Rugby

« Top 3 mondial » : le journaliste rugby qui critiquait Jalibert capitule face au jeu proposé par l’ouvreur français

Par Gilles
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Ben Smith, journaliste de RugbyPass et détracteur récurrent de Jalibert, a publié deux posts consécutifs sur X reconnaissant explicitement que l’ouvreur français figure parmi les trois meilleures demis d’ouverture au monde un revirement en 48 heures qui renvoie à une rivalité publique ouverte depuis mai 2026.

Le 4 juillet 2026, la France s’incline 34-32 face aux All Blacks, mais Matthieu Jalibert sort du match en homme du jour : essai à la 78e minute, passe décisive dès la 2e, 53 mètres gagnés ballon en main. Ce qui rend ce résultat narratif décisif, c’est que le plus virulent de ses détracteurs vient de capituler publiquement et l’histoire de cet antagonisme transforme une simple reconnaissance en revirement documenté.

De la critique à la capitulation : commentaire Ben Smith a changé d’avis sur Jalibert en 48 heures

Le 4 juillet au soir, Ben Smith publie un premier post mesuré : « Jalibert a indéniablement été le meilleur joueur français, mais il a laissé échapper une passe cruciale à l’intérieur de ses propres 22 mètres. » Puis, dans la foulée, il enfonce le clou dans l’autre sens : « Seulement quatre titulaires des Hurricanes côté All Blacks, mais Roigard et Love ont mis à mal la défense française, tandis que Jordie Barrett a délivré deux passes décisives. Huit joueurs de Bordeaux dans ce XV de France ! Oui, Jalibert a été bon. Mais pas assez. »

Voilà pour le 4 juillet. Le lendemain, le même Ben Smith publie un deuxième post d’une toute autre tonalité : « Matthieu Jalibert a livré une prestation exceptionnelle hier soir face aux All Blacks. Il figure clairement parmi les trois meilleures demis d’ouverture au monde actuellement. Quel chemin parcouru depuis son taux lors du quart de finale de 2023 ! »

Quarante-huit heures, deux posts, un revirement complet.

Ce qui rend cette capitulation particulièrement savoureuse, c’est le contexte qui la précède. Depuis la finale de Champions Cup 2026 remportée par l’UBB, Ben Smith n’avait pas ménagé ses efforts pour minimiser Bordeaux. Il avait affirmé à plusieurs reprises que les Hurricanes, vainqueurs du Super Rugby, domineraient probablement l’UBB en cas de confrontation directe. Jalibert avait répondu sèchement : « Organisez le match alors. » Son coéquipier Gazzotti avait ajouté : « T’es pas menteur toi hein. »

Ben Smith avait ensuite raillé la non-qualification de l’UBB pour les playoffs du Top 14 : « Ils n’ont même pas pu se qualifier pour leurs propres playoffs. » Après la victoire 60-5 des Hurricanes en finale du Super Rugby, il avait récidivé.

Ce profil de détracteur récurrent donne tout son poids au mot « capitulation » : pas un observateur neutre qui corrige une analyse, mais quelqu’un avec un biais documenté, public, répété.

L’ironie du revirement : RugbyPass avait exclu Jalibert de son Top 100 en décembre 2024

Ben Smith n’est pas un électron libre dans cette histoire. Il travaille pour RugbyPass le même RugbyPass qui, en décembre 2024, avait exclu Jalibert de son Top 100 des meilleurs joueurs du monde avec cette formulation : « Jalibert reste sans doute l’un des joueurs les plus créatifs au monde, mais l’exigence actuelle pour un ouvreur en rugby international dépasse l’art de l’improvisation. »

Autrement dit : trop fantaisiste, pas assez fiable. Un joueur de spectacle qui ne passerait pas le filtre de l’exigence internationale.

Face aux All Blacks le 4 juillet 2026, Jalibert a répondu point par point à ce verdict : 53 mètres gagnés ballon en main, deux franchises, une passe décisive dès la 2e minute pour l’essai de Penaud, un essai personnel à la 78e minute qui offre le double bonus à la France dans une défaite 34-32. « Les Blacks ont eu chaud aux fesses », résume Fabien Galthié.

Jalibert est noté 8/10, qualifié de joueur qui « était au cœur de tout » et « un régal à regarder pendant 80 minutes ». RugbyPass lui-même décrit sa prestation : « A part ce moment-là, il était majestueux, faisant preuve de dynamisme et d’énergie tout autour du parc. »

L’institution qui l’avait jugé trop improvisateur le qualifiait désormais de majestueux.

Du doute à la confirmation : la trajectoire de Jalibert depuis février 2026

Ce qui s’est passé le 4 juillet n’est pas un accident. C’est l’aboutissement d’une progression construite depuis le début de l’année.

Au Tournoi des 6 Nations 2026 remporté par la France, Jalibert a été titulaire lors de 4 des 5 matchs et a terminé premier en passes après contact avec 14 succès  la statistique d’un joueur qui prend les coups et continue à jouer, pas d’un créatif inconstant.

Après France-Irlande, Jalibert avait déclaré : « Je voulais surtout ne pas avoir de regrets, donner tout ce que j’avais sur le terrain et sortir la tête haute. Je suis content aussi de ma prestation et ça va me donner de la confiance pour la suite. » Pas de fanfaronnade. Une ambition tranquille.

Damian McKenzie, le demi d’ouverture des All Blacks, avait prévenu avant le test : « Les Bleus ont d’excellents joueurs, notamment Jalibert, leur ouvreur, avec son jeu hyper excitant. »

Laurent Marti, président de Bordeaux-Bègles, avait qualifié Jalibert de « meilleur ouvreur du monde à l’heure actuelle » au printemps. Ben Smith dit désormais à peu près la même chose.

La capitulation de Ben Smith n’est pas une simple correction journalistique : c’est l’aveu que les doutes sur Jalibert reposaient sur des préjugés, pas sur des faits. Trois ans après le quart de finale perdu face à l’Afrique du Sud en 2023, Jalibert a fait de ses détracteurs les plus virulents les témoins involontaires de sa progression.

Combien d’autres joueurs français attendent leur match face aux All Blacks pour que RugbyPass révise son classement ?

Auteur

Gilles

Golfeur (index 12) nourri aux sports de combat et à la tactique. J'aborde l'actu sportive avec flegme. Je décortique la performance et la stratégie sans jamais forcer. Une plume relax qui analyse tout le secteur du sport, du green de golf à l'octogone du MMA.

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