Rugby

«On sait qu’il n’y aura pas d’autres chances» : Dupont n’a pas digéré 2023, et la Coupe du monde 2027 obsède déjà les Bleus

Par Gilles Marchetti
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Antoine Dupont parle déjà de 2027 comme d’un rendez-vous qui dépasse son cas personnel : pour une partie des Bleus, la prochaine Coupe du monde pourrait bien être la dernière grande fenêtre.

La phrase claque parce qu’elle ne ressemble pas à une formule de façade. «On sait qu’il n’y aura pas d’autres chances», lâche Antoine Dupont au moment d’évoquer la Coupe du monde 2027, prévue en Australie du 1er octobre au 13 novembre.

Le capitaine du Stade Toulousain ne présente pas ce Mondial comme un objectif lointain. Il le relaie déjà à la saison qui s’ouvre, à la reprise du Top 14, à la Coupe d’Europe, à la Coupe des Nations de novembre et au Tournoi. Chez lui, 2027 n’est pas un décor. C’est une ligne de fond.

2023 reste le point de départ de cette obsession

Le cœur de son discours tient dans une autre phrase, plus lourde encore : «Je pense que toute notre génération, on a manqué le rendez-vous de 2023.» Le quart de finale perdu contre l’Afrique du Sud n’est donc pas rangé dans une boîte à souvenirs. Il sert de repère, presque de cette sportive.

Dupont ne parle pas seulement de revanche personnelle. Il inclut une génération entière, celle qui avait porté une attente immense autour du XV de France avant le Mondial à domicile. Cette lecture change le poids de 2027 : il ne s’agit pas seulement de gagner une compétition, mais de réparer une occasion que les Bleus savent unique dans une carrière.

Le mot important, ici, est peut-être « génération ». Il évite de réduire le sujet à Dupont seul. La demi de mêlée reste la figure centrale, mais son propos vise un groupe dont le cycle international arrive à un moment décisif.

Dupont veut préparer 2027 sans fuir le présent

Le paradoxe est là : Dupont a déjà 2027 dans la tête, mais la star du rugby français insiste sur les étapes immédiates. « Ça commence maintenant », explique-t-il, en parlant de sérieux, d’exigence et de concentration pour être prêt en octobre 2027.

Il cite les échéances qui arrivent : la Coupe des Nations en novembre, la Coupe d’Europe avec Toulouse, puis le Tournoi. Cette liste donne une idée de sa méthode. Le Mondial ne se prépare pas dans les grandes déclarations, mais dans l’accumulation des matchs, des retours de forme, des automatismes et de la régularité.

Cette nuance compte pour un joueur qui sort d’une période moins linéaire, entre retour de blessure et manque d’enchaînement. Dupont ne vend pas une certitude. Il décrit une trajectoire à reconstruire, avec assez d’objectifs proches pour éviter de vivre uniquement dans l’attente de l’Australie.

La fenêtre 2027 donne déjà sur toute une génération bleue

La Coupe du monde 2031, organisée aux États-Unis, existe dans l’horizon. Dupont ne l’écarte pas, mais il refuse d’en faire une garantie. «Les jambes seront différentes, l’âge sera avancé», dit-il, en rappelant qu’il aura alors 33 ans.

C’est ce qui donne de la force à son message sur 2027. Pour plusieurs cadres, le prochain Mondial peut représenter le dernier rendez-vous disputé au sommet de leur carrière. La pression est là, mais Dupont cherche à la transformer en énergie : «plus d’énergie et de niaque pour aller la chercher», formule-t-il.

Le contexte de club renforce aussi cette lecture longue. Le Monde a rapporté en 2025 qu’Antoine Dupont avait prolongé son contrat avec le Stade toulousain jusqu’en 2031. Son avenir toulousain semble donc posé, mais le pic international à viser se situe beaucoup plus près : l’Australie, en 2027.

Au fond, Dupont ne raconte pas une obsession abstraite. Il fixe un compte à rebours. Après 2023, le XV de France n’a plus besoin qu’on lui rappelle ce qu’il a laissé passer. Il sait désormais ce qu’il lui reste à aller chercher.





Auteur

Gilles Marchetti

Journaliste sportif, chef de rubrique rugby. Je suis le Top 14, la Champions Cup et le XV de France au quotidien, avec une entrée par le jeu plutôt que par la déclaration.

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