« Si on me sonde, je suis partant »: Meilleur ailier d’Europe, LBB postule pour l’or olympique à Los Angeles en rugby à 7
Retrouvez MVZ Sports sur GoogleAjoutez notre source pour suivre nos actualités sport plus facilement
Quand la fusée de l’Union Bordeaux-Bègles décide de calquer sa trajectoire spatiale sur celle d’Antoine Dupont. En ce lundi 6 juillet 2026, le rugby français bruisse d’une ambition olympique fracassante.
Auréolé d’une saison 2025-2026 stratosphérique où il a pulvérisé des records centenaires, l’ailier du XV de France Louis Bielle-Biarrey (LBB) a officiellement fait acte de candidature pour rejoindre l’équipe de France de rugby à 7 en vue des Jeux Olympiques de Los Angeles 2028. Un renfort de poids pour les tenants du titre olympique, alors que la Fédération Française de Rugby et l’état-major bordelais se disent déjà prêts à ouvrir les négociations pour libérer le joueur le plus rapide d’Europe.
Louis Bielle-Biarrey ne se contente plus de survoler les pelouses de Top 14 et de terrasser les défenses continentales ; il écrit l’histoire à la pointe de ses crampons. Écarté des terrains au début du mois de juillet pour un repos bien mérité, le phénomène de l’UBB a profité de cette trêve médiatique pour envoyer un message clair aux instances nationales. À seulement 23 ans, l’ailier aux cannes de feu veut s’offrir le « Graal » olympique, un défi titanesque qui fait saliver la planète ovale mais exige une gymnastique contractuelle et physique de haute voltige.
Le meilleur ailier d’Europe postule pour l’or olympique
Neuf essais en un seul Tournoi des Six Nations. Ce chiffre, posé comme ça, ne dit pas tout. Il faut préciser que le record précédent datait de 1914. Cent douze ans d’histoire du rugby européen effacés en six matchs. LBB ne fait pas que jouer bien : il réécrit les livres de records.
Le bilan de sa saison 2025-2026 parle seul. Deux titres de meilleur joueur du Tournoi des Six Nations consécutives , le premier joueur à réaliser ce doublé depuis Antoine Dupont en 2022-2023. Dix-huit essais en 14 matchs de Tournoi au total, ce qui le place au cinquième rang des meilleurs marqueurs de l’histoire de la compétition. Vingt-neuf essais en 27 sélections avec le XV de France.
En club, c’est la même histoire. Quarante-sept essais en Top 14 avec l’Union Bordeaux-Bègles, meilleur total de l’histoire du club. Vingt-huit essais en 24 matchs lors de la seule saison 2025-2026. Une vitesse de pointe mesurée à 38,5 km/h. Et pour couronner le tout, une Champions Cup 2026 remportée face au Leinster sur le score de 41-19 à Bilbao, deuxième titre européen consécutif de l’UBB.
LBB note 8,5/10 en finale de Champions Cup par Rugbypass. Pas un hasard. Pas un accident de parcours. Une constance qui rend le qualificatif de « meilleur ailier d’Europe » non pas flatteur, mais factuel.
C’est précisément ce profil vitesse, explosivité, volume de marquage qui rend son ambition olympique en rugby à 7 non seulement compréhensible, mais crédible. Le rugby à 7 récompense exactement les qualités qui font de LBB un monstre en XV. Un ailier capable de filer à 38,5 km/h sur un terrain à moitié vide est une menace directe dans le format olympique.
Lui-même ne cache pas d’où vient l’envie. « C’est vraiment le Graal pour tout sportif. Si j’ai l’opportunité de les faire, ce sera avec grand plaisir. Surtout à Los Angeles, ça donne envie sur le papier. Les Jeux Olympiques, c’est magique. »
« La porte est ouverte » : comment la FFR et l’UBB envisagent son passage au rugby à 7
Jérôme Daret, directeur général de France 7, n’a pas tergiversé. « Louis Bielle-Biarrey est l’un des meilleurs joueurs du monde en ce moment. Il n’y a pas de débat sur sa capacité à y rentrer. » Voilà qui règle la question sportive.
La porte institutionnelle, elle, est décrite comme « ouverte de manière stratégique ». Ce n’est pas rien. Daret ne dit pas « on verra », il dit qu’il n’y a pas de débat sur la capacité. Ce qui signifie que si LBB frappe à cette porte, elle ne sera pas fermée à clé.
Du côté de la Fédération Française de Rugby, Florian Grill adopte une position plus prudente mais pas négative : « Louis serait un excellent joueur de rugby à 7. Pour l’instant, il n’y a pas de discussions, tout doit partir de l’envie des joueurs. » Traduction : la FFR ne bloque pas. Elle attend le signal du joueur.
Ce signal, LBB l’a envoyé publiquement dans L’Équipe. « Si on me sonde, je suis partant. » Le message est dépassé.
Et puis il y a le conseil d’Antoine Dupont. Champion olympique en rugby à 7 à Paris 2024 victoire 28-7 en finale contre les Fidji Dupont sait exactement de quoi il parle. Son message à LBB est sans ambiguïté : « Si tu peux, fais-les, c’est vraiment génial. » Dupont n’a pas exclu une participation à Los Angeles 2028. L’idée de voir les deux meilleurs joueurs français de leur génération réunis sous le maillot de France 7 reste une hypothèse, mais elle n’est plus absurde.
LBB a d’ailleurs confié comment l’envie est née. « Je n’ai pas eu de déclic particulier. Mais quand j’ai su qu’Antoine allait les faire en 2024, j’ai pensé : punaise, c’est cool, ça pourrait me plaire. » Dupont a ouvert une porte. LBB veut la franchiser.
Les trois conditions pour que le rêve olympique devienne réalité
LBB est lucide. Il ne se raconte pas d’histoires. « Ce serait exceptionnel, mais il y a encore plein d’étapes. Ça ne dépend pas que de moi. Il faut que le club soit d’accord, que l’équipe de France à VII soit d’accord et que Yannick Bru soit aussi d’accord. »
Trois verrous. Trois acteurs. Trois négociations à mener en parallèle.
Premier verrou : l’UBB. Laurent Marti, président du club, a confirmé que le sujet est sur la table. « C’est en discussion. Ça fait partie de la négociation globale, c’est un point qui a été évoqué. » Ce n’est pas un refus. C’est une négociation ouverte. LBB a envoyé le terrain favorable : « Laurent et Yannick savent que ça peut être sympa pour moi si ça n’impacte pas trop l’équipe. Dans la mesure où c’est compatible, ils ont envie que je prenne du plaisir. »
Le club bordelais, l’Union Bordeaux-Bègles , a déjà montré sa capacité à négocier des arrangements pour ses meilleurs éléments. Cette flexibilité pourrait jouer en faveur de LBB.
Deuxième verrou : France 7. Jérôme Daret a validé la capacité sportive sans hésiter. Mais rien n’a encore été formalisé. LBB n’apparaît pas dans la liste des joueurs de Top 14 et Pro D2 mis à disposition de France 7 dans le cadre du projet Los Angeles 2028. Sa candidature reste informelle.
Troisième verrou : Yannick Bru. Le sélectionneur du XV de France doit lui aussi donner son accord. Libérer son meilleur ailier pour des tournois de rugby à 7 en pleine préparation internationale, c’est un calcul sportif que Bru devra valider.
Ces trois conditions ne sont pas insurmontables : Dupont les a franchisés en 2024, au prix de négociations longues et d’un calendrier favorable. LBB dispose de deux ans pour construire le même accord.
Louis Bielle-Biarrey veut conjuguer Top 14 et Jeux Olympiques comme Dupont l’a fait avant lui. Son ambition olympique dépendra des négociations entre l’UBB, la FFR et France 7 dans les prochains mois mais la porte, selon Jérôme Daret, est « ouverte ». Et Dupont a déjà prouvé que ce chemin mène à l’or.
LBB tentera-t-il l’aventure olympique en 2028, ou restera-t-il l’un des rares talents de sa génération à ne pas avoir franchi le pas ?