Un an après le scandale Jaminet-Pacific Heart, qui avait ébranlé le Stade Toulousain, le club rouge et noir se retrouve de nouveau sous les projecteurs pour une affaire financière beaucoup plus lourde de conséquences. Une enquête menée par « L’Équipe » révèle des flux financiers opaques entre des sponsors officiels du club et les sociétés personnelles de ses deux stars, Antoine Dupont et Anthony Jelonch. Des montants se chiffrant en millions d’euros, pour des prestations dont l’existence reste floue, soulèvent des questions légitimes sur la légalité de ces transactions et un éventuel contournement du plafond salarial (salary cap). Entre contrats fantômes, droits d’image inexploités et défenses fragiles, cette affaire pourrait coûter cher au Stade Toulousain, jusqu’à des sanctions lourdes et une remise en cause de sa domination sur le rugby français. Voici les détails accablants de cette enquête, les montants en jeu, et les conséquences potentielles pour le club toulousain.
En 2022, le Stade Toulousain avait déjà été sanctionné pour avoir contourné le plafond salarial via un montage financier impliquant Melvyn Jaminet et la société tahitienne Pacific Heart. Une amende de 1,3 million d’euros et un retrait de points avaient frappé le club, marquant un premier scandale financier. Aujourd’hui, « L’Équipe » révèle une nouvelle affaire, beaucoup plus grave : des millions d’euros versés par des sponsors officiels du club à des sociétés appartenant à Antoine Dupont et Anthony Jelonch, pour des prestations dont les preuves manquent cruellement.
Anthony Jelonch aurait touché 170 000 euros pour des prestations inexistantes ou exagérées, tandis qu’Antoine Dupont aurait perçu 1,8 million d’euros sur dix ans pour un contrat de parrainage dont les traces sont introuvables. Qui sont les acteurs impliqués ? Comment ces sommes ont-elles été justifiées ? Et quelles pourraient être les conséquences pour le Stade Toulousain ? Voici l’analyse complète de cette affaire explosive.
1. Le spectre de la récidive : Du dossier Jaminet à une fraude plus large
Un précédent qui pèse lourd
En 2022, le Stade Toulousain avait été sanctionné pour avoir contourné le salary cap via un montage financier douteux : la société Pacific Heart, basée à Tahiti, avait versé des sommes à Melvyn Jaminet pour des droits d’image fictifs. Une manœuvre dénoncée et punie par la Ligue Nationale de Rugby (LNR).
Aujourd’hui, « L’Équipe » soupçonne que ce système n’était pas un cas isolé. Le groupe 3S-Alyzia, partenaire historique du club, serait au cœur d’un nouveau scandale, avec des contrats opaques liant l’entreprise aux sociétés personnelles de Dupont et Jelonch.
Un système qui se répète ?
Les similitudes entre les deux affaires sont frappantes :
- Des sociétés écrans utilisées pour verser des fonds aux joueurs.
- Des prestations fantômes ou surreévaluées.
- Un contournement potentiel du salary cap.
Si ces allégations s’avèrent fondées, le Stade Toulousain risque des sanctions encore plus lourdes que en 2022.
2. Anthony Jelonch : 170 000 euros pour des prestations « fantômes » ?
Un contrat aux obligations floues
Le 1ᵉʳ juillet 2022, la société 3S-Alyzia (spécialisée dans les services aéroportuaires) signe un contrat avec AJ 32, la société personnelle d’Anthony Jelonch. Objectif : exploiter les droits d’image du joueur pour des actions publicitaires.
Problème : Le contrat prévoit que Jelonch doit :
- Rédiger un « journal de bord » sur ses activités et événements liés au rugby.
- Participer à des soirées organisées par 3S-Alyzia.
Montant du contrat : 170 000 euros sur deux ans.
Des prestations jamais réalisées ?
Aucune trace de ce « journal de bord » ou de campagnes publicitaires n’a été trouvée. Interrogé, Jelonch a répondu : « Ça ne me dit rien… Ah si, j’ai fait deux soirées pour eux, je crois. »
Deux interventions pour 170 000 euros ? Le marché estime une telle prestation à 5 000 euros maximum. Où est passé le reste ?
3. Antoine Dupont : 1,8 million d’euros pour un contrat invisible
Un partenariat de dix ans sans preuve
Antoine Dupont, capitaine du XV de France, est lié à 3S-Alyzia depuis dix ans via sa société AD 9 Conseils. Le montant total du contrat : 1,8 million d’euros (200 000 euros par saison).
Problème :
- Aucune mention de ce partenariat sur les réseaux sociaux de Dupont ou de 3S-Alyzia.
- Aucune preuve de campagnes publicitaires ou d’actions concrètes.
Une défense basée sur la confidentialité
L’avocat de Dupont, Me Iglesis, invoque une « clause de confidentialité » : « Monsieur Dupont n’a pas la faculté de lever cet engagement. »
Pourquoi un contrat publicitaire serait-il si secret ? Et pourquoi 3S-Alyzia paierait-elle des sommes aussi élevées pour des prestations invisibles ?
4. Des salaires déguisés pour contourner le salary cap ?
Un système qui avantagerait le club
Si ces versements sont réellement des salaires déguisés, le Stade Toulousain aurait pu :
- Alléger sa masse salariale officielle.
- Contourner le plafond salarial (salary cap).
- Éviter des sanctions pour dépassement de budget.
L’argument du « B2B » contesté
3S-Alyzia défend ces paiements en invoquant une communication « interne » et « institutionnelle » (B2B). Mais :
- Pourquoi payer des droits d’image externes si on ne les utilise pas ?
- Pourquoi aucune trace de ces prestations n’existe-t-elle ?
5. La colère d’Antoine Dupont : « Une chasse aux sorcières »
Un joueur excédé par les contrôles
Antoine Dupont, exaspéré, a dénoncé les contrôles intrusifs de la Ligue : « On arrive dans une chasse aux sorcières où ils veulent démasquer les tricheurs, mais ça en devient ridicule. (…) Ils veulent savoir tout notre patrimoine ! »
Des sanctions possibles
Si la LNR confirme ces irrégularités, le Stade Toulousain risque :
- Une amende millionnaire.
- Un retrait de points.
- Une remise en cause de sa domination sur le Top 14.
Cette enquête de « L’Équipe » révèle des pratiques financières douteuses, remettant en cause l’intégrité du Stade Toulousain et du rugby français. Si les allégations s’avèrent fondées, les conséquences pourraient être dévastatrices :
- Sanctions lourdes pour le club.
- Atteinte à la réputation des joueurs impliqués.
- Remise en question du système de contrôle du salary cap. Pensez-vous que ces versements sont légitimes, ou s’agit-il d’un contournement du salary cap ? Quelles sanctions devraient être prises si les accusations sont confirmées ?
Source : L’equipe