Accusé de contourner le plafond salarial, le Stade Toulousain contre-attaque. Ses avocats dénoncent des accusations « délirantes » et remettent en cause la légalité même du règlement du Salary Cap de la Ligue Nationale de Rugby.
Une enquête publiée par L’Équipe affirme que le Stade Toulousain et sa star Antoine Dupont auraient contourné le Salary Cap via des contrats d’image conclus avec des partenaires privés.
Face à ces soupçons de « salaires déguisés », le club rouge et noir et le capitaine des Bleus ont décidé de riposter frontalement par la voix de leurs conseils.
Des prestations d’image assumées
Au cœur du dossier figurent les sommes versées par la société 3S-Alyzia, estimées à 1,5 million d’euros pour Antoine Dupont depuis 2017. Pour les avocats, il ne s’agit en aucun cas d’un montage occulte, mais de prestations réelles correspondant au statut du joueur.
Maître Jean Iglesis, conseil d’Antoine Dupont, met en avant la dimension internationale de son client. Selon lui, il n’y a rien de choquant à ce qu’un joueur considéré comme l’un des meilleurs au monde perçoive des montants élevés pour des opérations de représentation, même sur des durées limitées.
La défense rejette donc catégoriquement toute idée de travail dissimulé ou de rémunération déguisée.
Un règlement jugé incohérent et illégal
Le point le plus explosif de la riposte concerne la légalité même du règlement du Salary Cap. Si le texte actuel de la Ligue prévoit l’intégration de certaines sommes liées à l’image dans l’assiette du plafond salarial, Maître Bruno Cavalié, avocat du club, conteste ce fondement.
Selon lui, inclure ces revenus dans le calcul serait juridiquement infondé. Il dénonce un dispositif « incohérent » et « illégal » sur ce point précis, ouvrant la porte à une bataille juridique d’ampleur.
Autrement dit, le Stade Toulousain ne se contente pas de nier les accusations : il attaque le système.
Le cas Fiducial et la structure Bros
Autre volet sensible : un contrat avec la société Fiducial qui n’aurait pas été déclaré au « salary cap manager ». La défense invoque une subtilité contractuelle. Le contrat lierait l’entreprise à l’agence d’image Bros dont Antoine Dupont est actionnaire et non directement au joueur.
Selon cette lecture, les revenus concernés ne relèveraient donc pas du périmètre du plafond salarial.
Antoine Dupont reste concentré sur le terrain
Actuellement engagé dans le Tournoi des Six Nations avec le XV de France, Antoine Dupont a choisi de ne pas alimenter la polémique. Il a indiqué ne pas vouloir « perdre d’énergie » sur cette affaire, laissant ses avocats gérer le dossier.
Ce bras de fer entre le Stade Toulousain et la Ligue Nationale de Rugby dépasse le simple cas d’un contrat d’image. Il pose la question plus large de la frontière entre rémunération sportive et valorisation marketing dans le rugby professionnel.
Si la bataille devait se poursuivre sur le terrain juridique, elle pourrait bien redéfinir les contours du Salary Cap en France.