Rugby

“On parle à peu près le même rugby” : Ntamack révèle pourquoi le duo avec Jalibert peut tenir

Par Gilles
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Romain Ntamack n’a pas seulement salué la performance de Matthieu Jalibert : il a donné la clé qui peut rendre leur association crédible avec le XV de France.

Depuis des années, le débat revient presque toujours au même point : Ntamack ou Jalibert ? L’un incarne la continuité toulousaine, l’autre la créativité bordelaise. Deux ouvreurs, deux profils, une rivalité sportive souvent entretenue autour du numéro 10.

Face à l’Australie, Fabien Galthié a choisi une autre lecture. Plutôt que de les opposants, le sélectionneur a tenté de les associer, avec Jalibert décalé à l’arrière et Ntamack à l’ouverture. La victoire française, annoncée sur le score de 42-26, donne forcément du poids à l’expérience.

Mais le plus intéressant se trouve dans les mots de Ntamack. Sa phrase, « On parle à peu près le même rugby », ne ressemble pas à une simple formule de vestiaire. Elle dit quelque chose de très précis sur leur compatibilité.

Une association qui change le vieux débat Ntamack-Jalibert

Le duo était attendu parce qu’il touche à un sujet sensible du rugby français : la cohabitation de deux joueurs longtemps présentés comme concurrents directs. Ntamack et Jalibert ont souvent été placés dans une logique de choix. L’un ou l’autre. Très rarement l’un avec l’autre.

Le test contre l’Australie a déplacé le problème. Jalibert n’a pas été utilisé comme un double de Ntamack, mais comme un arrière capable d’entrer dans la ligne, d’occuper le terrain au pied et de proposer une deuxième option de lecture. C’est là que l’idée devient plus solide qu’un simple bricolage.

Ntamack a lui-a rappelé que la préparation même avait été courte. Il explique avoir surtout travaillé avec Antoine Hastoy pendant la semaine, avant de retrouver Jalibert seulement sur la mise en place. Malgré ce temps réduit, les repères auraient été trouvés rapidement.

Ce détail compte. Si deux joueurs ont besoin de longues semaines pour exister ensemble, l’option reste fragile. Si les automatismes apparaissent vite, même dans un contexte imparfait, le staff peut y voir une piste réelle.

Pourquoi la phrase de Ntamack apporte plus qu’un compliment

La phrase exacte de Ntamack mérite d’être lu en entier. « On parle à peu près le même rugby. Au vu du système de jeu, l’ouvreur et le 15 se suppléent quand même beaucoup, donc c’est facile de trouver les repères. »

Ce n’est pas seulement un compliment formulé à Jalibert. Ntamack décrit une mécanique. Dans le système français, le numéro 10 et le numéro 15 ne restent pas figés dans leur couloir. Ils alternent, se couvrent, se remplacent dans certaines zones et peuvent devenir tour à tour premier ou deuxième distributeur.

Dans ce cadre, Jalibert à l’arrière n’est pas uniquement un arrière de relance. Il devient une deuxième tête de jeu. Ntamack peut organiser, Jalibert peut apparaître plus loin dans la ligne, attaquer un intervalle, prendre un coup de pied à son compte ou servir de relais.

Exemple concret : sur une séquence de sortie de camp, Ntamack peut fixer la défense au centre du terrain, pendant que Jalibert se place plus profondément pour couvrir le pied long ou relancer si le ballon revient. Sur une attaque placée, Jalibert peut ensuite remonter dans la ligne et offrir une deuxième menace de passe après le premier mouvement. Pour une défense, cela oblige à surveiller deux lecteurs du jeu au lieu d’un seul.

La passe au pied évoquée pour Aaron Grandidier illustre aussi cette idée d’alternance. Quand les deux joueurs peuvent varier entre main, pied et déplacement, le XV de France gagne en imprévisibilité sans nécessairement perdre son cadre.

La vraie question : comment intégrer Thomas Ramos ?

Le duo Ntamack-Jalibert peut tenir, mais il ne règle pas tout. Thomas Ramos reste un joueur majeur de l’équation française. Son profil d’arrière-buteur, sa lecture du jeu et son expérience dans le système de Galthié font toute projection plus complexe.

C’est même le principal enjeu pour la suite. Si Jalibert convainc en 15, le staff gagne une option offensive très séduisante. Mais il doit alors arbitrer avec Ramos, dont la fiabilité et le rôle au pied ont souvent pesé dans les choix du XV de France.

L’intérêt de l’association Ntamack-Jalibert, c’est qu’elle ne repose pas sur une opposition frontale. Elle permet d’imaginer un triangle de décision plus riche : Ntamack pour organiser, Jalibert pour créer et attaquer les espaces, Ramos pour sécuriser et peser dans la gestion. Reste à savoir quel équilibre donne le plus de garanties sur un match à haute pression.

La déclaration de Ntamack ne se transforme donc pas automatiquement ce duo en solution définitive. Elle montre plutôt pourquoi l’essai mérite d’être prolongé. Quand deux joueurs aussi dominants techniquement disent le même rugby, le XV de France aurait tort de refermer trop vite cette porte.

Auteur

Gilles

Golfeur (index 12) nourri aux sports de combat et à la tactique. J'aborde l'actu sportive avec flegme. Je décortique la performance et la stratégie sans jamais forcer. Une plume relax qui analyse tout le secteur du sport, du green de golf à l'octogone du MMA.

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