Rugby

« Toulouse a été meilleur » : Nouchi refuse de blâmer l’arbitre malgré les débats

Par Maxime Aulne
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Après la défaite de Montpellier en finale du Top 14 face à Toulouse (28-20), Lenni Nouchi, capitaine du MHR, a refusé de blâmer l’arbitrage malgré les décisions controversées : « Toulouse a été meilleur. Indiquer. »

Le Stade de France a accueilli dimanche 28 juin une finale Top 14 marquée par plusieurs décisions arbitrales contestées, notamment sur l’action Uelese-Lebel en premier mi-temps. Alors que ses collaborateurs et son manager pointent des décisions arbitrales défavorables, le capitaine montpelliérain tranche : il reconnaît la supériorité de Toulouse plutôt que de se refuger derrière la polémique.

« Toulouse a été meilleur » : Nouchi refuse l’excuse arbitrale malgré les débats

La polémique est réelle. En fin de premier mi-temps, Jordan Uelese file vers l’en-but. Mathis Lebel le retient légèrement par le maillot. L’arbitre Luc Ramos siffle une pénalité, sort un carton jaune mais n’accorde pas l’essai de pénalité. Une décision qui fait débat. Les observateurs neutres estiment majoritairement que l’essai de pénalité était justifié. Vincent Clerc, consultant pour France Télévisions et ancien joueur de Toulouse, reconnaît lui-même qu’il pouvait être envisagé.

C’est là que la réaction de Nouchi prend du relief. Un ancien Toulousain lui offre la légitimité de la contestation il choisit de ne pas s’en saisir.

Sa déclaration post-finale est nette : « Toulouse a été meilleur. Indiquer. En fin de premier mi-temps, on a en effet l’impression qu’un joueur bloque notre support mais ce n’est pas ça qui a fait qu’on a perdu. Si on avait été beaucoup plus réaliste, on ne parlerait pas de ça. »

Pas de pirouette. Pas de « oui mais ». Le capitaine pointe le manque de réalisme offensif de son équipe comme vraie explication de la défaite. Cour, direct, rare.

Cette posture n’est pas non plus une surprise totale. Avant la finale, Nouchi avait déjà montré qu’il ne se payait pas de mots : « Les gens ne se posent pas la question de qui va gagner, mais combien on va en prendre. » Un capitaine qui arrive en finale en sachant lire la réalité en face, c’est déjà quelque chose.

Caudullo et Erdocio pointent l’arbitrage : le contraste révélateur avec Nouchi

Dans le vestiaire montpelliérain, tout le monde n’a pas adopté la même ligne. Loin de là.

Baptiste Erdocio, pilier du MHR, a lâché en zone mixte : « Ça va parler un peu, mais je pense qu’il ya des décisions de l’arbitre pas forcément en notre faveur. » Sobre dans la forme, mais le message est là.

Joan Caudullo, manager de Montpellier, a ciblé l’interprétation des rucks : « Il va falloir qu’on travaille sur les rucks, sur la règle, qu’on bosse mieux avec les arbitres. Il y a une remise en question à avoir là-dessus parce que j’ai trouvé qu’on n’a pas été bien arbitré sur ce secteur-là. » Il a toutefois pris soin de préciser : « Je ne critique pas l’arbitrage ce soir, qui a été je pense bon. » La nuance est réelle mais la critique sur les rucks reste explicite.

Le contraste avec Nouchi est saisissant. Le capitaine et son manager ne lisent pas la même.

Pointer l’arbitrage après une finale perdue est humaine, et la polémique sur l’action Uelese-Lebel est légitime. Mais quand le capitaine celui qui porte le brassard, celui qui parle en premier choisit de ne pas s’y accrocher, ça dit quelque chose sur sa façon de tenir un groupe.

Un trait de caractère documenté : la lucidité de Nouchi avant et après la défaite

Ce qui rend la posture de Nouchi crédible, c’est qu’elle n’est pas apparue le soir de la défaite. Elle existait avant.

Avant la finale, il avait déjà exprimé sa frustration sur les différences d’arbitrage entre les compétitions notamment entre le Top 14 et la Challenge Cup du rugby. Mais sa conclusion était sans ambiguïté : « on est obligés de s’adapter. » Pas de victimisation. Une adaptation.

Ce profil de capitaine lucide prend du relief face à l’adversaire du soir. Le Stade Toulousain vient de remporter son 25e Bouclier de Brennus en réalisant un quadruplé consécutif (2023-2026), une première dans l’ère professionnelle du Top 14 .

Montpellier, de son côté, n’était pas une équipe faible. Le MHR avait terminé deuxième de la phase régulière avec 17 victoires et affichait la meilleure défense du Top 14 2025-2026. Toulouse, lui, portait la meilleure attaque du championnat.

Montpellier avait les armes pour résister. Il ne les a pas utilisés avec assez de réalisme c’est exactement ce que dit Nouchi. Son aveu n’est pas une capitulation : c’est une analyse.

Reconnaître la supériorité de Toulouse quand une polémique arbitrale est validée par des observateurs neutres et même par un ancien Toulousain c’est un choix. Nouchi l’a fait deux fois : avant le match, et après.

Auteur

Maxime Aulne

Runner de fond, ex-rédacteur tech chez Clubic. J'aborde le sport avec la vision d'un analyste. Je décortique l'actu et le business sportif sans jamais surjouer. Une plume directe qui analyse tout, de la tactique d'un match à l'économie d'un transfert.

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