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« Un lundi, on est euphoriques, et le lundi d’après, on s’insulte presque » : Poirot résume l’inconstance de l’UBB

Par Maxime Aulne
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Battue à Perpignan puis contrainte de bousculer sa semaine d’entraînement, l’UBB traîne depuis la reprise une inconstance que Jefferson Poirot reprend une phrase, et que les chiffres confirment avec rudesse.

Défaite 25-38 à Perpignan le week-end dernier. Une semaine décrite comme « studieuse, engagée et pleine de remise en question » par Romain Buros. Et la réception du LOU ce samedi (14h30) pour tenter de se rappeler. L’Union Bordeaux-Bègles n’a pas passé une semaine ordinaire, elle qui a bousculé ses habitudes de travail : plus de contact, plus d’opposition, et une mise en place à quinze contre quinze là où les petits jeux détendus clôturaient d’ordinaire la veille de match.

Le problème de fond ne bouge pas. « C’est difficile à vivre, parce qu’un lundi, on est euphoriques, et le lundi d’après, on s’insulte presque », condense Jefferson Poirot. Depuis le lancement de la saison, les Girondins alternent les victoires convaincantes à domicile et les sorties ratées à l’extérieur, un scénario qui leur a déjà coûté cher la saison dernière.

Une équipe qui campe dans la zone de marque sans buteur

L’UBB domine le territoire comme personne. C’est l’équipe du Top 14 qui passe le plus de temps dans les 22 mètres adverses : 21 minutes 34 par match, pour 26,5 entrées en moyenne. Sauf qu’elle n’en retire presque rien. De cette position qu’elle appelle « la zone or », Bordeaux ne récolte qu’1,3 point par entrée, le neuvième bilan du championnat.

Le déplacement à Aimé-Giral en est le condensé. Yannick Bru a très vite cité les « 17 entrées dans la zone de marque » obtenues par son équipe, pour une défaite 25-38 au final. « Ce sont les statistiques d’une équipe absente dans l’exigence individuelle et le respect du collectif », a jugé le manager, dont le mot d’ordre tient en une phrase : « retrouver de l’efficacité offensivement ». Le discours à du poids. L’ancien talonneur, cinq fois champion de France et trois fois vainqueur de la Coupe d’Europe sous le maillot du Stade Toulousain, prolongé jusqu’en 2029 à la tête du club girondin, ne transige pas avec l’exigence.

Des maladresses et une défense qui se payent cher

Le gaspillage ne s’arrête pas à la ligne d’en-but. En quatre matches, l’UBB a commis 49 en-avants, de loin le pire total du Top 14, et perd 27,3 ballons par match, deuxième plus mauvaise marque du championnat de rugby. « À Perpignan, on est puni sur beaucoup de ballons perdus, un relevé Poirot. Sur un éclair, ils peuvent nous briser et marquer. »

Défensivement, les voyants sont au rouge. Le taux de réussite au plaquage plafonne à 86,2 %, l’avant-dernier du championnat. L’UBB concède 5,8 franchises par match, et ses adversaires n’ont besoin que d’1,9 phase de jeu pour marquer, quand la moyenne du Top 14 est de 3,4. Bordeaux est dernier sur ce critère.

Le retour de Poirot et un leadership à reconstruire

Pour corriger le tir, le staff a remis de l’engagement au cœur de la semaine : oppositions réelles mardi et mercredi, séance à quinze contre quinze le vendredi. « On a senti qu’on avait besoin de prendre les bonnes décisions sous pression, a expliqué Bru. Il n’y a rien d’autre à faire que de créer ce stress lié à l’engagement physique et à la défense. »

Jefferson Poirot fait aussi son retour, plus vite que prévu après sa blessure au genou de fin août. Le pilier de 33 ans, plus ancien joueur de l’effectif, aura pour mission d’épauler le capitaine Maxime Lucu. « Sur le dernier match, Max a été un peu seul sur la cellule leader », regrette Poirot. « Oui, Max a été seul », a confirmé Bru, qui a listé les absents : Matthieu Jalibert, Ben Tameifuna, Adam Coleman blessés, Louis Bielle-Biarrey et Yoram Moefana ménagés.

L’UBB ne veut plus perdre d’énergie à gérer des lundis désenchantés. Face à un LOU plutôt performant en ce début de saison, elle devra montrer que la semaine passée à remettre de l’exigence a servi à quelque chose.





Auteur

Maxime Aulne

Journaliste sportif, fondateur de MVZ Sports et directeur de la publication. Je couvre le cyclisme, le rugby et l'économie du sport, et je réponds de ce qui est publié sur le site.

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