« Ça devient une blague avec les réalisateurs français » : la victoire de l’UBB contre Bath déclenche une énorme polémique notamment chez les Anglais

Matthieu Jalibert

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Publié le mai 5, 2026

L’Union Bordeaux-Bègles s’est qualifiée pour la finale de Champions Cup en battant Bath 38-26.

Mais la victoire est immédiatement entachée d’une polémique sur la réalisation télévisée du match.

« Ça devient une blague » : les réalisateurs français accusés d’avoir caché les ralentis

Andy Goode, consultant Premier Sports et ancien demi d’ouverture du XV de la Rose, a mis le feu en direct après le match.

« Ça devient une blague avec les réalisateurs français. Johan ne l’a pas évoqué, mais ça n’est pas acceptable que certains placages hauts soient manqués à cause des réalisateurs. » (Andy Goode, consultant Premier Sports, 4 mai 2026)

En début de seconde période, un contact tête contre tête entre Maxime Lucu, demi de mêlée de l’UBB, et Alfie Barbeary n’aurait pas été rediffusé en ralenti. Selon Goode, ce seul angle manquant aurait pu justifier un carton jaune. En première période, une intervention du deuxième ligne Adam Coleman sur ce même Barbeary a également été pointée par des supporters britanniques comme absente des rediffusions.

« Je reçois des tonnes de messages disant : pourquoi vous ne repassez pas les ralentis ? Mais ça n’est pas nous qui les choisissons, ce sont les réalisateurs français. » (Andy Goode, consultant Premier Sports, 4 mai 2026)

La distinction est capitale. Ce sont les équipes techniques de France Télévisions, diffuseur du match, qui décident quels angles sont transmis y compris à l’arbitre vidéo. Pas les consultants. Pas l’arbitre Nika Amashukeli.

O’Driscoll, Dallaglio et van Graan : le consensus des critiques

« Le manque de ralentis est grotesque. » Brian O’Driscoll, ancien capitaine irlandais, n’a pas cherché la nuance (4 mai 2026).

Lawrence Dallaglio, ex-capitaine du XV de la Rose, adopte une position plus tempérée. Il reconnaît que Bath pouvait se sentir lésé, mais estime que « lorsqu’on joue à l’extérieur en Europe, il faut accepter ces décisions » (Le Parisien, 4 mai 2026). Une résignation qui traduit le sentiment d’impuissance des observateurs britanniques face à ce qu’ils perçoivent comme un biais structurel.

Johan van Graan, lui, va plus loin. Le manager de Bath a dénoncé trois coups à la tête reçus par Alfie Barbeary durant la rencontre. Sa critique ne vise pas l’arbitre Nika Amashukeli qu’il salue explicitement. Elle vise le dispositif.

« Les officiels de match sont très importants, et Nika a fait un travail fantastique. Mais le mieux serait qu’il ait tous les angles disponibles pour lui. Pour un match aussi incroyable, nous devons nous assurer que les officiels aient le matériel dont ils ont besoin, et je n’ai certainement pas vu les angles en question venir à l’écran. » (Johan van Graan, manager de Bath, Le Parisien, 4 mai 2026)

Van Graan formule également une demande plus large. « Tout ce que nous, coaches, joueurs et supporters, demandons, c’est vraiment de la cohérence. » (Johan van Graan, Le 10 Sport, 4 mai 2026) Derrière ce mot simple, une accusation implicite : le traitement des actions litigieuses n’aurait pas été le même si les fautes avaient été commises par des joueurs de Bath.

Maxime Lucu finalement épargné : l’EPCR tranche malgré la controverse

L’European Professional Club Rugby a rendu son verdict. Maxime Lucu ne sera pas cité par l’EPCR pour plaquage dangereux, alors qu’une suspension semblait envisageable (Le Figaro, 4 mai 2026). Le demi de mêlée bordelais sera disponible pour la finale.

Cette décision referme le dossier disciplinaire, pas le débat sur la réalisation.

La polémique cible spécifiquement France Télévisions et ses équipes techniques, accusées de ne pas avoir fourni les angles de caméra nécessaires à l’arbitre vidéo (Le 10 Sport, 4 mai 2026). Nika Amashukeli sort blanchi de cette affaire : il ne pouvait sanctionner que ce qu’on lui montrait.

L’UBB se qualifie pour la finale contre le Leinster. Mais avec cette controverse dans les bagages, chaque ralenti absent en finale sera scruté à la loupe.

La polémique révèle un problème structurel que le rugby européen ne peut plus ignorer : la réalisation télévisée peut influencer indirectement les décisions arbitrales, même sans intention malveillante prouvée. Un angle manquant, c’est une faute invisible. Une faute invisible, c’est une sanction impossible.

Et vous : faut-il imposer à France Télévisions un protocole de diffusion contrôlé par l’EPCR pour les matchs à enjeu ?« `

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