Loïs Boisson a déclaré forfait pour le WTA 250 de Nottingham en raison d’une blessure au mollet gauche, annoncée à seulement une heure de son premier tour face à Dayana Yastremska.
La joueuse française, classée 154e mondiale, ne disputera pas ce match de tennis prévu ce mardi 16 juin contre l’Ukrainienne Yastremska, 50e au classement WTA. Ce forfait pose une question immédiate : comment Boisson peut-elle aborder Wimbledon sans le moindre rythme sur gazon ? C’est toute une saison de fragilité physique qui se cristallise à quatre jours du Grand Chelem britannique.
Nottingham, dernière chance perdue avant Wimbledon
Le Lexus Nottingham Open 2026 se déroulera du 15 au 21 juin sur le gazon du Nottingham Tennis Centre. Pour Boisson, ce WTA 250 avait un enjeu précis. C’était sa deuxième tentative consécutive sur gazon , après s’Hertogenbosch où Solana Sierra l’a battue 6-4, 5-7, 6-3 la semaine précédente. Roland-Garros 2026 où elle avait été éliminée dès le premier tour par Anna Kalinskaya (6-2, 6-2) s’était joué sur terre battue.
Son compteur sur gazon en carrière WTA reste à zéro victoire. Éliminée en qualifications à Wimbledon 2025, sortie d’entrée à s’Hertogenbosch 2026 : Nottingham était la dernière fenêtre pour ouvrir ce compteur avant le Grand Chelem.
Wimbledon débute dans quatre jours. Le chanceux perdant Dudeney la remplace désormais dans le tableau pour affronter Yastremska. Yastremska, rappelons-le, était finaliste à Nottingham en 2025, battue par McCartney Kessler 6-4, 7-5. Boisson partait très largement défavorisé face à une joueuse 104 places au-dessus d’elle au classement. Mais pour une joueuse sans repère sur herbe, chaque match compte, même perdu.
Une saison 2026 cauchemardesque : 1 victoire en 7 matchs
Depuis son retour à la compétition en 2026, Boisson affiche un bilan de 1 victoire pour 6 défaites . Son succès unique remonte au 17 mai, à Strasbourg, contre Wang Xinyu. Depuis, plus rien.
Ce bilan s’explique en partie par un corps qui ne tient plus. Quatre blessures en dix-huit mois : LCA en 2024, quadriceps gauche en septembre 2025 (abandon à Pékin), avant-bras droit en pré-saison 2026 (forfait à l’Open d’Australie), mollet gauche à Nottingham.
Sur la blessure à l’avant-bras, Univers Tennis évoquait des « erreurs de diagnostic qui auraient pu être évitées ». Une formulation qui ajoute une dimension supplémentaire à cette saison noire : certaines blessures pourraient être évitées avec un meilleur diagnostic.
Boisson était 34e mondiale au pic de sa carrière, atteint le 2 février 2026. Elle est aujourd’hui 154e. La chute représente 120 places en quatre mois , conséquence directe de cette accumulation de forfaits et de défaites.
Eastbourne en dernier recours : la dernière fenêtre avant Wimbledon
Une option subsiste. Boisson envisage de participer au tournoi d’Eastbourne, semaine du 23 au 29 juin, si elle est rétablie à temps. Ce serait sa dernière chance de disputer un match sur gazon avant Wimbledon.
En 2025, Boisson avait atteint les demi-finales de Roland-Garros en wild-card première wild-card à atteindre ce stade en Open Era, selon les données officielles WTA. Elle avait ensuite remporté le titre à Hambourg WTA 250, 7-5, 6-3 contre Bondár. Une trajectoire fulgurante qui justifiait pleinement son statut de révélation du tennis français.
C’est cette joueuse-là qui doit maintenant espérer tenir physiquement une semaine à Eastbourne pour arriver à Wimbledon avec un minimum de confiance sur gazon. La surface qui lui résiste le plus, sur laquelle elle n’a jamais gagné un match en carrière sur le circuit WTA.
Ce forfait à Nottingham est le quatrième coup d’arrêt physique de Boisson en dix-huit mois, et le plus mal tombé : il la privée de toute préparation sur gazon avant Wimbledon. Boisson, qui était au sommet il y a quatre mois à peine, doit maintenant compter sur Eastbourne pour obtenir ce que Nottingham ne pourra pas lui donner : du rythme et de la confiance sur gazon. Parviendra-t-elle à se rétablir pour Eastbourne et à y enfin gagner un match sur gazon avant d’affronter Wimbledon ?