« On va essayer de les concasser » : le défi lancé aux Baby Blacks avant la demi-finale mondiale pour les U20 du XV de France
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Avant la demi-finale mondiale U20 contre les Baby Blacks, Roméo Bonnard-Martin a posé le décor sans détour : les Bleuets veulent répondre au défi néo-zélandais par l’impact, surtout en défense.
La phrase claque, mais elle n’est pas lancée au hasard. « On va essayer de les concasser », a prévenu Roméo Bonnard-Martin avant le choc entre l’équipe de France U20 et la Nouvelle-Zélande U20. Derrière la formule, il y a surtout une lecture assez nette du match qui arrive.
Les Bleuets savent qu’ils ne vont pas affronter une équipe quelconque. Les Baby Blacks gardent ce poids symbolique, le maillot noir, le haka, l’histoire. Mais dans la préparation française, le sujet semble beaucoup plus concret : comment répondre à un pack néo-zélandais dense, puissant, capable d’user l’adversaire devant ?
Après le combat remporté contre l’Australie, la France U20 arrive avec une certitude : elle a déjà traversé un match sous tension. Reste maintenant à transformer cette expérience en plan de bataille.
Un message clair : les Bleuets veulent frapper les premiers en défense
La déclaration de Roméo Bonnard-Martin ne doit pas être lue comme une provocation gratuite. Elle dit surtout où les Bleuets veulent placer le match. Face aux Baby Blacks, l’idée n’est pas de subir la puissance adverse, mais de la contester dès les premiers contacts.
Le joueur insiste sur un point : la Nouvelle-Zélande U20 a été étudiée à la vidéo. Les Français ont vu une équipe « très dense devant », « très impactante », avec un gros pack d’avants. Ce n’est donc pas un défi abstrait. C’est un problème identifié.
Le plus important, dans cette histoire, c’est défense, en rugby . Bonnard-Martin ne promet pas de marcher sur les Néo-Zélandais ballon en main. Il parle de les « concasser » comme les Bleuets l’ont fait sur la défense. En clair : gagnez la ligne d’avantage sans ballon, coupez l’élan, forcez les Baby Blacks à jouer dans l’inconfort.
Exemple concret : si les Néo-Zélandais insistent près des rucks, multiplient les charges courtes ou cherchent à installer leurs ballons portés, la réponse française devra être immédiate. Plaquage dominant, montée collective, soutien au concours, puis sortie propre de la zone rouge. C’est ce genre de séquence qui peut changer l’ambiance d’une demi-finale.
Le match contre l’Australie a déjà servi de répétition sous pression
Les Bleuets ne sortent pas d’un match tranquille. Leur qualification s’est construite après un gros combat contre l’Australie, avec une fin de rencontre serrée, crispante, mais tenue. Pour une génération U20, ce genre de passage compte presque autant qu’un grand succès.
Roméo Bonnard-Martin l’a dit lui-même : ce match a permis au groupe de comprendre comment gérer une rencontre sous stress, notamment avec cinq points d’avance. C’est exactement le type de situation qui peut revenir dans une demi-finale mondiale.
Ce détail est important. Contre les Baby Blacks, les Bleuets ne pourront pas seulement compter sur l’intensité. Il faudra aussi savoir fermer un temps faible, accepter de défendre longtemps, ne pas offrir une pénalité facile et garder assez de lucidité pour sortir du camp français.
La France U20 semble donc avancer avec deux bagages : la confiance d’un match gagné au mental contre l’Australie, et la conscience qu’il reste encore des choses à régler. C’est plutôt sain. Une demi-finale ne se joue pas avec des certitudes gonflées à bloc, mais avec un plan clair et assez de maîtrise pour ne pas le lâcher au premier coup dur.
Un défi physique, mais aussi émotions face au maillot noir
Affronter la Nouvelle-Zélande, même en U20, ne ressemble jamais totalement à un autre match. Bonnard-Martin reconnaît qu’il y aura de l’émotion. Pour beaucoup de joueurs, c’est même une première face à cette nation. Le haka, le maillot noir, l’imaginaire autour des Baby Blacks : tout cela existe.
Mais le discours français évite de tomber dans la fascination. Les Bleuets veulent préparer cette demi-finale « comme les autres », avec le même sérieux, la même vidéo, la même logique de match. C’est probablement la bonne approche. Respecter l’adversaire, oui. Le regarder jouer, non.
Il y a aussi un autre facteur à surveiller : l’usure. Roméo Bonnard-Martin sort d’une longue saison, entre premiers pas au plus haut niveau, parcours avec les Espoirs, Grand Chelem avec les Bleuets et Coupe du monde U20. Il reconnaît que « ça commence un peu à tirer » physiquement.
Ce n’est pas anodin avant une demi-finale qui s’annonce très lourde devant. Les Bleuets auront besoin d’énergie, mais aussi de gestion. Monter très fort pendant vingt minutes ne suffira pas si les Baby Blacks installent un bras de fer sur la durée.
La phrase de Bonnard-Martin donne donc le ton : la France U20 ne veut pas attendre de voir ce que propose la Nouvelle-Zélande. Elle veut imposer son niveau de collision, répondre au défi du pack adverse et s’appuyer sur la défense pour faire basculer le match. C’est ambitieux. Mais au moins, le plan est lisible.