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Gasquet ou Pouille, la France pourrait choisir bien plus qu’un capitaine pour sortir de sa crise en Coupe Davis

Par Gilles Marchetti
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Entre Richard Gasquet et Lucas Pouille, la France pourrait surtout choisir la méthode avec laquelle elle veut reconstruire son équipe de Coupe Davis.

La défaite 1-3 contre le Canada, le 20 septembre 2026, a fermé aux Bleus les portes du Final 8 de Bologne. Elle a également remplacé Paul-Henri Mathieu sous pression après une nouvelle campagne terminée avant la phase finale.

Richard Gasquet et Lucas Pouille envisageraient désormais de prendre la relève. Aucun changement n’a été officialisé, mais le débat dépasse déjà l’identité du prochain capitaine. Il touche à son autorité, à la disponibilité des meilleurs joueurs français et à la direction sportive retenue pour 2027.

Une élimination qui fragilise le cycle Paul-Henri Mathieu

Paul-Henri Mathieu occupe le poste depuis novembre 2023, après deux années passées à la direction du haut niveau. Son bilan s’établit à cinq victoires pour quatre défaites, mais la France a raté les phases finales de 2024 et de 2026.

L’élimination au Canada a également coûté quatre places aux Bleus au classement ITF des nations. Désormais dixième, la sélection française devrait néanmoins conserver un statut de tête de série lors du tirage de la campagne 2027. Ce recul ne compromet donc pas immédiatement son prochain parcours.

Le problème est plus profond que ce classement. Arthur Fils était forfait pour le déplacement au Canada. Ugo Humbert avait déjà décliné la sélection contre la Slovaquie en février. Ces absences, motivées par des situations individuelles différentes, montrent qu’un capitaine doit aussi convaincre les meilleurs joueurs d’intégrer la Coupe Davis à un calendrier très chargé.

Arthur Fils devait atteindre la neuvième place mondiale au classement suivant et occuper la septième place à la Race. Sa priorité était alors la qualification pour les ATP Finals de Turin, un tournoi qu’aucun Français n’avait disputé depuis dix ans. Le prochain projet devra composer avec ces ambitions sans réduire la sélection à une obligation secondaire.

Le contexte du tennis masculin français renforce encore la pression. La série atteignait 19 tournois du Grand Chelem consécutifs sans joueur français en quarts de finale. Changer de capitaine ne corrigera pas seul cette difficulté, mais ce choix peut fixer une méthode plus lisible pour mobiliser le groupe disponible.

Gasquet ou Pouille, deux candidatures mais un choix de méthode

Richard Gasquet possède l’expérience la plus directement liée à la compétition. Le Biterrois a participé à 23 rencontres de Coupe Davis entre 2005 et 2022. Son vécu lui donnerait une légitimité immédiate auprès d’un groupe dont plusieurs membres l’ont côtoyé sur le circuit.

Il est actuellement impliqué dans le projet du jeune Moïse Kouamé, également accompagné de Liam Smith. Une éventuelle nomination obligerait donc à préciser la place qu’il souhaite conserver dans cet encadrement et la manière dont il organisateurait son nouveau rôle.

Lucas Pouille représente l’autre piste citée, mais les contours de son éventuelle candidature restent moins documentés. Sa présence dans cette courte liste suggère toutefois que la réflexion ne se limite pas au palmarès en Coupe Davis. La FFT pourrait également rechercher un profil capable d’établir une relation directe avec la génération actuelle.

Le nom devra surtout répondre à plusieurs questions sportives. La France veut-elle privilégier la continuité avec un ancien international immédiatement identifiable par les joueurs, ou ouvrir un cycle reposant sur une organisation différente ? Quelle place sera accordée au capitaine dans les échanges avec les joueurs, leur entourage et la direction du haut niveau ?

Le choix ne pourra pas être évalué uniquement sur les compositions d’équipe. La capacité à obtenir la présence des meilleurs Français, à préparer les rencontres sur plusieurs surfaces et à maintenir un groupe concerné pendant toute la saison sera tout autant.

La campagne 2027 doit devenir le point de départ du prochain projet

La France disposera d’une situation abordable pour entamer sa campagne 2027. Son statut de tête de série devrait lui permettre d’éviter les nations les mieux classées. Le Japon, Taïwan, la Slovaquie, le Pérou ou Monaco figurent parmi les adversaires possibles évoqués avant le tirage.

Une confrontation avec Monaco offrirait un scénario particulier. La probabilité annoncée est d’une chance sur treize, avec la possibilité d’un match au Monte-Carlo Country Club. Le site avait déjà accueilli France-États-Unis en 2012. Un tel tirage pourrait également provoquer une rencontre entre les cousins ​​Arthur Rinderknech et Valentin Vacherot, auteur de deux points pour Monaco en Finlande.

Ce calendrier laisse une marge pour lancer un nouveau cycle sans attendre une confrontation contre une puissance majeure. Le prochain capitaine pourrait ainsi installer ses règles, définir son noyau de joueurs et clarifier la place de la Coupe Davis dans leurs priorités.

Le poids historique de l’épreuve interdite toutefois de présenter 2027 comme une simple année de transition. La Fédération française de tennis rappelle ce repère : « Créée en 1904, la Coupe Davis a été remportée dix fois par la France. » Cette histoire nourrit des attentes que trois campagnes sans élan ont fini par raviver véritable.

Gasquet ou Pouille, le prochain choix dira donc quelle Coupe Davis la France veut construire. La priorité ne sera pas seulement de changer le visage installé sur le banc, mais de créer un projet capable de réunir les meilleurs joueurs et de remplacer chaque rencontre dans une progression sportive cohérente.





Auteur

Gilles Marchetti

Journaliste sportif, chef de rubrique rugby. Je suis le Top 14, la Champions Cup et le XV de France au quotidien, avec une entrée par le jeu plutôt que par la déclaration.

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