Cyclisme

« Je pense que c’est Pogacar qui gagne » : Marchand tranche un débat fou sur qui gagnerait un Ironman entre lui, le slovène et Kipchoge

Par Maxime Aulne
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Léon Marchand a choisi son favori dans un Ironman imaginaire face à Tadej Pogacar et Eliud Kipchoge : pour lui, le Slovène aurait l’arme la plus complète pour survivre à l’enchaînement natation, vélo et course à pied.

La question a tout du débat impossible, mais elle fonctionne parce qu’elle oppose trois monstres dans trois mondes différents. Marchand dans l’eau, Pogacar sur le vélo, Kipchoge sur la route. Trois spécialités, un seul format pour les mettre dans la même cage sportive : l’Ironman.

Lors d’un live sur la chaîne Twitch de Domingo, Léon Marchand a répondu sans tourner autour. « Je pense que c’est Pogacar qui gagne, à mon avis il est monstrueux niveau cardio donc il s’en sort », a lâché le quadruple champion olympique.

Marchand place Pogacar devant, et son raisonnement tient surtout au vélo

Le réflexe serait de donner un avantage massif au nageur au départ. Un Ironman commence par 3,8 km de natation, et Marchand est évidemment celui qui possède le plus gros différentiel sur cette partie.

Mais lui-même balaie assez vite cette idée. « C’est pas assez pour nous »,-t-il estime. Même avec une avance dans l’eau, il ne voit pas cette portion comme un matelas suffisant pour résister à la suite.

La suite, c’est surtout 180 km de vélo. Et c’est là que Marchand bascule le débat vers Pogacar. Le Slovène n’est pas seulement un cycliste dominant dans sa discipline : dans ce scénario, il arrive sur la partie la plus longue avec son terrain naturel, son moteur et son endurance.

Marchand a même résumé le problème avec humour : « Il faut se taper 180 bornes en vélo après, mais nous les nageurs on est nuls en vélo ! J’avance pas moi ! » Sa phrase casse le fantasme du nageur intouchable. Dans un Ironman, savoir nager très vite ne suffit pas si le vélo efface tout derrière.

Kipchoge reste une menace énorme, mais son avantage arrive tard

La présence d’Eliud Kipchoge rend le débat encore plus piquant. Le Kenyan représente l’excellence absolue sur marathon. D’après Olympics.com, Kipchoge a avalé les 42,195 km en 1:59:40 sur un parcours spécialement concocté à travers les rues de Vienne, en Autriche.

Cette donnée dit bien son niveau dans l’effort long. Mais dans le scénario Marchand-Pogacar-Kipchoge, le problème est l’ordre des disciplines. Kipchoge devrait d’abord traverser la natation, puis encaisser les 180 km de vélo avant de retrouver sa zone de destruction.

Marchand ne détaille pas le cas Kipchoge dans sa réponse, mais son choix de Pogacar raconte déjà la hiérarchie qu’il imagine. Le spécialiste du cyclisme aurait moins à limiter la casse que les deux autres. Il peut survivre à la nage, dominer le vélo, puis gérer la course à pied avec un moteur énorme.

Le Français, lui, identifie clairement sa faille. « Et le pire pour moi, c’est la course à pied », a-t-il ajouté. Dans un débat de spécialistes, cet aveu compte : il ne se voit pas seulement perdre du temps à vélo, il anticipe aussi une fin d’épreuve très compliquée.

Ce débat fou raconte surtout la difficulté de comparer trois champions

Ce genre de duel s’il vous plaît parce qu’il donne l’impression qu’on peut classer trois sports avec une seule épreuve. En réalité, il pousse surtout à regarder où chaque champion perdrait le moins.

Marchand ne dévalorise pas la natation. Il dit simplement que l’Ironman est une addition brutale. Une avance sur 3,8 km peut être spectaculaire, mais elle reste exposée à une très longue section vélo, puis à un parcours à pied qui peut punir n’importe quelle faiblesse.

Son propre parcours ajoute du poids à la réponse. Après son record du monde du 200 m 4 nages, Léon Marchand avait répondu au Figaro : « Pour moi, c’est une victoire ». Il parle donc en athlète habitué à mesurer précisément ce que coûte un effort, pas en simple spectateur du débat.

Son verdict reste hypothétique, évidemment. Aucun Ironman Marchand-Pogacar-Kipchoge n’est annoncé. Mais sa réponse donne une vraie clé de lecture : sur une épreuve également déséquilibrée entre les disciplines, le favori n’est pas nécessairement celui qui écrase le premier segment. C’est celui qui perd le moins partout, puis qui frappe très fort là où l’épreuve dure le plus longtemps.





Auteur

Maxime Aulne

Journaliste sportif, fondateur de MVZ Sports et directeur de la publication. Je couvre le cyclisme, le rugby et l'économie du sport, et je réponds de ce qui est publié sur le site.

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