Salary cap : Didier Lacroix tire la sonnette d’alarme après le dossier Menoncello

Tommaso Menoncello
Publié le mai 9, 2026

Le recrutement de la pépite italienne Tommaso Menoncello au Stade Toulousain ne se limite pas à un simple renfort sportif de classe mondiale. En coulisses, ce transfert cristallise les tensions entre le club haut-garonnais et les instances sur l’épineuse question du Salary Cap.

Entre partenariats publicitaires bloqués, gestion des stars-influenceurs et anecdotes lunaires sur des tondeuses à gazon, le président Didier Lacroix tire la sonnette d’alarme : pour lui, le règlement actuel est devenu un frein à l’épanouissement économique des joueurs et à la compétitivité du rugby moderne.

Alors que le Stade Toulousain prépare l’avenir avec l’arrivée probable de Tommaso Menoncello, le club se heurte à un mur administratif. Dans un entretien fleuve accordé au Midi Olympique, Didier Lacroix utilise des cas concrets pour démontrer que le système du Salary Cap, censé garantir l’équité, est en train de devenir ingérable. Pour le dirigeant, il est temps d’organiser un « Davos des règlements » pour adapter le rugby professionnel aux réalités de 2026.

Menoncello et les tondeuses : quand le salary cap devient absurde

L’affaire commence avec une demande anodine. Jack Willis, flanker international anglais du Stade Toulousain, découvre que Stiga partenaire du club fabrique des tondeuses autonomes. Sa réaction, rapportée par Didier Lacroix dans les colonnes de Midi Olympique : « Ah, c’est chouette ! On ne pourrait pas avoir chacun une tondeuse pour chez nous, pour ceux qui ont des maisons individuelles ? »

La question paraît innocente. Elle ne l’est pas réglementairement. Jérôme Cazalbou a tranché sans ambiguïté : « Si vous offrez une tondeuse, c’est considéré comme avantage en nature et cela rentre dans le salary cap. » Résultat : 52 joueurs, 1 500 euros l’unité, soit 78 000 euros (Midi Olympique, 8 mai 2026) intégralement comptabilisés dans le plafond salarial. Pour des tondeuses à gazon.

Le cas Menoncello est plus révélateur encore. Ce futur joueur toulousain s’est vu bloquer un contrat de sponsoring personnel avec Stiga. Non pas parce que le montant était excessif, mais parce que Stiga est partenaire du club. Le contrat aurait été requalifié en avantage lié au club et intégré au salary cap : une opportunité commerciale bloquée par une règle qui ne distingue pas salaire et image.

Toulouse est particulièrement exposée à ces situations. L’effectif concentre des profils à forte notoriété Antoine Dupont, Romain Ntamack, Jack Willis, Menoncello dont la valeur marchande dépasse largement le cadre du contrat de travail. Lacroix dirige le club le plus titré du rugby français et européen : son poids institutionnel n’est pas celui d’un président lambda.

« Les joueurs n’ont rien à voir avec ceux d’il y a cinq ans » : Lacroix réclame une réforme

Lacroix ne se contente pas de pointer des absurdités. Il pose un diagnostic. « La nature du rôle du joueur évolue. Le joueur n’a rien à voir avec un joueur d’il y a dix ans, ou même d’il y a cinq ans », déclare-t-il (Midi Olympique, 8 mai 2026). Le rugby professionnel a produit des athlètes-marques. Le salary cap, lui, a été conçu pour réguler des salaires pas pour encadrer des droits à l’image.

Cette inadaptation pénalise d’abord les joueurs à forte valeur d’image. Un Dupont ou un Ntamack génère une notoriété commerciale qui dépasse son contrat de travail. Lorsqu’un partenaire du club veut les associer à sa marque à titre personnel, les règles actuelles brouillent la frontière entre rémunération sportive et exploitation de cette notoriété.

« S’ils peuvent avoir l’opportunité, sur une carrière courte, de gagner un peu plus d’argent, je les comprends complètement et je les soutiendrai », affirme Lacroix. Un président qui défend publiquement la capacité de ses joueurs à monétiser leur image même si cela complique sa propre gestion du salary cap envoie un signal fort aux instances dirigeantes.

Pourquoi cette sortie de Lacroix pourrait changer les règles du jeu

Lacroix ne demande pas un aménagement technique. Il réclame une refonte. « Il fallait organiser un véritable Davos des règlements du salary cap et mener une réflexion profonde », déclare-t-il (Midi Olympique, 8 mai 2026). Un Davos, c’est une réunion au sommet entre décideurs pour redessiner un cadre global pas négocier un cas particulier.

Lacroix intervient régulièrement dans les débats de gouvernance de la LNR. Quand il parle, les autres présidents écoutent. Quand il compare une réforme à Davos, il signale qu’il veut changer le système.

Le moment choisi n’est pas anodin. Le cas Menoncello est récent. Il cristallise une frustration qui couve depuis plusieurs saisons dans les clubs à fort effectif international. Lacroix transforme un fait divers réglementaire en argument politique.

Si cette démarche aboutit, les conséquences dépasseront Toulouse. Une réforme du salary cap qui distingue clairement salaire et droits à l’image redéfinirait l’économie du rugby professionnel français pour les années à venir.

Le salary cap a été conçu pour réguler les salaires, pas pour empêcher un joueur de signer avec une marque de tondeuses. Lacroix a le diagnostic et le poids institutionnel pour faire entendre cette contradiction. Si sa demande de réforme aboutit, elle pourrait redessiner les règles économiques du rugby professionnel français pour les cinq prochaines années.

Si le salary cap distingue enfin salaire et droits à l’image, votre club aura-t-il les profils pour en profiter ?

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