligent, presque chirurgique. Si le Top 14 expose encore les mêmes limites, le choix de ne presque rien toucher à l’effectif sera relu autrement : non plus comme une preuve de maîtrise, mais comme un excès de confiance.

Auteur

Gilles

Golfeur (index 12) nourri aux sports de combat et à la tactique. J'aborde l'actu sportive avec flegme. Je décortique la performance et la stratégie sans jamais forcer. Une plume relax qui analyse tout le secteur du sport, du green de golf à l'octogone du MMA.

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