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« Une force de la nature » : Tom Willis revient à l’UBB avec un profil que Bordeaux sait devoir canaliser

Par Nicolas Berthaud
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Tom Willis revient à l’UBB avec une promesse énorme pour le pack bordelais, mais son plus grand atout physique impose déjà un vrai travail de gestion autour de lui.

À Bordeaux, le dossier Tom Willis n’est pas seulement celui d’une recrue forte. C’est celui d’un joueur que l’UBB connaît déjà, que le vestiaire semblait vouloir revoir, et dont le profil peut changer l’équilibre d’un paquet d’avants.

La troisième-ligne anglaise revient à Chaban-Delmas après deux saisons aux Saracens, un statut renforcé, et une saison précédente conclue par une distinction de meilleur joueur de Premiership. Sur le papier, Bordeaux récupère une arme. Sur le terrain, il faudra aussi apprendre à la canaliser.

Une puissance rare, mais pas seulement frontale

Le portrait qui revient le plus souvent autour de Tom Willis est celui d’un joueur hors norme physique. Vincent Giacobbi, directeur de la performance des Saracens, le décrit comme « une force de la nature ». Le gabarit confirme l’impression : 1,91 m pour 120 kg.

Mais c’est justement là que le profil devient plus intéressant pour l’UBB. Willis n’est pas présenté comme un simple porteur de balle qui cherche l’impact direct. Giacobbi insiste sur sa capacité à changer de rythme, à utiliser son tronc et à se dégager des plaquages ​​même quand la collision ne lui donne pas immédiatement l’avantage.

Cette qualité peut faire très mal dans le Top 14. Une troisième ligne capable d’avancer après contact, de survivre à la première tentative de plaquage et de libérer son équipe dans le désordre offre à Bordeaux une solution précieuse dans les zones fermées.

La limite est déjà connue : ce style peut devenir illisible pour les soutiens. Giacobbi le dit clairement : quand un joueur se débarrasse sans cesser des défenseurs, ceux qui doivent venir nettoyer derrière ne savent pas toujours où il va finir. Pour une équipe qui veut sécuriser ses sorties de balle, ce détail compte.

Bordeaux récupère un joueur déjà marqué par l’UBB

Willis n’arrive pas dans un club inconnu. Il avait déjà rejoint Bordeaux en 2022, après la faillite des Wasps, avant de repartir en Angleterre. La fiche officielle de l’UBB crédite la troisième-ligne de 19 matchs disputés sous le maillot bordelo-béglais .

Ce premier passage a laissé une trace. Yannick Bru raconte que, dès son arrivée à l’été 2023, plusieurs voix dans le club lui ont glissé qu’un retour de Tom Willis serait une bonne idée. Ce n’est pas anodin pour une recrue étrangère passée seulement une saison en Gironde.

Le joueur revient également avec plus d’épaisseur internationale. Après son départ de Bordeaux, il s’est disputé deux saisons avec les Saracens et a ajouté huit sélections avec l’Angleterre. Son choix de quitter le rugby anglais l’a éloigné du quinze de la Rose, une décision qu’il avait décrite à la BBC comme l’une des plus difficiles de sa carrière.

Pour l’UBB, son arrivée précoce dans l’été change la donne. Contrairement à plusieurs internationaux retenus avec leur sélection, Willis a pu participer à toute la préparation. Gaëtan Barlot souligne son intégration rapide, son passage par le stage collectif et ses efforts pour parler français.

Le vrai défi de Bru : profiter de son énergie sans le brûler

Le point le plus sensible se situe là. Willis donne beaucoup. Peut-être trop. Yannick Bru décrit un joueur positif, engagé, capable de masquer la douleur et de continuer même quand le staff médical estime qu’il devrait lever le pied.

La phrase du manager bordelais résume le sujet : il faudra gérer sa charge d’entraînement, parce que Willis est « un gars qui ne se limite pas trop ». Pour Bordeaux, ce n’est pas un défaut classique. C’est presque l’envers de sa plus grande qualité.

Son énergie peut tirer un groupe vers le haut. Elle peut aussi devenir un risque si l’UBB ne pose pas un cadre clair. Dans une saison de Top 14 où la densité physique, les enchaînements et les ambitions européennes usent vite les organismes, la capacité à protéger ce type de joueur pèsera autant que son rendement immédiat.

Le calendrier ajoute une couche narrative. Willis doit d’abord retrouver Chaban-Delmas face au Racing 92, demi-finaliste de la saison précédente. Ensuite pourrait venir le Stade Toulousain de son frère Jack, figure déjà très installé dans le rugby français.

Pour Tom Willis, le retour à Bordeaux ressemble donc à un double test. Montrer vite que l’UBB a eu raison de le ramener. Et accepter qu’un joueur aussi généreux dans l’effort a parfois besoin d’être freiné pour durer.





Auteur

Nicolas Berthaud

Journaliste sportif. J'ai construit la rubrique paris sportifs de MVZ Sports entre 2023 et 2025 : comparatifs d'opérateurs agréés, guides pratiques et couverture football et MMA.

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