« On n’a pas envie de revivre le même match » : Toulon et Mignoni ont toujours le mauvais souvenir de l’an passé contre Toulouse

Pierre Mignoni
Publié le mai 8, 2026

Samedi 10 mai à 21h au Stade Vélodrome de Marseille, Toulon reçoit Toulouse pour un match où l’enjeu dépasse largement le simple classement.

Avec cinq points de retard sur les places qualificatives au classement Top 14, les Toulonnais jouent leur survie en phase finale. Mais avant cela, il y a un spectre à exorciser : celui du 50-16 infligé par les Haut-Garonnais la saison passée.

Le traumatisme du 50-16 : comment Toulon veut tourner la page

« On n’a pas envie de revivre le même match que l’an passé. » Pierre Mignoni, entraîneur du Rugby Club Toulonnais, a posé les mots sur la table en conférence de presse le 7 mai 2026. Sans détour. Sans euphémisme.

Le 50-16 encaissé face à Toulouse lors de la saison 2024-2025, au Stade Vélodrome, reste une blessure ouverte. Une déroute qui avait accompagné l’élimination des Toulonnais en quart de finale de Top 14.

Mignoni nuance pourtant : « C’est toujours difficile. Sincèrement, je ne pense pas que l’on soit dans le même état que l’an passé après notre élimination en quart face à Toulouse. » Une façon d’admettre que la comparaison pèse, tout en affirmant que le groupe a progressé.

Car à ce traumatisme s’en ajoute un autre, plus récent. Toulon vient d’être éliminé en demi-finale de Champions Cup par le Leinster (29-25). Une défaite frustrante, au bout du suspense, qui laisse des traces physiques et mentales. Enchaîner avec Toulouse six jours après cette défaite : un défi autant psychologique que physique.

Toulouse revanchard : une arme à double tranchant pour Toulon

« Ce match n’a clairement pas été à notre avantage. On sait très bien qu’ils n’ont pas joué la semaine d’avant. On sait très bien qu’ils ont perdu chez eux. On connaît le contexte et on sait que Toulouse sera revanchard. » Mignoni, le 7 mai 2026, ne se voile pas la face.

Toulouse arrive à Marseille dans une configuration particulière selon Midi OlympiqueChampion de France en titre, le Stade Toulousain a pourtant perdu à domicile lors de la journée précédente et n’avait pas joué la semaine d’avant. Une préparation hachée, un orgueil blessé : les ingrédients d’une équipe qui voudra répondre.

Mignoni le sait. Il le dit. Mais cette lucidité est aussi une arme. Toulouse revanchard, c’est Toulouse potentiellement prévisible. Une équipe qui joue sur l’émotion peut se découvrir. Toulon, dos au mur, pourrait en profiter si la discipline défensive est au rendez-vous.

La fenêtre est étroite, mais elle existe.

Cinq points de retard : Toulon n’a pas le choix

Mignoni est direct sur l’enjeu : « On n’a pas le choix. C’est évident. On va commencer par ce match contre Toulouse. » Cinq points de retard sur les places qualificatives, c’est récupérable. Mais pas en perdant.

Toulon devra composer avec des absences. David Ribbans est forfait, touché au dos. Charles Ollivon, capitaine et symbole du club, est incertain. Deux cadres potentiellement absents pour le match le plus important de la saison.

La fatigue post-Champions Cup s’ajoute à l’équation : une demi-finale européenne à haute intensité, puis Toulouse six jours plus tard. Peu d’équipes absorbent ce calendrier sans casse.

Samedi, Toulon devra prouver que le 50-16 n’était pas une fatalité. Mignoni a posé les mots sur la table : la peur existe, l’enjeu est vital. Reste à savoir si le groupe peut transformer l’un en carburant de l’autre.

Toulon parviendra-t-il à exorciser ce spectre du 50-16, ou le match de samedi scellera-t-il son élimination des phases finales ?

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