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Deux Coupes du monde à domicile : le ping français tient enfin de quoi prolonger son élan olympique

Par Maxime Aulne
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En accueillant la Coupe du monde individuelle à Montpellier en 2027 puis à Paris en 2028, le tennis de table français remporte deux occasions successives de transformer son élan olympique en dynamique durable.

La première édition se déroulera du 29 mars au 4 avril 2027 à Montpellier. La capitale prendra le relais en 2028, pendant une année olympique, même si les dates et le lieu précis restent à fixer.

Cette double attribution offre bien plus qu’une série de matchs à domicile. Elle donne à la Fédération française de tennis de table de deux années pour attirer un public plus large, installer ses joueurs dans le paysage sportif et convertir la curiosité en pratique régulière.

Montpellier puis Paris, un calendrier construit sur deux saisons

La Coupe du monde individuelle réunit les tableaux masculins et féminins. Félix Lebrun la place parmi les plus grandes compétitions du tennis de table, derrière les Jeux olympiques et les championnats du monde. Interrogé par l’AFP, le Français a expliqué que l’événement représentait beaucoup pour lui, notamment par son histoire.

Montpellier possède déjà une expérience du très haut niveau grâce à ses WTT Champions, une compétition comparée à un Masters 1000 de tennis. La ville accueillera donc la première étape de cette séquence française du 29 mars au 4 avril 2027.

Paris organise l’édition suivante en 2028. L’Arena Porte de la Chapelle et l’Arena de Bercy figurent parmi les possibilités évoquées, sans décision annoncée. Cette incertitude empêche encore de mesurer la jauge disponible et la forme exacte que prendra l’événement parisien.

L’obtention de ces deux éditions a été demandée presque un an de discussions. Le président de la FFTT, Gilles Erb, a décrit à l’AFP un « long processus » pour convaincre le promoteur de confier deux Coupes du monde successives à la France. La candidature française aux championnats du monde individuels 2027 avait auparavant échoué face à Astana, au Kazakhstan.

Une vitrine portée par une génération française devenue crédible

Le projet bénéficie d’un atout sportif majeur : le public français peut désormais suivre des joueurs capables de viser les premières places. Félix Lebrun était présenté comme numéro deux mondial au moment de l’annonce. Prithika Pavade a également insisté sur la possibilité de créer une surprise devant le public français.

Cette position au sommet ne repose pas uniquement sur l’effet des Jeux. Le 20 avril 2026, Midi Libre indiquait que Félix Lebrun comptait 5 720 points et talonnait le Japonais Tomokazu Harimoto, troisième avec 6 070 points. Ce classement, daté et susceptible d’évoluer, confirme le niveau sportif autour duquel la FFTT peut construire ses deux rendez-vous.

La présence de figures identifiées change la portée d’une compétition organisée à domicile. Les rencontres disposent de visages, d’enjeux et d’une continuité narrative. Le public ne viendra pas uniquement assister à un grand tournoi international : il pourra suivre les ambitions des joueurs français déjà installés parmi l’élite.

Félix Lebrun parle d’un « boost incroyable » et espère que ces Coupes du monde aideront encore la discipline à se développer. Son choix de mots résume la possibilité offerte au ping français, mais aussi sa limite : une vitrine tenue l’attention pendant quelques jours, tandis qu’une progression durable se construit sur plusieurs saisons.

Transformer deux semaines de lumière en croissance durable

Le premier enjeu sera de relier Montpellier 2027 à Paris 2028. Deux éditions consécutives permettent de travailler dans la durée, avec un premier temps fort, une année de prolongation puis un second rendez-vous. Cette continuité peut éviter que l’intérêt retombe immédiatement après une seule compétition.

La réussite sportive des Français jouera nécessairement un rôle, sans constituer l’unique levier. L’exposition des tableaux féminins et masculins, la fréquentation des salles, la diffusion des rencontres et la capacité des clubs à accueillir de nouveaux pratiquants déterminantont aussi l’héritage de ces événements.

Les éléments rendus publics ne détaillent pas encore de plan chiffré concernant les licences, les clubs ou les actions prévues autour des deux Coupes du monde. Il serait donc prématuré d’annoncer une croissance acquise. La FFTT possède un calendrier rare : deux compétitions cependant majeures à domicile, dans deux villes différentes, avec une génération française compétitive.

Le centenaire de la Fédération en 2027 offrira une portée supplémentaire à l’étape montpelliéraine. L’édition parisienne arrivera ensuite pendant une année olympique. L’enchaînement réunit ainsi trois moteurs de visibilité : une date symbolique, des joueurs français placés au plus haut niveau et un retour à Paris quatre ans après l’engouement olympique.

Le ping français tient donc une fenêtre de deux ans pour prolonger son exposition. La transformation dépendra de ce qui sera construit entre les compétitions : une programmation lisible, des passerelles avec les clubs et une présence médiatique qui survit aux résultats immédiats. Montpellier lancera la séquence en 2027. Paris dira en 2028 si cette lumière aura réellement produit un héritage.





Auteur

Maxime Aulne

Journaliste sportif, fondateur de MVZ Sports et directeur de la publication. Je couvre le cyclisme, le rugby et l'économie du sport, et je réponds de ce qui est publié sur le site.

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