Tsitsipas d’entrée, Shelton ensuite, Alcaraz comme déclic : Arthur Fils vient d’avoir un tirage compliqué à l’US Open pour aller chercher le top 10 ATP
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Arthur Fils n’a pas seulement hérité d’un tableau difficile à l’US Open : il a reçu une montée en pression presque parfaite pour mesurer ce qui le sépare encore du très haut niveau en Grand Chelem.
Le Français arrive à New York avec un nouveau statut. Titre au Masters 1000 de Cincinnati, désormais numéro 1 français et 11e mondial de tennis, il entre dans la dernière Majeur de la saison avec une cible très claire autour de lui : confirmer, puis se rapprocher du top 10 ATP.
Le tirage ne lui laisse pas beaucoup de marge. Stefanos Tsitsipas d’entrée, Jiri Lehecka présente au troisième tour, Ben Shelton ensuite, Carlos Alcaraz en quart possible, Novak Djokovic dans la même moitié de tableau : la route est raide. Mais elle a le mérite d’être lisible.
Tsitsipas au premier tour, un piège de nom plus qu’un favori injouable
Le premier obstacle s’appelle Stefanos Tsitsipas. Sur le papier, l’affiche claque fort : ancien numéro 3 mondial, double finaliste en Grand Chelem, joueur habitué des grandes scènes. Pour un premier tour, difficile de faire plus prestigieux.
Le contexte nuance pourtant le danger. Le Grec, aujourd’hui 53e mondial d’après les éléments disponibles, traverse une période beaucoup moins stable. Il a quitté le cadre familial en se séparant de son père Apostolos, longtemps au cœur de son encadrement, et reste sur une élimination en huitièmes de finale à Winston-Salem contre Aleksandar Kovacevic.
Fils possède aussi un vrai levier mental dans ce duel : il mène 5-0 dans leurs confrontations directes. Leur dernier choc cité, à Miami, avait même tourné à la démonstration avec un 6-0, 6-1 pour le Français.
Le piège n’est donc pas seulement tennistique. Il tient surtout à l’étiquette Grand Chelem. Fils a déjà prouvé qu’il pouvait dominer Tsitsipas dans un Masters 1000. Il doit maintenant le refaire en cinq sets, à Flushing Meadows, dans un tournoi où il n’a jamais dépassé le deuxième tour.
Lehecka puis Shelton, le passage où le tableau peut vraiment se durcir
Si Fils passe son entrée, le tableau peut rapidement changer de densité. Jiri Lehecka pourrait se présenter au troisième tour. Le Tchèque n’est pas un nom décoratif dans son parcours récent : Fils l’a battu difficilement à Cincinnati, mais il avait aussi subi une lourde défaite contre lui à Miami.
Ce genre de match dit beaucoup sur la nouvelle place du Français. Après Cincinnati, il n’avance plus comme un outsider discret. Guy Forget l’a résumé dans une formule forte : « Quand tu gagnes un Masters 1000, on ne te regarde plus de la même manière ».
Cette phrase colle parfaitement à son US Open. À Cincinnati, Fils a remporté le plus grand titre de sa carrière. L’Équipe précise que cette victoire lui a rapporté 1000 points ATP et 1 151 380 dollars de prize-money, soit 987 122 euros. Équipe-France rappelle aussi qu’il est devenu le premier Français titré en Masters 1000 depuis Jo-Wilfried Tsonga en 2014.
Mais le Grand Chelem reste une autre histoire. Cette saison, Fils n’a gagné qu’un seul match en Majeur, face à Raphaël Collignon, avant de perdre contre Matteo Berrettini. Il avait manqué l’Open d’Australie, puis déclaré forfait à Roland-Garros après une alerte à la hanche lors du Masters 1000 de Rome.
C’est là que Ben Shelton devient un obstacle plus parlant qu’un simple nom sur une ligne de tableau. L’Américain, vainqueur du Masters 1000 du Canada pour la deuxième année d’affilée selon les éléments fournis, a déjà disputé deux demi-finales en Grand Chelem : US Open 2023 et Open d’Australie 2025. Il sait déjà ce que Fils cherche encore à apprivoiser.
Alcaraz en possible déclic, parce que le top 10 ne se gagne pas contre des secondes rôles
Le quart potentiel contre Carlos Alcaraz donne au tirage sa vraie dimension. Pour Fils, ce ne serait pas seulement un choc de prestige. Ce serait un révélateur brutal, au bon sens du terme.
Le souvenir le plus récent n’est pas flatteur pour le Français. Cette saison, Alcaraz l’a battu 6-0, 6-1 en finale à Doha, en moins d’une heure d’après les éléments disponibles. Ce score pèse nécessairement dans l’approche d’un éventuel nouveau duel.
Mais c’est aussi ce qui rend le chemin intéressant pour Fils. Il est 5e à la Race, 11e mondial, déjà titré deux fois cette saison dont un Masters 1000, mais il n’a jamais dépassé les huitièmes de finale en Grand Chelem. Pour basculer vers le top 10 ATP, il ne peut pas se contenter d’un bon tirage. Il doit prouver que son niveau tient quand la durée, la chaleur, la pression et la qualité opposée montent ensemble.
Alcaraz joue ici le rôle du plafond à tester. La source de départ le présente comme un favori possible du tournoi, tout en rappelant qu’il revient seulement sur les courts et que son physique peut interroger dans un format en cinq sets. La même prudence vaut pour Fils, dont les pépins physiques restent un point à surveiller sur une quinzaine new-yorkaise.
Et si le Français allait encore plus loin, Novak Djokovic se trouverait dans la même partie de tableau, avec une demi-finale potentielle. L’image est presque trop haute pour être traitée dès maintenant. Avant Djokovic, il y a Tsitsipas. Avant Alcaraz, il y a Shelton. Avant le top 10, il y a surtout une question simple : Fils peut-il transformer son statut de vainqueur en Masters 1000 en menace crédible sur cinq sets ?
Son tirage ne lui offre pas de raccourci. Il lui donne une échelle. À lui de monter les barreaux dans l’ordre.