« On ne se rend pas compte de l’exploit » : Dupont savoure le 4e Brennus de Toulouse
Retrouvez MVZ Sports sur GoogleAjoutez notre source pour suivre nos actualités sport plus facilement
Antoine Dupont savoure le 4e Brennus consécutif de Toulouse, remporté face à Montpellier (28-20) au Stade de France, mais avoue ne pas encore réaliser l’ampleur de l’exploit une lucidité rare chez un homme qui a pourtant tout gagné.
Toulouse décroche son 25e titre de champion de France, s’offrant un quadruplé inédit dans le format actuel du Top 14. Antoine Dupont, le capitaine, révèle comment l’humilité et la lucidité coexistent face à un moment que peu de joueurs connaîtront jamais dans leur carrière.
« On ne se rend pas compte de l’exploit » : Dupont face à l’inédit
La phrase est tombée dans le feu des célébrations, et elle résume tout. « On ne se rend pas compte pour le moment de l’exploit que l’on fait. » Gagner quatre titres d’affilée en Top 14 quand on voit la difficulté que c’est que de gagner des matches chaque week-end et l’étau qui se resserre d’année en année, mais on arrive à rester là, à garder cette motivation et cette envie. Il faut vraiment savourer ces moments car ils sont rares et précieux.
Toulouse est seulement la troisième équipe de l’histoire du rugby français à réaliser un quadruplé consécutif après le Stade Bordelais (1904-1907) et Toulouse lui-même (1994-1997). Dans le format actuel du Top 14, personne n’avait jamais fait ça.
Dupont le formule autrement : « On ne se rend vraiment pas compte de la chance que l’on a de gagner ce Brennus quatre fois d’affilée. » Certains joueurs immenses ont passé toute une carrière sans le toucher une seule fois.
Ce qui rend cette déclaration frappante : Dupont est champion olympique, considéré comme le meilleur demi de mêlée du monde. Il a tout gagné. Et pourtant, il parle de chance pas de mérite, pas de supériorité.
« On s’en fout, c’est un Bouclier de plus » : la lucidité du champion
La finale n’a pas été un chef-d’œuvre Toulouse le reconnaît sans détour. Toulouse a dominé la première période avant de voir Montpellier revenir en deuxième mi-temps. Le score final de 28-20 raconte une domination qui a failli se fissurer. Dupont ne s’attarde pas sur les performances individuelles.
« On ne fait pas le match de l’année, mais on s’en fout, c’est un Bouclier de plus. » Ça marque notre génération dans le club et dans le rugby français.
Dupont l’assume : « On a voulu gérer, mais parfois un peu trop en oubliant de jouer au rugby. On s’est fait peur, mais on a été très solidaires. »
La solidarité pas le talent, pas le système, pas le coach. La solidarité. Et quand on sait que Toulouse a remporté 4 Brennus consécutifs un exploit que le club n’avait plus réalisé depuis 1994-1997 on comprend que cette solidarité n’est pas un accident : c’est une culture.
« Il faut mesurer la chance qu’on a d’être ici tous les ans et de gagner quatre ans d’affilée, c’est incroyable. »
De spectateur en 2011 à capitaine en 2026 : la boucle de Dupont
Il y a une anecdote dans les déclarations de Dupont qui mérite qu’on s’y arrête.
« Petit, on n’aurait pas imaginé porter ce maillot. Je me souviens en 2011, la finale contre Montpellier, j’étais dans les tribunes et j’étais descendu toucher le Bouclier quand les joueurs avaient fait le tour. »
2011. Toulouse contre Montpellier. Un gamin dans les tribunes du Stade de France qui descend toucher le Brennus. Quinze ans plus tard, ce même gamin est le capitaine qui le soulève contre Montpellier, au Stade de France.
Ce 4e titre a une saveur particulière pour Dupont : il avait manqué la finale 2025 sur blessure et regardé ses coéquipiers soulever le Bouclier sans lui.
La fête sera courte : Dupont rejoint l’équipe de France dans les prochains jours.
Lui qui était enfant spectateur en 2011 sait mieux que quiconque que ces moments ne durent pas.
Toulouse a tout gagné. Dupont, lui, a surtout compris pourquoi c’est précieux.