Lucas Andjisseramatchi, la pépite de La Rochelle qui mène les Bleuets face aux Baby Blacks
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Ce lundi 13 juillet 2026, à 16 h, le XV de France U20 joue une place en finale de la Coupe du monde face à la Nouvelle-Zélande. Un rendez-vous lourd, forcément. Pas seulement parce que les Baby Blacks restent un nom qui pèse dans l’imaginaire du rugby jeune, mais parce que cette génération française avance avec un capitaine qui n’a pas été choisi par hasard.
Lucas Andjisseramatchi, troisième ligne du Stade Rochelais, est l’un de ces profils qu’on remarque moins par les déclarations que par la manière dont un groupe semble se ranger derrière lui. À 20 ans, il mène les Bleuets dans un moment de rugby où chaque détail compte : le discours, le calme, la première collision, la façon de remettre tout le monde dans le plan quand le match se tend.
Un capitaine choisi pour fédérer les Bleuets
Cédric Laborde lui a confié le capitanat, et ce choix raconte déjà quelque chose. Dans une équipe U20, le brassard n’est pas seulement une récompense pour le joueur le plus exposé. C’est souvent un pari sur celui qui parle juste, qui entraîne les autres, qui garde une ligne quand la pression monte.
Lucas Andjisseramatchi a lui-même résumé ce rôle avant la compétition avec une phrase simple : « C’est une belle responsabilité et un défi stimulant, aussi bien pour moi que pour l’équipe. » Le mot important, ici, n’est peut-être pas seulement « responsabilité ». C’est « équipe ». Il ne se place pas au-dessus du groupe. Il se place dedans, avec une mission en plus.
C’est exactement le type de nuance qui compte avant une demi-finale mondiale. Face à la Nouvelle-Zélande, les Bleuets n’auront pas besoin d’un capitaine qui surjoue le moment. Ils auront besoin d’un repère. Un joueur capable de parler quand il faut, mais aussi de donner le ton dans les zones moins visibles : les réponses, les soutiens, les attitudes après une faute ou un temps faible.
De Massy à La Rochelle, un parcours construit tôt
Le parcours d’Andjisseramatchi commence loin des projecteurs actuels. Il s’est inscrit à Massy à l’âge de 7 ans, après un cycle de recrutement réalisé dans les écoles. Hugues Mercier, son ancien entraîneur chez les cadets du RC Massy Essonne, raconte : « On a fait un cycle de recrutement dans les écoles. Il a aimé, il a rejoint le club, et il n’a pas lâché. »
La formule est courte, mais elle donne une vraie image du joueur. Il découvre, il accroche, puis il tient. Dans le rugby, ce genre de continuité n’a rien d’anecdotique. Beaucoup de jeunes passent, testent, changent de sport, décrochent. Lui reste. Et ce fil Massy-La Rochelle-France U20 donne de l’épaisseur à son capitanat actuel.
Il ne faut pas en faire une légende avant l’heure. Andjisseramatchi n’a pas encore gagné cette demi-finale, et personne ne peut écrire la suite à sa place. Mais son profil a quelque chose de très lisible : une troisième ligne formée tôt, passée par un club réputé pour sa formation, désormais installée dans l’environnement du Stade Rochelais et responsable avec les Bleuets.
Face aux Baby Blacks, son leadership sera testé grandeur nature
Une demi-finale contre la Nouvelle-Zélande U20 n’est pas un match comme un autre. Même sans inventer de scénario, on sait ce que ce type d’affiche demande : de la discipline, de la lucidité et une capacité à ne pas sortir du cadre sous pression. Pour un capitaine, c’est là que la fonction devient concrète.
Exemple très simple : si les Bleuets concèdent une pénalité évitable dans 22 mètres, le rôle d’Andjisseramatchi ne se limite pas à parler à l’arbitre ou à remplacer deux joueurs. Il doit aussi ramener le groupe vers l’action suivante. Respirateur. Revenir au plan. Éviter que l’émotion transforme une erreur en série noire. C’est moins spectaculaire qu’un ballon gratté, mais dans un match coupéret, ça peut peser très lourd.
Son statut de troisième ligne ajoute aussi une dimension intéressante. Ce poste vit au contact permanent du match. Il oblige à lire vite, à défendre fort, à se proposer, à sentir les bascules. Quand le capitaine évolue dans cette zone-là, son influence peut être immédiate : il n’est jamais loin du point chaud.
La France U20 n’est pas encore en finale. Le rendez-vous de ce lundi doit d’abord être joué. Mais Lucas Andjisseramatchi arrive dans cette demi-finale avec une étiquette qui dépasse le simple portrait flatteur : celle d’un joueur que son staff estime capable de porter une génération dans un moment à haute tension.
Et c’est peut-être là que son histoire devient intéressante pour les Bleuets. Avant même de savoir jusqu’où ira cette équipe, son capitaine incarne déjà une idée forte : le leadership, chez les jeunes, ne se résume pas au bruit autour d’un nom. Il se construit dans la durée, depuis les premiers entraînements à Massy jusqu’aux matchs qui peuvent ouvrir une finale mondiale.