MVZ SPORTS
Rugby

« On ne devrait pas demander à Bordeaux de faire 200 000 euros de place dans son salary cap » : Lacroix défend l’UBB et le contrat de LBB avec Adidas

Par Maxime Aulne
Retrouvez MVZ Sports sur GoogleAjoutez notre source pour suivre nos actualités sport plus facilement

Didier Lacroix estime que l’UBB ne devrait pas voir son plafond salarial amputé de 200 000 euros à cause d’un contrat individuel négocié par Louis Bielle-Biarrey avec Adidas.

Le président du Stade toulousain ne révèle pas ici le montant confirmé d’un contrat. Il construit une hypothèse pour attaquer la franchise de 100 000 euros prévue dans l’évolution des règles du plafond salarial présentée en mai 2026.

Pourquoi Lacroix évoque précisément 200 000 euros

Le raisonnement fait partie d’un montant hypothétique de 300 000 euros par an pour le contrat individuel liant Louis Bielle-Biarrey à Adidas. Ce chiffre a été avancé par Didier Lacroix, mais il n’a été confirmé ni par le joueur ni par l’équipementier.

Dans le dispositif décrit par le dirigeant toulousain, les contrats personnels conclus avec l’équipementier d’un club bénéficieraient d’une franchise plafonnée à 100 000 euros. Si le contrat de Bielle-Biarrey atteignait réellement 300 000 euros, les 200 000 euros restants pourraient donc entrer dans la déclaration de l’UBB au titre du plafond salarial.

« Si Louis Bielle-Biarrey a un contrat de 300 000 euros avec Adidas, c’est qu’il mérite ce contrat », se défend Didier Lacroix. Il poursuit en estimant que Bordeaux ne devrait pas avoir à dégager 200 000 euros simplement parce que son ailier a bien négocié un engagement commercial individuel.

Son objection porte sur le lien créé entre la rémunération commerciale d’un joueur et la marge salariale de son club. Laurent Marti pourrait, dans le scénario présenté par Lacroix, être contraint de réintégrer cette différence dans la déclaration transmise au responsable du plafond salarial.

Une défense de l’UBB qui dépasse la rivalité avec Toulouse

Didier Lacroix critique une règle susceptible de toucher un concurrent direct du Stade toulousain. Sa prise de position défendue surtout un principe : la valeur commerciale acquise personnellement par un joueur ne devrait pas réduire automatiquement la capacité de recrutement ou de prolongation de son club.

Le statut de Louis Bielle-Biarrey donne du poids à son exemple. Sportune a rapporté le 16 septembre 2026 que l’UBB avait prolongé l’ailier jusqu’en 2029 et que celui-ci avait rejoint Adidas en avril 2026. Les conditions financières de son partenariat restent cependant confidentielles.

Cette discussion concerne également un club devenu une référence sportive. La fiche historique de l’UBB sur Wikipédia rappelle qu’en 2025, Bordeaux devient le cinquième club français à remporter la Champions Cup de rugby après le Stade toulousain, le CA Brive, le RC Toulon et le Stade rochelais.

L’exemple bordelais révèle ainsi un possible effet de bord de la réglementation. Plus un joueur développe une valeur commerciale forte, plus son contrat personnel avec une marque liée au club peut créer une contrainte dans le calcul du plafond salarial.

La franchise de 100 000 euros au cœur du désaccord

Didier Lacroix juge arbitrairement le plafond de 100 000 euros. Il regrette que les échanges organisés autour de la réforme n’aient pas permis d’examiner en profondeur les conséquences de ce seuil, malgré trois visioconférences d’une heure et demi au cours dont les clubs ont pu s’exprimer.

Le président toulousain réclamait une refonte plus large du système. Son désaccord ne vise donc pas uniquement le cas Bielle-Biarrey. Il porte sur la méthode retenue pour séparer un véritable contrat d’image individuel d’un avantage susceptible de contourner le plafond salarial.

Cette distinction reste le point sensible. Une règle trop souple pourrait faciliter les rémunérations indirectes. Une règle trop rigide pourrait pénaliser un club pour la notoriété et les performances commerciales d’un joueur. Lacroix place l’UBB au centre de ce débat pour montrer que la franchise actuelle peut produire une charge de 200 000 euros sans que le club ait lui-même négocié le contrat concerné.

Son argument tient donc en une ligne : si les 300 000 euros évoqués correspondent réellement à la valeur personnelle de Louis Bielle-Biarrey, Bordeaux ne devrait pas être obligé de sacrifier 200 000 euros de marge dans son plafond salarial. La portée exacte de cette contestation dépend désormais du texte réglementaire définitif et de la manière dont les contrats seront examinés par la Ligue.





Auteur

Maxime Aulne

Journaliste sportif, fondateur de MVZ Sports et directeur de la publication. Je couvre le cyclisme, le rugby et l'économie du sport, et je réponds de ce qui est publié sur le site.

Voir ses articles