« Une bonne idée » : Marler dézingue la Fédération anglaise sur Willis
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Dimanche 27 juin 2026, Jack Willis livre une masterclass en finale du Top 14 17 plaquages, 4 ballons grattés, élu homme du match par la LNR. Le lendemain, Joe Marler, retraité depuis novembre 2024, sort la punchline que tout le rugby anglais attendait.
Mais ce qui fascine les observateurs du rugby anglais, c’est que Willis reste inéligible à la sélection nationale et que les anciens internationaux commencent à perdre patience.
La règle qui paralyse la Fédération anglaise depuis 2012
Jack Willis est bloqué à 14 sélections depuis la fin de la Coupe du monde 2023. La dérogation spéciale accordée après la faillite des Wasps le club qui l’avait formé lui avait permis de disputer le Tournoi des 6 Nations 2023 et le Mondial. Elle a expiré le soir du dernier match en France.
Depuis, la règle s’applique dans toute sa rigueur. Le Professional Game Agreement entre la RFU et la Premiership Rugby, en vigueur depuis 2012, est clair : tout joueur anglais évoluant hors du championnat national est inéligible à la sélection. Logique sur le papier protéger le championnat domestique. Indéfendable lorsque le joueur concerné est élu meilleur de son poste en Europe.
La RFU n’a montré aucun signe de flexibilité. Son directeur général Bill Sweeney avait été catégorique sur la règle outre-mer : « aucune chance » de modification. En 2026, la position est identique alors que l’Irlande, le Pays de Galles et l’Écosse sélectionnent leurs expatriés sans restriction.
Willis, lui, a prolongé son contrat avec le Stade Toulousain jusqu’en 2029. Son contrat comporteait une clause de sortie pour la saison 2026-2027, lui permettant théoriquement de rejoindre un club anglais et de redevenir éligible pour le Mondial 2027 mais sans garantie du staff anglais, cette option reste suspendue.
Willis, meilleur joueur du Top 14, maintenu hors sélection : le paradoxe qui tue
Willis n’est pas un joueur moyen qui s’est exilé pour un chèque. C’est le meilleur troisième ligne du Top 14, titre officiel, acté lors de la Nuit du Rugby 2025 en octobre dernier. Seulement le deuxième Anglais de l’histoire à décrocher cette distinction, après Zach Mercer en 2022.
Sur la saison 2025-2026, les chiffres sont sans appel : 765 mètres parcourus, 40 défenseurs battus meilleur bilan de toutes les troisièmes lignes du championnat. En finale face à Montpellier (victoire toulousaine 28-20), il a posé 17 plaquages et gratté 4 ballons, deux records du match. Premier joueur à réaliser le doublé MVP demi-finale/finale sur une même phase finale du Top 14 après avoir déjà été élu homme du match face au Racing 92 (71-17) le 19 juin.
Depuis son arrivée à Toulouse en novembre 2022, il a remporté le Bouclier de Brennus chaque saison 2023, 2024, 2025, 2026. Quatre fois. Systématiquement.
Dan Biggar, ancien ouvreur international gallois, a résumé la situation avec une concision redoutable : « Dieu absolu. » Deux mots. Pas besoin d’en rajouter.
La RFU maintient que la règle protège l’écosystème du rugby anglais argument difficile à tenir lorsque le joueur concerné est élu meilleur de son poste en Europe.
Un consensus qui grandit : quand les anciens internationaux défient la RFU
Marler n’a pas inventé ce débat. Il l’a relancé au moment le plus visible : le lendemain d’une finale.
Courtney Lawes avait ouvert le feu en mars 2024 : « Les joueurs vont en France et s’y améliorent, alors on perd ces talents. » Marler avait suivi en avril 2024 avec une première prise de position publique contre la règle outre-mer. Sa sortie post-finale 2026 n’est donc pas une réaction à chaud c’est la récidive d’un engagement documenté.
95 sélections avec l’Angleterre, retraité international depuis novembre 2024. Quand Marler parle de politique de sélection, ce n’est pas un commentateur de canapé : c’est quelqu’un qui a vécu le système de l’intérieur, remplaçant en finale du Mondial 2019 perdu face à l’Afrique du Sud.
Stuart Barnes, au Times, estime que l’Angleterre devrait sélectionner ses meilleurs joueurs quel que soit leur championnat.
Willis a balayé les spéculations qui l’envoyaient au Munster. Il reste à Toulouse, gagne des titres, et regarde passer les fenêtres de sélection.
La punchline qui dit tout
La critique de Marler n’est pas qu’une sortie de plus : Lawes, Barnes, Dallaglio, Woodward les voix s’accumulent, et elles viennent toutes de l’intérieur du système.
Avec la RFU maintenant sa ligne et Willis sous contrat jusqu’en 2029 avec une clause de sortie pour 2027 dont l’activation reste incertaine l’ironie de Marler dit tout ce qu’il ya à dire.
Si l’Angleterre a échoué à remporter le Mondial 2027, combien de fois regrettera-t-elle d’avoir laissé son meilleure troisième ligne sur le banc de touche ?