Aymeric Luc, ailier expérimenté de 29 ans fort de plus de 100 matchs en Top 14, s’engage au CA Brive pour trois saisons dans un projet de remontée en élite.
L’accord a été officialisé le 4 mai 2026. Après deux saisons en retrait à Pau, il retrouve un rôle central en Pro D2 avec Brive, un club qui construit méthodiquement son retour en Top 14. Ce mouvement incarne une double relance : celle d’un joueur marginalisé et celle d’une institution corrézienne en reconstruction.
Aymeric Luc, le parcours d’un ailier entre ascension et marginalisation
Aymeric Luc ne descend pas en Pro D2 par défaut. Sa trajectoire, construite dans les meilleures structures du rugby français, dit l’inverse.
Formé à Boucau avant d’intégrer l’école de rugby de l’Aviron Bayonnais, il gravit les échelons avec méthode. Sa reconversion de demi de mêlée à ailier et arrière témoigne d’une intelligence tactique rare. En 2019, il arrive en cours de saison en équipe première de Bayonne et marque un essai à Brive lors de la 30e journée un détail qui prend aujourd’hui une saveur particulière.
Son passage à Toulon marque l’apogée de sa trajectoire. Il s’y épanouit jusqu’à ce que la concurrence de Cheslin Kolbe, puis l’arrivée de Melvyn Jaminet en 2023, ne réduisent progressivement son temps de jeu. Le potentiel est pourtant là : Luc est appelé avec les Bleus à l’automne 2021, puis intégré au groupe France en 2022. Il ne sera jamais capé.
Ces appels en équipe de France attestent son niveau réel et sa malchance chronique face à la concurrence.
À Pau, l’histoire se répète selon Rugbyrama . L’arrivée du Portugais Rodrigo Marta et l’éclosion de jeunes joueurs à ses postes le relèguent dans l’ombre. Cette saison, il n’a participé qu’à une dizaine de rencontres, dont deux en Champions Cup. Pour un joueur qui comptabilise plus de 100 matchs en Top 14 et 29 essais inscrits dans l’élite, c’est une mise à l’écart qui ne reflète pas sa valeur réelle.
À 29 ans, Luc n’est pas en fin de carrière. Il est en attente d’un projet qui lui redonne une place à la hauteur de son palmarès.
Brive construit sa montée avec des JIFF de haut niveau
Brive ne recrute pas Aymeric Luc par opportunisme. Le club corrézien a une feuille de route précise, et Luc en est une pièce calculée.
La stratégie est claire depuis plusieurs mois : signer plusieurs JIFF capables de tenir un rôle de titulaire, pas des doublures. Dans un championnat de Pro D2 où la régulation des joueurs formés en France pèse lourd sur les compositions d’équipe, recruter un JIFF de ce calibre est un avantage compétitif direct.
Le projet sportif est piloté par Fabien Fortassin, dont l’ambition de remontée est affichée sans détour : un retour en Top 14 au plus tard en 2027. Ce n’est pas un vœu pieux. C’est un calendrier.
Les résultats actuels valident cette ambition. Brive occupe la 6e place de Pro D2 avec 7 points d’avance sur Agen à deux journées de la fin de la saison régulière. Le club est en excellente posture pour les phases finales de montée. Le recrutement de Luc s’inscrit dans cette dynamique : renforcer l’effectif avant que la compétition ne monte encore d’un cran.
Une intégration facilitée par les liens du passé
Aymeric Luc ne débarque pas dans un vestiaire inconnu. Il retrouve Julien Tisseron, ancien coéquipier à l’Aviron Bayonnais, désormais à Brive. Ce lien humain n’est pas anecdotique : dans un groupe qui doit performer rapidement, connaître des visages accélère l’intégration et réduit le temps d’adaptation.
Le groupe briviste est déjà structuré. Stuart Olding en est le capitaine, un cadre expérimenté qui structure le vestiaire. Luc n’arrive pas dans un chantier. Il rejoint une équipe qui sait où elle va.
La durée du contrat trois saisons couvre exactement la fenêtre de montée visée par le club au plus tard en 2027. Cette cohérence temporelle n’est pas un hasard. Elle traduit un alignement réel entre le projet personnel du joueur et l’ambition institutionnelle du club.
Luc veut retrouver une place de titulaire dans un projet qui monte. Brive veut un ailier d’expérience Top 14 pour franchir un palier. Les deux parties ont signé pour les mêmes raisons, au même moment.
Luc peut-il être l’élément déclencheur qui propulse Brive en Top 14 dès 2027 ?« `