Novak Djokovic est en demi-finales de l’Open d’Australie, mais il y arrive par la petite porte après l’abandon sur blessure de Lorenzo Musetti, qui le dominait nettement.
Le scénario a laissé le stade sans voix : Djokovic a longtemps subi, Musetti a déroulé, puis tout s’est arrêté d’un coup au troisième set. L’enjeu, lui, ne bouge pas : le Serbe vise toujours un 25e titre du Grand Chelem en simple, un record en solitaire.
Sauf que, pour l’instant, sa route ressemble plus à une suite de coups de chance qu’à une démonstration.
Musetti avait le match en main
Tout était parti fort pour Djokovic, avec un break d’entrée… avant une perte totale de contrôle. Une volée facile manquée, le break rendu, et le match a basculé.
Musetti a pris le premier set 6-4, pendant que Djokovic s’agacait, se retournait vers son box, et multipliait les fautes. Sur la manche, le Serbe n’a claqué qu’un ace et a empilé 18 fautes directes pour seulement neuf coups gagnants.
Le deuxième set a suivi le même fil : même quand Djokovic a réussi à breaker, il a rendu immédiatement, avec une série d’erreurs sur un jeu qu’il menait 30-0. Dans les faits, Musetti avançait, porté par son revers à une main et un service plus solide, jusqu’au 6-3.
La blessure qui casse tout
Le contraste a été brutal : au début du troisième set, Musetti a été breaké, puis il a tout de suite appelé le soigneur. Temps mort médical, soins à la cuisse, tentative courageuse… mais il ne servait plus et bougeait mal.
À 3-1 dans le troisième set, il a fini par s’avancer au filet pour serrer la main. Derrière, l’image a fait mal : Musetti, abattu, a même été aidé par un membre de son équipe dans le couloir en quittant le court.
À ce moment-là, tout le match se résume à une question simple : qu’est-ce qui se serait passé si l’Italien avait pu aller au bout ?
Djokovic passe, mais le signal n’est pas bon
Djokovic n’a pas cherché à fanfaronner, au contraire, il a dit en interview d’aprés match « Il était bien meilleur, j’étais sur le chemin du retour ce soir ».
Il a aussi reçu des soins pour des ampoules aux pieds à la fin du deuxième set, et le match aurait pu devenir un vrai test physique si la partie avait continué. Et ce n’est pas un détail : Djokovic n’a plus gagné un set depuis sa victoire du troisième tour contre Botic van de Zandschulp, le 24 janvier.
Ce passage en demi-finale ressemble donc à une qualification arrachée à l’usure… et à la réussite, après le forfait sur blessure de Jakub Mensik avant leur match du quatrième tour.
Le tableau s’ouvre, mais le niveau devra monter
Djokovic est toujours en course pour un 11e titre à l’Open d’Australie, et il sait ce qui l’attend : jouer plus juste, et ne pas s’offrir des passages à vide comme ceux vus contre Musetti.
En clair, s’il veut aller au bout, il va falloir que son tennis redevienne propre, et vite. D’autant qu’un gros morceau peut se dresser en demi-finale : Jannik Sinner, double tenant du titre, potentiellement sur sa route. Sinner, numéro 2 mondial, affronte l’Américain Ben Shelton plus tard ce mercredi, et il avait battu Djokovic en demi-finales il y a deux ans.
Au final, Djokovic avance, mais cette victoire raconte surtout une fragilité : il est encore là, sans vraiment convaincre, et avec un adversaire qui sort sur blessure.
Ce qu’on attend maintenant, c’est une réponse nette sur le court, pas une qualification au forceps.
Vous l’avez senti comment, ce match : soulagement, malaise, ou simple pragmatisme de champion ?