« Tout le monde a de l’appétit » : Servat sent un groupe affamé avant les All Blacks
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Quand les vieux grognards du XV de France insufflent la culture de la gagne avant le choc le plus attendu de l’année. Ce mardi 30 juin 2026, à quatre jours du coup d’envoi de la tournée d’été, l’entraîneur des avants tricolores William Servat a envoyé un signal fort depuis Christchurch : les Bleus débarquent en Nouvelle-Zélande avec une faim de loup.
Pour ce match d’ouverture historique du tout nouveau Championnat des Nations, prévu ce samedi 4 juillet 2026, la motivation française s’appuie sur un triptyque implacable : l’inauguration d’une compétition mondiale officielle, une série record de trois victoires consécutives face aux hommes en noir, et la volonté féroce de combler le dernier grand manque de l’ère Galthié : s’imposer enfin sur la terre sacrée du rugby roi.
Le XV de France ne s’est pas envolé pour l’hémisphère sud pour s’adonner aux joies du tourisme ou disputer de simples matchs d’exhibition. Ce samedi 4 juillet, à Christchurch, les Bleus défient les All Blacks pour le match d’ouverture de la toute première édition du Championnat des Nations. Imaginé par World Rugby, ce tournoi planétaire oppose les 12 meilleures sélections mondiales réparties en deux conférences, avant des phases finales explosives programmées à Twickenham en novembre 2026. L’enjeu est donc colossal, et William Servat a immédiatement planté le décor : « Une chose est certaine, c’est que tout le monde a de l’appétit. Parce que ce sont des matches qui ne laissent jamais indifférents et qui ne laissent jamais indemnes. »
« Tout le monde à l’appétit » : la triple motivation des Bleus avant les All Blacks
Le staff français ne traverse pas la Nouvelle-Zélande pour une simple visite : le match du samedi 4 juillet à Christchurch est le premier de la toute première édition du Championnat des Nations, une compétition mondiale officielle créée par World Rugby opposant 12 nations en deux conférences, avec un week-end final à Twickenham du 27 au 29 novembre 2026.
La phrase est tombée sans détour. « Une chose est certaine, c’est que tout le monde a de l’appétit. Parce que ce sont des matches qui ne laissent jamais indifférents et qui ne laissent jamais indemnes. » William Servat, 30 juin 2026.
Servat a lui-affronté les All Blacks même en tant que talonneur international. Quand il dit « appétit », il parle en connaissance de cause.
Cet appétit repose sur trois piliers concrets.
Premier pilier : l’enjeu inédit. Ce France-Nouvelle-Zélande n’est pas un test-match de tournée. C’est le match d’ouverture de la première édition d’une compétition mondiale officielle. Un trophée est en jeu. Servat l’a dit clairement : l’objectif est de « frapper fort dès l’ouverture de la compétition ». Les Bleus ne font pas du tourisme à Christchurch.
Deuxième pilier : la dynamique. La France a battu les All Blacks trois fois de suite en 2021, 2023, puis le 16 novembre 2024 (30-29 au Stade de France). C’est un record dans l’histoire de la rivalité. Cette série nourrit objectivement la confiance. Elle donne une base factuelle à l’appétit décrit par l’entraîneur des avants.
Troisième pilier : le manque. Le staff Galthié n’a jamais gagné en Nouvelle-Zélande depuis 2020. Servit le reconnaît sans détour. « C’est une occasion de marquer notre territoire », dit-il. Cette phrase résume tout : les Bleus courent après quelque chose de précis, pas après une performance abstraite.
« Il y a toujours de la détermination. La Nouvelle-Zélande, c’est le pays qui vous fait rêver quand vous êtes enfant. » Cette citation de Servat dit aussi quelque chose d’important : la motivation face aux All Blacks ne se fabrique pas. Elle existe naturellement. Le staff n’a pas besoin de la créer juste de la canaliser.
Dupont forfait, Poirot rappelé : quand les absences testent la détermination collective
La détermination collective, c’est bien. Mais elle doit aussi composer avec une semaine de préparation bousculée.
Antoine Dupont est forfait. Une blessure au mollet l’écarte de la tournée. À cinq jours du match inaugural du Championnat des Nations, le leader du groupe ne sera pas sur la pelouse de Christchurch. Paul Graou (Toulouse) le remplace. Maxime Lucu (UBB) est désigné capitaine.
Servir a choisi ses mots avec soin : « Antoine avait fait le choix de venir. C’était un choix fort pour l’équipe de France. » Une façon de souligner l’engagement de Dupont sans dramatiser l’absence.
L’autre fait marquant de cette semaine, c’est le rappel de Jefferson Poirot. Six ans après sa retraite internationale, le pilier gauche de l’Union Bordeaux-Bègles est de retour dans le groupe. Servat l’a décrit comme « une vraie plus-value » : de l’expérience là où on ne l’attendait plus.
Ces deux événements pourraient déstabiliser un groupe moins soudé. Selon Servat, ils ont eu l’effet inverse.
Les All Blacks, un adversaire sans bon moment pour les affronter
Servat ne se berce pas d’illusions sur ce qui assiste à ses avants à Christchurch selon L’Equipe. « Je ne pense pas qu’il y ait de bons moments pour les jouer. C’est une équipe magnifique. » Voilà un entraîneur qui parle vrai.
Les chiffres confirment cette lucidité. Sur 67 confrontations historiques, les All Blacks mènent 51 victoires contre 15 pour la France soit 76 % de victoires néo-zélandaises. Sur le sol néo-zélandais spécifiquement, le staff Galthié n’a jamais gagné depuis son arrivée en 2020.
Ces statistiques mesurent l’ampleur du défi. Gagner à Christchurch samedi, ce serait une première sous l’ère Galthié. Ce serait aussi entrer dans l’histoire d’une compétition à son tout premier match.
La faim collective que Servat décrit vient de trois victoires récentes qui ont changé le rapport de force psychologique, d’un enjeu inaugural qui dépasse le simple test-match, et d’un manque sur le sol néo-zélandais que ce groupe veut combler depuis 2020.
Mais cette faim collective devra affronter une réalité statistique impitoyable : les All Blacks dominent l’histoire de cette rivalité à 76 %, et leur terrain reste une forteresse que le staff Galthié n’a jamais franchie depuis 2020.
Samedi 4 juillet à Christchurch, verrez-vous enfin la France briser cette malédiction sur le terrain des All Blacks ?