Tournoi des 6 Nations : les Bleues misent sur la continuité pour défier l’Écosse

Lea CHAMPON of France

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Publié le mai 8, 2026

Le Grand Chelem reste en ligne de mire pour les Bleues. Toujours invaincues dans ce Tournoi des 6 Nations féminin 2026, les joueuses de François Ratier se déplacent ce samedi à Édimbourg pour défier l’Écosse.

Pour cette quatrième journée, le staff tricolore a opté pour la continuité tout en procédant à trois ajustements ciblés. Le retour d’Yllana Brosseau en première ligne et la titularisation de Charlotte Escudero en flanker marquent une volonté de puissance et de maîtrise dès l’entame, point faible identifié des dernières sorties françaises.

Après une pause salvatrice, le XV de France féminin s’apprête à passer un test de caractère sur la pelouse écossaise. Avec trois victoires en trois matchs, la dynamique est excellente, mais la manière laisse parfois à désirer, notamment lors de débuts de matchs poussifs. Ce jeudi, François Ratier a dévoilé une composition d’équipe qui mise sur l’expérience et la rotation stratégique pour maintenir l’intensité physique nécessaire à l’approche du sprint final de la compétition.

Trois changements pour renforcer sans déstabiliser : la philosophie de Ratier

Trois changements seulement. C’est le message envoyé par le sélectionneur des Bleues pour ce déplacement à Édimbourg, samedi 10 mai à 17h15. Quand une équipe enchaîne trois victoires convaincantes, on n’y touche pas. On l’affine.

Yllana Brosseau, du club de Romagnat, est titularisée au poste de pilier gauche. Elle avait déjà débuté contre le Pays de Galles : sa présence dans le XV de départ confirme la confiance du staff dans son profil.

En deuxième ligne, Siobhan Soqeta (Grenoble) est titularisée pour la première fois du tournoi, aux côtés de Madoussou Fall-Raclot. Son profil plus robuste que celui de Kiara Zago, reléguée sur le banc, a convaincu Ratier après sa rentrée remarquée contre l’Irlande.

Charlotte Escudero (Toulouse) complète le trio des nouvelles titulaires. La troisième ligne remplace Axelle Berthoumieu après avoir démontré son énergie et sa polyvalence dans un rôle d’impact player. Elle rejoint Manae Feleu, capitaine et troisième ligne, colonne vertébrale de ce groupe depuis le début du tournoi.

La ligne de trois-quarts est entièrement reconduite. Ce secteur fonctionne : on n’y touche pas.

Soqeta, Escudero, Brosseau : des profils choisis pour dominer physiquement

Ces trois changements répondent à une logique précise : dominer physiquement les Écossaises.

Soqeta est récompensée après une rentrée convaincante contre l’Irlande. Son profil robuste en deuxième ligne correspond à ce que Ratier cherche face à une équipe écossaise qui défend avec intensité. Kiara Zago, plus légère, passe sur le banc.

Escudero a prouvé qu’elle pouvait changer un match en sortie de banc. La titulariser, c’est parier sur son énergie dès le coup d’envoi plutôt que de la conserver pour les vingt dernières minutes. Un choix offensif assumé.

Brosseau au pilier gauche, c’est la continuité dans la mêlée. Elle connaît le rôle, elle l’a déjà tenu contre le Pays de Galles. Aucune période d’adaptation nécessaire.

La confirmation la plus parlante de cette stratégie physique reste la composition du banc. Ratier a opté pour un banc en 6-2 : six avants, deux arrières. Ce choix traduit une volonté d’appuyer sur la puissance en deuxième période. Si le match se resserre, les Bleues auront les ressources pour imposer leur jeu au sol et en mêlée.

Sur ce banc, Annaëlle Deshaye est préférée à Rose Bernadou, cohérent avec l’orientation physique de la feuille de match.

Composition du XV de France (vs Écosse – 9 mai 2026)

PosteJoueuse Titulaire
Arrière15. Barrat
Ailières / Centres14. Grando, 13. Rousset, 12. T. Feleu, 11. Murie
Charnière9. Bourdon-Sansus, 10. Arbez
Troisième Ligne8. Champon, 7. M. Feleu (cap.), 6. Escudero
Deuxième Ligne5. Fall-Raclot, 4. Soqeta
Première Ligne3. Khalfaoui, 2. Lazarko, 1. Brosseau

Remplaçantes : Riffonneau, Mwayembe, Deshaye, Correa, Zago, Berthoumieu, Chambon, Queyroi.

Vers la finale : la continuité comme arme contre l’Angleterre

Cette stratégie de continuité n’est pas nouvelle chez Ratier. Dès le match contre le Pays de Galles, il avait appliqué la même philosophie : rotations minimales, choix assumés, équipe stable d’une journée à l’autre.

Quatre journées, la même colonne vertébrale. C’est une construction, pas une improvisation.

L’objectif est précis. Une victoire à Édimbourg rapprocherait les Bleues d’une finale du Tournoi des 6 Nations face à l’Angleterre. Les Anglaises restent la référence du rugby féminin européen. Les battre en finale exige une équipe rodée, pas une équipe en rodage.

C’est ce que Ratier construit match après match : chaque titularisation confirmée, chaque banc orienté vers la puissance converge vers cet objectif. La continuité n’est pas de la routine c’est une stratégie. Ratier semble l’avoir intégré dès le premier match du tournoi.

Si les Bleues s’imposent samedi à Édimbourg, la stabilité tactique de Ratier sera-t-elle la clé pour battre l’Angleterre en finale ?

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