« On n’est pas trop consulté donc c’est dommage » : Thomas Ramos conteste la règle qui bouscule les buteurs
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Thomas Ramos ne conteste pas uniquement les 15 secondes retirées aux buteurs : il reproche surtout aux instances d’avoir modifié leur travail sans prendre le temps de consulter les joueurs concernés.
Son agacement s’est exprimé après la victoire du Stade Toulousain contre l’Union Bordeaux-Bègles, le 13 septembre 2026. Malgré le grand succès toulousain, 48-12, l’arrière international du rugby tricolore a manqué ses trois premières transformations.
La séquence aurait pu rester une simple soirée sans réussite face aux perches. Ramos l’a replacée dans un débat plus large : depuis le début de la saison, le temps disponible pour transformer un essai est passé de 60 à 45 secondes.
Quinze secondes qui modifient la préparation du buteur
Pour un joueur déjà placé près du point de transformation, la réduction peut sembler limitée. La situation change lorsque le buteur évolue à l’arrière et doit traverser une partie du terrain après un essai marqué loin de sa position.
Thomas Ramos a précisément insisté sur cette contrainte au micro de Canal+ : « Moi qui joue à l’arrière, si l’essai est à l’opposé, il ne te reste pas beaucoup [de temps]. » Le chronomètre ne concerne donc pas uniquement la prise d’élan. Il inclut également la récupération du ballon, l’installation du tee et la routine précédant la frappe.
Face à l’UBB, cette nouvelle cadence a accompagné un début de match inhabituel pour le Toulousain, avec trois échecs consécutifs sur transformation. Aucun lien automatique ne peut toutefois être établi entre le chronomètre et ces tirs manqués. Ramos lui-même a refusé de s’abriter derrière la règle.
« Je ne vais pas me trouver d’excuses sur ça ce soir », a-t-il précisé. Après son 0 sur 3, il a laissé le tee à Romain Ntamack, qui a pris le relais. Ce choix immédiat a protégé l’efficacité collective pendant que Toulouse prenait nettement le dessus.
Thomas Ramos réclame une discussion avec les joueurs
La critique la plus nette est arrivée lorsque Thomas Ramos a quitté le seul terrain technique. Pour lui, une évolution qui affecte directement la routine des buteurs aurait dû être discutée avec ceux qui l’appliquent chaque semaine.
« Ce serait bien que sur des décisions comme ça puisse on échanger avec les acteurs. On n’est pas trop consulté donc c’est dommage », at-il déclaré après la rencontre. Cette phrase place la méthode de décision au centre du désaccord.
Ramos ne rejette pas l’objectif recherché. Il admet que la réduction du délai peut servir la volonté d’accélérer le jeu : « Ils veulent mettre du rythme, peut-être qu’ils en ont eu un peu plus ce soir donc tant mieux. » Son opposition porte davantage sur l’arbitrage effectué sans retour suffisant des spécialistes du poste.
L’arrière estime d’ailleurs que « la majorité des buteurs » aurait préféré conserver une minute. Cette appréciation reste son opinion et ne correspond pas à une consultation publiée de l’ensemble des joueurs. Elle souligne néanmoins le décalage qu’il perçoit entre les décideurs et les exécutants.
Une soirée ratée face aux perches, un débat qui la dépasse
Le score final empêche de réduire la rencontre aux trois échecs de Thomas Ramos. Toulouse a dominé l’UBB 48-12, tandis que Romain Ntamack a assuré la suite des transformations. Le buteur habituel a reconnu son manque de réussite et accepté de passer la main.
Sa prise de position conserve pourtant du poids dans une période particulière de sa carrière. Le 4 août 2026, Ouest-France a rapporté l’officialisation de son départ vers le Racing 92 à l’issue de la saison 2026-2027. Cette saison doit donc référer un long chapitre toulousain pour l’arrière.
Son message après l’UBB dépasse son cependant cas personnel. La réduction de 60 à 45 secondes transforme une routine précise, travaillée par des joueurs dont le placement sur le terrain varie au moment de l’essai. Ramos exige que leur expérience soit intégrée avant l’adoption de changements comparables.
La contestation ne se résume donc pas à un buteur frustré par trois tentatives manquées. Thomas Ramos a assumé ses échecs, salué le relais pris par Ntamack et reconnu la recherche de rythme. Il maintient une objection claire : changer une règle qui touche directement les joueurs sans organiser un véritable échange avec eux laisse les principaux intéressés à l’écart de la décision.